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Publié par Dreuz Info le 8 mars 2011

Par Jean-Charles Chebat et Germain Belzile (HEC-Montréal), en exclusivité pour Dreuz.info

La dite « révolution arabe » n’en est pas une. C’est une implosion de leurs économies, fragilisées par la corruption, et gangrénées par l’incapacité à s’adapter aux réalités de ce siècle.
 
Quatre rapports publiés par des chercheurs arabes, pour le compte de l’ONU, intitulés Arab Human Development (AHDR) identifient trois déficits : liberté, pouvoir des femmes, connaissances et des compétences. Ces trois déficits ont des effets cumulatifs sur la productivité arabe.
 
L’ensemble du PIB des économies arabes est de l’ordre du PIB de la seule Espagne. Le problème de fond est celui du déclin constant de ces économies. La croissance économique était bonne dans les années 70 et particulièrement forte entre 1975 et 1980. Mais de 1975 à 1998, la tendance est à la baisse de la croissance. Ce qui est remarquable, c’est l’absence de production high-tech et d’exportations de produits manufacturés.
 
Effets de la corruption
 
Le lien entre corruption et (sous-) développement est clairement établi : "les pays pauvres sont corrompus, pas les pays riches, et un nombre élevé de pays sont à la fois pauvres et corrompus" (Osborne, 2006 :290). On a tendance à penser que la corruption détruit la croissance. Pensons positivement : la croissance peut aussi détruire la corruption. Osborne conclut de ses données que "les politiques (publiques) qui accroissent la productivité peuvent générer des investissements dans la promotion du respect du droit". Or c’est précisément là que le bât blesse. Après avoir augmenté de 1965 à 1980 (3% par an), la productivité ne cesse de décliner, particulièrement dans les états pétroliers (déclin de 5% par an). Pire, la part du travail (workers’ share) dans le PIB décroît tendanciellement. Ainsi, en Égypte, entre 1974 et 1993, cette part est passée de 40% à 25%. Difficile d’avoir de la stabilité politique dans un tel contexte.
 
D’où peut venir la solution ? Pas de l’aide internationale. Au contraire.
 
En effet, selon deux économétriciens belges, contrairement à ce que prétendent les donateurs internationaux, l’aide internationale aboutit dans les pays corrompus (de la Croix &  Delavallade, 2010). Ils expliquent qu’il est optimal, pour les donateurs, d’aider les pays à faible productivité ; mais ces pays à faible productivité sont aussi les plus corrompus. Ainsi, l’aide internationale perpétue la corruption.
 
Recherche, développement et entrepreneurship
 
C’est donc des pays arabes que doivent venir les solutions. En particulier par la qualité de la recherche et de l’enseignement. Or seulement deux universités arabes (King Saud U. et King Fahd U.) sont dans les 500 meilleures au monde, selon le classement de Shanghai. Les investissements en recherche et développement ne représentent que 0.2% du PIB (contre 3,5% en Corée du Sud et 4,5% en Israël).
 
Les économies arabes ont produit environ 500 brevets en 20 ans. (16,000 en Corée du Sud et 8,000 en Israël). L’AHDR de 2003 souligne le sur-contrôle de ces universités arabes par le pouvoir politique. Peut-être ceci explique-t-il cela.
 
La liberté que réclament les foules arabes inclut-elle la liberté d’entreprendre ?
 
Il est essentiel que les États arabes desserrent l’étau bureaucratique. Le grand économiste péruvien H. De Soto montre que les actifs détenus par le Tiers-Monde valent plusieurs trillons de dollars. Mais peu de cette valeur peut compter comme « capital », car il n’est pas lié au facteur central de création du capital : un système efficient qui reconnaît et régularise la propriété privée. Or le système légal de nombre de pays du Tiers-Monde fait obstacle à ce processus d’enrichissement, par d’intolérables barrières bureaucratiques. De Soto notait récemment que 92 % des Égyptiens possèdent une propriété sans en détenir le titre. "Les entrepreneurs qui opèrent en dehors du système légal sont tenus à l’écart des organisations qui leur permettraient de se développer. (…) Ceci rend difficile ou impossible d’employer les meilleurs techniciens ou professionnels”. En effet, nombre de diplômés arabes ne trouvent pas d’emplois chez eux et s’exilent en Occident, par choix économique ou idéologique. D’où une réduction additionnelle de la productivité.
 
Des solutions d’abord économiques et organisationnelles
 
Les solutions aux problèmes des sociétés arabes sont économiques et organisationnelles : moderniser les institutions publiques et développer un système légal, indépendant du pouvoir politique, de façon à rendre moins attrayants les comportements de corruption.
 
L’extraordinaire manne des ressources naturelles a été gaspillée de plusieurs façons. D’abord par la corruption, mais aussi (et peut-être surtout), l’utilisation de ces revenus pour assurer la paix sociale.
 
Ces deux facteurs sont les signes d’une désagrégation du tissu social due, pensons-nous, à l’illusion pan-arabiste, qui a occulté les réalités sociologiques, ethniques, religieuses, culturelles et économiques de la diversité de ces états dits arabes, et a justifié la marginalisation des minorités non arabes.
 
Dans le même ordre d’idées, la minorisation des femmes a un impact négatif sur la productivité de ces pays. Alors qu’en Europe la réduction du fossé entre salaires masculins et féminins a contribué au quart de la croissance, les femmes arabes sont très loin d’avoir atteint un semblant de parité, ce qui affecte la compétitivité arabe.
 
En résumé, les déficits dans les domaines suivants causent sous-développement et instabilité : investissements en recherche et en éducation ; diversification industrielle ; investissements étrangers ; équité de la répartition des revenus.
 
La démocratie suivra.
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