Publié par Alexandre Del Valle le 6 avril 2011

Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo laisse la place à son rival, Alassane Ouattara, dont les forces ont investi Abidjan et ont pris le contrôle des principales villes du pays. Sa femme, Simone Gbagbo, qui estime que « Dieu l’a choisi », lui avait conseillé de résister jusqu’au bout. Mais en avait-il les moyens ? Son armée était minée par les défections, et l’embargo international le privait de rentrées d’argent et donc de munitions et d’armes, dont manquent déjà ses « Jeunes Patriotes ».

Rappelons que, le 7 mars dernier, Gbagbo a voulu nationaliser le secteur du cacao et a lancé un ultimatum aux exportateurs, les menaçant de saisir leurs stocks sur place puis de les vendre. De son côté, Ouattara a appelé à poursuivre l’embargo international sur les exportations de cacao et de café ivoiriens afin de couper les finances de l’Etat contrôlé par Gbagbo (40 % du territoire au sud du pays).

Certes, les compagnies internationales, désireuses de ne pas perdre leurs stocks, ont été tentées de suivre la société hongkongaise Noble Group, qui menaçait de violer l’embargo dès le 31 mars si Gbagbo avait encore « l’effectivité du pouvoir ». Elles ont été prises de court par l’armée de Ouattara, qui a lancé un assaut décisif contre le Sud, puis par le vote de la résolution 1975 de l’ONU sanctionnant Gbagbo et ses proches.

Est-ce un hasard si cette nouvelle résolution a été votée la nuit du 30 mars, un jour avant l’expiration de l’ultimatum de Gbagbo et des compagnies hostiles à l’embargo ?

Rappelons que la Côte d’Ivoire produit 42 % du cacao mondial. Si les producteurs et cultivateurs ivoiriens lâchent en masse Laurent Gbagbo, c’est aussi parce qu’il est désormais incapable de leur acheter les fèves, faute de liquidités. A contrario, Alassane Ouattara, soutenu par le FMI, dont il fut membre, et par l’ONU, les Etats-Unis et la France, incarne l’espoir de la reprise de l’économie ivoirienne sinistrée. Son installation effective au pouvoir permettra la levée d’un embargo dont les premières victimes sont comme toujours les civils.

Alexandre del Valle

L'article original a été publié dans France Soir

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