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Publié par Guy Millière le 1 avril 2011

Lorsqu’on décide d’une intervention militaire, le minimum requis est de définir l’objectif qu’on entend atteindre, d'expliquer clairement pourquoi on poursuit cet objectif, et de se doter d'une coalition et d'une stratégie précisément définies.

Ces éléments étaient, par delà divers aléas, réunis lorsqu’a été mené à bien le changement de régime en Irak, n’en déplaise au fan club français de Saddam Hussein. Ils ne le sont pas du tout dans l’aventure militaire en laquelle Nicolas Sarkozy, guidé par Bernard Henri Lévy, son nouveau conseiller stratégique, a entraîné, sur un mode bonapartiste, une partie du monde.

L'objectif ? Protéger les civils, a-t-on dit.

C'est une explication très courte, et qui repose sur une lecture étrangement myope de la situation.

La Libye est, depuis six semaines, en situation de guerre civile, et il y a, en ce contexte, des civils à Benghazi, comme il y en a à Tripoli. Certains soutiennent  les « rebelles », d’autres soutiennent Kadhafi.

Dans un pays profondément imprégné de tribalisme, les choix se font sur des bases tribales. C’est un fait. Certains civils sont-ils, comme dans la Ferme des animaux de George Orwell, plus égaux que d’autres ? Et si on veut utiliser ce type d’argument et se situer sur des bases strictement humanitaires, ne peut-on dire qu’il y a des civils menacés en de multiples points du monde, souvent bien davantage  que les Libyens ?

Pourquoi ne pas intervenir en Syrie, au Yemen, à Bahrein, au Zimbabwe, pour citer quelques exemples.

S’il s’agit de renverser le régime de Kadhafi, cela devrait être dit plus explicitement.  Et cela devrait être énoncé comme étant le véritable but poursuivi : les dirigeants français semblent vouloir ce renversement, le Premier ministre britannique aussi, mais ils sont les seuls à s’exprimer en ce sens. Et si l’objectif avait été ainsi défini, la France et le Royaume Uni se seraient trouvés rapidement très isolés.

L'objectif étant défini de manière très hypocrite et ambiguë, il en résulte des explications erratiques, et qui diffèrent d’un jour à l’autre et d’un interlocuteur à l’autre.

Aucune des explications fournies ne dit pourquoi c’est Kadhafi qu’il faut renverser en priorité.

Violation des droits de l’homme ? Quel régime du monde arabe respecte les droits de l’homme ? Qui parlera du général Bashir au Soudan, accusé de crime contre l’humanité ? Allons… Et si on parle du monde musulman plus largement, on ne pourra faire autrement que citer l’Iran où les droits de l’homme sont violés quotidiennement. 

La complicité avec le terrorisme ? Kadhafi y a renoncé depuis neuf ans et coopéré depuis avec les services occidentaux dans la lutte anti-terroriste : ce qui n’est pas le cas du tout du pays que préside le général Bashir, ou de celui que préside Mahmoud Ahmadinejad. Allons, disais-je…

Cela nous conduit à la coalition. Et le moins qu’on puisse souligner là est : quelle étrange coalition ! Au côté de la France et du Royaume-Uni, on trouve précisément la Ligue arabe qui, sitôt les opérations lancées, s’en est désolidarisée. On trouve aussi les Etats-Unis d’Obama, qui sont rentrés dans le conflit à reculons, qui entendent s’en retirer au plus vite, et qui ne veulent pas du tout y jouer un rôle de premier plan : il se dit à Washington que c’est Hillary Clinton, Susan Rice et Samantha Power qui ont arraché l’accord de Barack Obama, qui avait une préférence pour le maintien de Kadhafi et qui, depuis, fait répéter autour de lui qu’il ne veut pas que Kadhafi s’en aille. Le commandement est censé passer à l’Otan au sein de laquelle ni l’Allemagne ni la Turquie, unies pour la circonstance, ne veulent elles-mêmes du départ de Kadhafi. On doit noter, de surcroît, que la coalition a le soutien des Frères musulmans et d’al Qaida. Merveilleux, non ?

Faut-il parler maintenant de la stratégie ? Des bombardements. Pas de troupes au sol. L’espoir de défections dans l’entourage de Kadhafi. Le souhait que les « rebelles » prennent le pouvoir. Cela impliquerait de leur livrer massivement des armes et de les organiser, bien sûr. Comment ? Mystère. Cela impliquerait aussi que des dirigeants « rebelles » émergent. Ceux dont on parle sont d’anciens ministres de Kadhafi qui ont fait récemment défection ou des recruteurs de djihadistes qu’ils ont envoyé par dizaines en Afghanistan. Pour combattre qui ? Des soldats de la France, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, de l’Otan.

La boucle est bouclée.

Risque t-on de porter au pouvoir des gens que la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Otan, combattent ailleurs dans le monde musulman ? La réponse est : oui, hélas.

Guy Millière

Cet article a été article publié dans Les 4 vérités Hebdo

 

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