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Publié par Rachel Franco le 21 janvier 2011

Je vois le temps qui passe et je pense à la mort qui va nous saisir et qui emporte aussi ceux que nous  aimons.

Je n’ai pas peur de la mort, mais je ne veux pas quitter ceux que j’aime et je ne veux pas qu’ils me quittent. Aujourd'hui, c’est la date anniversaire de mon père, parti pour le monde de la Vérité  et je pense à lui,  à l’amour si fort qu’il me portait et que je ne crois pas que je méritais, aux fautes qui ont été les miennes, des fautes d’adolescente, et de jeune femme puis de femme mariée et de mère, des fautes de tous les enfants qui ne savent pas apprécier les cadeaux du ciel qu’ils ont reçus.

Je ne vis pas dans la culpabilité. Cela n’a jamais été ma chose mais je suis lucide et je sais regretter les occasions perdues à jamais.

Je pense à ma mère qui survit si mal sans lui et je pense à moi qui ne saurais pas vivre sans l’homme de ma vie et je pense qu’il serait tellement plus humain que ce soit moi qui parte la première. Ce n’est pas que je sois malade ou âgée. Mais comment vivre et faire sans se poser et regarder les problèmes existentiels qui s’agitent en nous ?

J’ai tant à apprendre, tant à transmettre de cette Tradition de nos pères qui m’éblouit chaque jour davantage et le temps me manque. Pourtant, il y a peu de temps perdu dans mes journées ; chaque jour, j’étudie des secrets du monde qui me transforment et que je veux partager. Mais voila, j’ai si faim et si soif de cette Sagesse que je bois à toute vitesse, comme si le temps m’était compté et je ne suis plus maitre de mon temps.

J’avais commencé à vous offrir des pensées que je filais sur mon canevas intérieur autour du Livre, mais je me suis mise de nouveau à douter de moi et de mes capacités à en traduire la saveur… alors que même que je sais l’urgence d’une spiritualité qui rapproche les hommes et que je sais aussi qu’on me reprochera mes hésitations.

Et puis tout va si vite et je suis comme spectatrice avertie du chaos du monde et de la Grande Guerre qui s’annonce. Tant de réflexions me traversent et tant de poèmes pleurent et espèrent en moi qu’il me faut le retrait et le silence pour que d’un revers de la main, je puisse balayer le mal et me mettre enfin au diapason de la respiration cosmique.

Non je n’ai pas peur de mourir, mais je veux avoir le temps de mettre en forme mes écritures et les publier… ces livres qui m’attendent dans les tiroirs de mon ordinateur, sont déjà écrits. C’est juste moi qui retiens toujours comme une mère qui ne sait accoucher et préfère les douleurs de l’enfantement au détachement loin de moi.

Je sais ; je sais à l’avance les critiques, les suspicions et les incompréhensions. Je sais le mal d’une langue perfide, qui se hâte à cracher un venin de médisance. Pourquoi en serait-il autrement, puisque nos propres amis ne savent pas toujours nous comprendre et ne font pas foi à nos dires comme si la parole, quand elle est pesée, pouvait être légère ? Je ne crains pas cela non plus. Je sais que les risques de la vie nous font grandir.

J’ai écrit ce texte en réponse à plusieurs de mes amis et de nombreux lecteurs qui s’inquiètent d’un silence qu’ils ne comprennent pas. Je suis là tout près de vous et je ne quitte ni l’actualité qui s’emballe, ni mes écritures ésotériques, ni mes amis qui restent mes amis.

Je reviens doucement et je reviendrai sans doute davantage après mon retour de France, puisque d'ici peu, je vais m'envoler pour le ciel de Paris.

 

Rachel Franco

Israël, le 21/01/2011

 
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