Publié par Alexandre Del Valle le 6 mars 2011

Le Guide psychopathe Muammar Kadhafi s’accroche au pouvoir. Mais ses jours sont comptés. Une partie du pays, à l’est, et surtout dans les zones pétrolières les plus vitales, sont déjà aux mains des rebelles. Les défections au sein du régime se multiplient, face aux milliers de morts et aux discours pathétiques du vieux Guide, impuissant devant le tsunami qu'est ce "1968 panarabe".

Depuis des années, cet ancien lieutenant autoproclamé colonel qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat, et a justifié son maintien au pouvoir 42 ans en prétendant l'avoir donné au « peuple » et aux « comités révolutionnaires », est pris à son propre piège !

 

Parmi les scénarios possible pour l’avenir, on pense bien sûr au coup d’Etat militaire des franges de l’armée qui l’ont déjà lâché, avec à sa tête un ancien cacique du régime. Mais à la différence de l’Egypte et de la Tunisie, où l’Etat existe depuis 200 ans et où l’armée est une institution, l’armée libyenne est aussi chaotique que l’opposition, qu’il s’agisse de la conférence libyenne nationale ou du front national du salut de la Libye, qui réclame une démocratie constitutionnelle.

Les tribus, vrai pouvoir de l’intérieur, sont également divisées et n’ont aucune conscience étatique. 

Restent les islamistes… Or Kadhafi a raison de les redouter, lui qui a collaboré avec l’Occident depuis 2001 contre Al-Qaïda, et qui les a réprimé violemment, et qui avait instauré un islam à lui, qui donnait trop de pouvoir aux femmes, ses gardes, et aux traditions tribales "païennes".

Le groupe Lybien combattant, enrichi d’anciens moujahidines libérés et liés à Aqmi, a juré d'avoir sa peau. Plus inquiétant encore, les nombreux sympathisants libyens des Frères musulmans, apparement plus respectables, ont écouté pieusement les appels sur Al-Jazira de leur téléprédicateur favori, Al-Qardaoui, qui a émis une fatwa appelant à tuer Kadhafi… Du jamais vu.

Il est clair que les Frères musulmans essayeront de se venger. L’armée essaiera de les empêcher de prendre le pouvoir, mais les révolutionnaires, y compris les plus "laïcs" et sincères, veulent de nouvelles têtes. Les ingrédients d’une guerre civile sont là. Mais heureusement, le pire n’est jamais certain…

Alexandre del Valle

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