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Publié par Guy Millière le 22 février 2011

Ceux qui ont parlé un peu vite de printemps arabe en observant les événements qui ont conduit la chute de Ben Ali, puis à celle de Moubarak, semblent soudain pétris d’effroi. Ce qui se passe en Libye est très différent, et permet de voir tout ce qui sépare un régime autoritaire, où un dictateur supprime certaines libertés, et un régime totalitaire où ce sont toutes les libertés qui sont supprimées. Dans le premier cas, il y a des journalistes et des caméras de télévision : certains journalistes se font violenter, une journaliste peut subir un viol collectif en se faisant traiter de sale juive, mais des images sont diffusées. La répression est limitée, même si elle n’est pas absente. Les régimes autoritaires dépendant du commerce international, et entretenant des relations avec des pays occidentaux qui ne veulent pas se trouver compromis par des gens qui se rendraient haïssables, ne peuvent pas tout se permettre.

Dans le deuxième cas, il n’y a pas de journalistes et de caméras de télévision. La répression est potentiellement sans limites, et peut déboucher sur des charniers. Les pays concernés ne vendant que des matières premières, lorsqu’ils en ont, sont certains d’avoir toujours une clientèle dépendante. Leurs relations avec des pays occidentaux sont, en général, minimales : ils préfèrent, lorsqu’ils le peuvent, entretenir des liens avec d’autres dictatures, ou des régimes autoritaires peu regardants en matière de droits de l’homme.

Il existe, dans la zone Méditerranée-Proche Orient, essentiellement trois pays totalitaires, la Libye, la Syrie et l’Iran. Il existe deux pays dont le fonctionnement se rapproche d’un fonctionnement, mais qui n’en ont pas toutes les composantes : l’Arabie Saoudite et l’Algérie.

On a eu l’occasion de voir, dans le passé, comment un régime totalitaire s’y prenait pour juguler toute émeute et toute contestation. A Téhéran, en juin 2009, Khamenei et Ahmadinejad ont eu recours aux balles de fusils et aux mitrailleuses. Le régime n’est pas tombé. Il est d’autant moins tombé qu'il a, à l’époque, bénéficié du discret soutien de la Maison Blanche. Il n’est pas tombé non plus suite aux manifestations qui ont eu lieu ces derniers jours.

En 82, en Syrie, la ville de Hama s’est révoltée : Hafez el Assad a fait bombarder la ville, en a rasé un tiers, et a tué vingt à vingt cinq mille personnes. Le régime n’est pas tombé non plus, et Hafez a pu en confier le gouvernement à son fils Bachar qui, lui-même, cette année, a su faire tomber très vite les velléités de révolte.

En 1995-1996, un soulèvement a eu lieu en Libye, parti de la même zone que le soulèvement présent : le colonel Kadhafi l’a écrasé sans la moindre pitié, faisant des milliers de morts. Pour l’heure, il est clair qu’en 2011, Kadhafi entend faire à nouveau des morts, autant qu’il en faudra pour rester au pouvoir. Des défections se faisant jour dans l’armée libyenne, on peut penser que la situation est plus difficile et que le régime est davantage menacé. S’il tombait, ce serait la première chute vraiment significative à se produire depuis le début de cette année. Ce serait, cette fois, un ennemi de l’Occident qui tomberait.

Les pays d’Europe et le gouvernement américain peuvent « s’indigner » : leur indignation ne sauvera pas une seule vie. L’indignation des Européens restera, qui plus est, modérée, car la Libye est un pays riche et Kadhafi avait promis de beaux contrats à des entrepreneurs européens importants.

Quand bien même ce serait un pays ennemi de l’Occident qui tomberait, le monde occidental ne serait pas certain de gagner quoi que ce soit à la chute de Kadhafi. Si, en Tunisie, il existe une mince chance de démocratisation après le reversement de Ben Ali par le général Ammar, et si les chances de voir le coup d’Etat qui a renversé Hosni Moubarak donner naissance à une société plus libre sont presque nulles, espérer que la Libye devienne elle-même un pays libre en cas de chute du clan Kadhafi serait vain : comme en 1995-1996, tout indique que le départ des émeutes vient de la mouvance islamiste.  Il se centre d’ailleurs sur la même ville, Benghazi. Bien que Kadhafi n’ait cessé de répéter, depuis le coup d’Etat qui l’a conduit au pouvoir en 1969, que le système politique qu’il mettait en place était socialiste, et, surtout, inspiré directement du Coran, il n’en a pas moins été considéré, il y a une vingtaine d’années, comme un ennemi de l’islam véritable par les Frères musulmans, qui n’ont cessé de rêver de l’abattre.

Voir un sanguinaire mégalomane musulman comme Kadhafi remplacé par des sanguinaires fanatiques, ne signifierait pas un gain, mais le remplacement d’un assassin par d’autres assassins. On doit ajouter que la société libyenne est très marquée encore par le tribalisme, et qu’un relâchement de la poigne de fer pourrait conduire à des conflits intertribaux. La population libyenne a, de surcroît, été maintenue dans l’ignorance, dans la méfiance, dans la haine des Etats-Unis, d’Israël, et du monde occidental pendant quatre décennies.

Si le régime tombe, ce sera une information. Ce qui le remplacera devrait ressembler au remplacement du choléra par une épidémie de peste accompagnée d’une longue crise d’épilepsie. C’est tragique. C’est ainsi.

La question essentielle à poser serait celle du long sommeil dogmatique qui a fait pendant autant de temps du monde arabe, et de l’essentiel du monde musulman, une zone sinistrée économiquement, politiquement, et culturellement.

On nous parle aujourd’hui dans les médias français de « post-islamisme », et on dit que le monde musulman entre dans une ère « post-islamique ». Je reste extrêmement sceptique. Plutôt que de printemps, je parlerais de temps lourd, qui risque de tourner à l’orage. Les journaux français ont relativement peu parlé du retour au Caire de Youssef al Qaradawi, chef spirituel des Frères musulmans, personnage le plus important de l’islam sunnite aujourd’hui. C’est regrettable : Qaradawi a parlé de la victoire du peuple, et il a parlé de djihad. Il a parlé de libérer Jérusalem et a tenu des propos très antisémites. La foule en liesse qui l’écoutait était au moins aussi nombreuse que celle qui se pressait sur la place Tahrir aux plus beaux jours de la « révolution ». Il n’a, cela va de soi, pu revenir en Egypte qu’avec l’autorisation de la junte militaire. 

Guy Millière

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