Publié par Alexandre Del Valle le 17 mars 2011

Deux pays paralysés. Deux situations bloquées, apparemment sans issue. Et si une séparation valait mieux qu'un long conflit ? 

Après avoir participé à l'infructueux sommet d'Addis-Abeba (Ethiopie), Alassane Ouattara a eu des difficultés à retourner dans son pays. Son adversaire Laurent Gbagbo a décrété vendredi une interdiction de survol de son pays par les vols des Nations unies. Le blocage est complet.

Depuis novembre, les combats entre sudistes, en majorité chrétiens et pro-Gbagbo, et nordistes, majoritairement musulmans pro-Ouattara, ont fait des centaines de morts et ont provoqué l'exil de 500.000 Ivoiriens. Comme tous les embargos, celui qui frappe la Côte d'Ivoire n'a pas obligé Gbagbo à céder, mais pénalise surtout les civils. La Côte d'Ivoire ne peut plus exporter ses matières premières. Les coûts de transports des marchandises ont triplé à cause des primes d'assurances. Le départ de banques occidentales empêche les Ivoiriens de faire des transactions. Des millions de marchandises pourrissent. La misère progresse et il n'y a plus assez de médicaments pour soigner les blessés et les malades. L'embargo n'a fait que plonger encore plus le pays dans la violence et la paralysie. 

Nord et Sud 
En Europe, la paralysie frappe aussi la Belgique, privée de gouvernement à cause de la division du pays entre un Nord nationaliste flamand riche et un Sud francophone socialiste plus pauvre (Bruxelles est prise en otage entre les deux). Le cas belge est certes moins dramatique que le cas ivoirien : le pays fonctionne presque bien sans gouvernement et l'humour prévaut : une sénatrice flamande a appelé les femmes de politiciens à faire la « grève de sexe » afin de les obliger à s'entendre… Mais les décisions importantes sont bloquées. La morale de l'histoire est que, depuis l'indépendance du Timor-Oriental en 1999, du Kosovo en 2008, du Soudan en janvier 2011, ou encore de l'indépendance de facto de la Catalogne (Espagne), les nations se comportent comme les couples : elles divorcent de plus en plus.

Alexandre del Valle
 
L'article original peut être consulté sur le blog d'Alexandre del Valle

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