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Publié par Ftouh Souhail le 21 février 2011

 

Les dirigeants arabes sont capables de sacrifier leurs populations rien que pour rester au pouvoir. La confirmation vient cette fois de la Libye.

"Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 40 ans, se battra jusqu'au bout contre les manifestations qui menacent son régime", a déclaré ce dimanche soir Seïf Al-Islam, l'un de ses fils, à la télévision libyenne.

"Nous n'allons pas abandonner un pouce de la Libye", a encore déclaré Seïf Al-Islam qui a affirmé : "Nous vivrons en Libye, nous mourrons en Libye". 

Il a également indiqué que l'armée fera respecter l'ordre à n'importe quel prix après les violences qui ont fait au moins deux cent trente trois morts ces quatre derniers jours, selon l'ONG Human Rights Watch.

Les comités révolutionnaires, piliers du régime libyen, ont eux aussi menacé, vendredi, les "groupuscules" manifestant contre le dictateur Kadhafi, d'une riposte "foudroyante".

« Le pouvoir du peuple, la Jamahiriya, la révolution et le leader (Mouammar Kadhafi), constituent des lignes rouges. Celui qui tentera de les dépasser (…) joue avec le feu", avaient-ils prévenu.

La contestation populaire prend de l’ampleur en Libye. Des dizaines de vidéos sont postées par des manifestants sur le site internet Youtube.

La violence est montée d’un cran depuis trois jours dans le pays du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969. Selon Al Arabiya, deux cent personnes auraient perdu la vie dans la seule ville de Benghazi.

Le régime a fait appel à des milices africaines privées, qui sèment la terreur dans la population. Sur la télévision Al Arabiya, le medecin chef de l'hôpital de Benghazi a déclaré hier, au sujet des affrontements sanglants dans la ville de l'est de la Libye : « les miliciens  africains de Kadhafi s'adonnent à des actes d'une cruauté exceptionnelle contre les populations libyennes de Benghazi ».

Le medecin a fait savoir que les populations, sans défense réelle, sont dépossédées de leurs biens et tuées. Les femmes et les jeunes filles sont violées puis tuées par ces miliciens, sous le regard bienveillant et complice des éléments des comités populaires.

Les forces de sécurité libyennes ont ouvert à nouveau le feu, dimanche, sur des personnes assistant à des funérailles à Benghazi, au lendemain d'une journée déjà marquée par une sanglante répression du mouvement de contestation contre le régime de Moammar Kadhafi.

D'après un autre témoin, durant la procession funéraire, des personnes transportant les cercueils ont été atteintes par des tirs en passant devant des bâtiments de l'armée. Les soldtas ont tiré en l'air puis ils ont ouvert le feu sur la foule.

Ces tueries massives, a avancé le témoin " laissent percevoir que si rien n'est fait, on va assister à un désastre jamais connu".

Cette machination, orchestrée par le régime, est accompagnée de mesures de censures extrêmes. L'accès à l'Internet a été coupé, et plusieurs libyens ont signalé ne plus pouvoir passer de coups de téléphone à l'international depuis leurs postes fixes.

Ces massacres, perpétrés par les fous criminels du clan Kadhafi et leurs complices, se font sous le regard de La Ligue Arabe, de l'Organisation de la Conférence Islamique, et de l'Union Africaine (UA). Leur silence, et l’absence de toute critique envers ces crimes ignobles visant un peuple qui lutte pour la démocratie, révèle la terrible culpabilité arabe et africaine.

Les Kadhafi sont des criminels notoires qui n’ont ni morale ni principes, ce n'est pas une découverte. Leurs pratiques sanguinaires tuent, en Libye, depuis plus de 40 ans, et l'on utilise Israël pour détourner les regards.

La ville de Vienne se préparait lundi à évacuer ses ressortissants et d'autres Européens. Londres et Paris ont appelé au "dialogue", et condamnent l'usage de la force. En réaction, les autorités libyennes ont menacé de cesser de coopérer avec l'UE dans la lutte contre l'immigration.

Ftouh Souhail, Tunis

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