Publié par Alexandre Del Valle le 23 mars 2011

L’opération "Aube de l'odyssée" est la plus importante intervention militaire dans le monde arabe depuis l'invasion de l'Irak en 2003.

On ne pourra plus dire que la France est le dernier pays à soutenir les révolutionnaires arabes face aux dictateurs. Mais maintenant, la coalition, mandatée par la résolution 1973 de l'Onu instaurant une zone d'exclusion aérienne et un cessez-le-feu en Libye, est condamnée à réussir. Or ce n’est pas gagné, car la résolution ne permet pas à la coalition d'intervenir au sol ou de renverser le régime de Kadhafi. Et le président américain Barak Obama s'est clairement opposé à une intervention terrestre.
 
Aussi, les exemples de l’Afghanistan ou de la Somalie voisine nous rappellent que des puissantes armées occidentales peuvent échouer face à plus faible, si elles n’ont pas l’appui de leur opinion publique, et si elles ne sont pas mandatées pour aller « jusqu’au bout », faute d'unité de vue au sein des nations unies, et d'objectifs militaires partagés. Or, l’Europe est comme d'habitude divisée, l’Allemagne joue cavalier seul, et la Chine et la Russie font pression pour ne pas renverser Kadhafi. 
 
Dans ce contexte, Le dictateur libyen tente de rallier le tiers monde, en dénonçant une « agression croisée et coloniale » et menace de frapper « tout objectif civil ou militaire » en Méditerranée pour intimider l'opinion publique européenne. Rappelons qu’en 1986, Tripoli lança un missile contre l’île italienne de Lampedusa. Enfin, la Libye, qui a des armes chimiques, réactive les réseaux terroristes internationaux par lesquels elle perpétra les attentats de Lockerbie (270 morts) en 1988 ou de l’avion DC-10 d’UTA (Niger, 170 morts) en 1989. Enfin, ses troupes (entre 50 et 60 000 hommes) professionnelles ou d’élite, sont supérieures en nombre et en équipement, à celles des insurgés, et sont bien préparées à la guérilla urbaine…
 
Certains estiment donc que l'on pourrait interpréter de façon "extensive" la résolution onusienne, qui exclut l'occupation mais pas les « incursions » militaires, d'autant qu'on a déjà détruit des tanks libyens, et que des forces spéciales occidentales, ou des instructeurs égyptiens sont déjà sur place…
 
Alexandre del Valle

 

 

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