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Publié par Michel Garroté le 14 juillet 2011

Ils me font tous rire avec leur blabla sur l’euro

Michel Garroté

A fin de distinguer, d’une part, la thèse de l'effondrement de l'euro, et d’autre part, la thèse de l’éclatement de l’euro en plusieurs monnaies,  Roland Hureaux écrit (extraits) : « Beaucoup voient la fin de l’euro comme l’effondrement d’une monnaie. Les actifs libellés dans cette devise ne vaudraient plus rien, beaucoup de gens seraient ruinés ; au mieux, la fin de l'euro signifierait une réduction drastique et durable du niveau de vie des Européens, singulièrement des Français. Il va de soi que les partisans de l’euro ne manquent pas d’agiter ce scénario à la fois pour se donner raison et pour dramatiser le suspense au sujet de la Grèce, mais aussi parce qu’ils y croient ».

Roland Hureaux : « Il y a pourtant là une confusion entre deux notions : l’effondrement d’une monnaie et son éclatement. Ce n’est pas du tout la même chose. L’effondrement d’une monnaie, c’est ce que la France a connu avec les assignats en 1795, l’Allemagne avec le mark en 1923, divers pays d’Amérique latine ou d’Afrique noire dans une période plus récente. Du fait de l’inflation galopante, la monnaie, à un moment donné, ne vaut plus rien ; ceux qui la détiennent ou qui détiennent des créances libellées dans cette unité se trouvent ruinés. Rien de tel n’attend les détenteurs d’euro, même dans les pays périphériques comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, où la secousse sera, cependant, plus grande qu'ailleurs. L’euro ne s’effondrera pas car il est globalement assis sur des actifs puissants en France, en Allemagne et dans les autres pays ; il n’a pas été émis de manière inflationniste, bien au contraire ».

Roland Hureaux : « L’euro éclatera, ce qui n’est pas du tout la même chose. Il se transformera en plusieurs monnaies à des cours de change différents mais qui, en moyenne, suivront sur les marchés la trajectoire qui fut jusqu'ici celle de l’euro : le mark fera sans doute mieux, le franc un peu moins bien (Note de Michel Garroté – sauf qu’il a fallu hier 6,55 FF pour un euro et qu’il n’y aura que 4 FF demain pour un euro…) ; la lire, la peseta, l’escudo, la drachme perdront de la valeur par rapport à l’euro mais continueront à valoir quelque chose. Ce sera en plus grand ce qui est arrivé entre la Tchéquie et la Slovaquie lors de leur séparation à l’amiable en 1993 et la création subséquente de deux monnaies. Cela ne veut pas dire que la secousse ne sera pas considérable, mais elle sera moins d’ordre technique que politique ou psychologique. ‘Faut-il donc courir un tel risque ?’, diront certains. Hélas, voilà le genre de question qui n’a plus de sens. Nous n’avons pas le choix car cet éclatement arrivera de quelque manière qu'on s’y prenne, et qu’on le veuille ou non. Ce qu’il faut désormais, c’est s’y préparer », conclut Roland Hureaux.

On peut lire (à propos de la violation du traité de Maastricht) sur le blog de Jean Quatremer (extraits) : « En dépit de l’interdiction maastrichienne d’aider financièrement les États en difficulté, la zone euro a volé au secours de la Grèce (80 milliards d’euros) avant de créer dans l’urgence un Fonds européen de stabilité financière (FESF) doté d’une capacité d’emprunt de 440 milliards d’euros (plus 60 milliards que peut lever la Commission) afin d’assister les pays en difficulté » (Note de Michel Garroté – « doté d’une capacité d’emprunt », autrement dit, le FESF ne dispose pas de 440 milliards d’euro ; « plus 60 milliards que peut lever la Commission », autrement dit, la Commission ne dispose pas de ces 60 milliards d’euros ; au total, il s’agit donc de 500 milliards d’euros à « emprunter » et à « lever »).

Jean Quatremer : « Mieux : un Mécanisme européen de stabilité (MES) doté de 500 milliards d’euros (dont le traité a été signé lundi par les ministres des Finances) remplacera le FESF en juin 2013, mécanisme permanent qui sera autorisé à acheter directement la dette publique auprès des États qui n’arrivent plus à se financer » (Note de Michel Garroté – Avec ce MES, des Etats vont-ils finir par « acheter », avec les impôts de leurs contribuables, les dettes d’autres Etats ?).

Jean Quatremer : « La Banque centrale européenne (BCE) a, elle aussi, décidé de jeter par-dessus bord ses préventions idéologiques, en rachetant sur le marché secondaire, celui de la revente, la dette publique des pays périphériques de la zone euro (pour environ 80 milliards d’euros). La zone euro a aussi revu de fond en comble sa gouvernance, notamment en durcissant le Pacte de stabilité, en renforçant la coordination des politiques économiques ou en adoptant un ‘pacte pour l’euro’ qui liste une série de réformes structurelles douloureuses », conclut Jean Quatremer (Note de Michel Garroté – La BCE rachète « la dette publique des pays périphériques de la zone euro » avec quel argent ?).

Encore sur le blog de Jean Quatremer, on peut lire l’analyse, pas très convaincante, de Ulrike Guérot, une spécialiste des affaires européennes (extraits) : « Personne en Allemagne ne veut détruire l’euro, car chacun a conscience que l’économie souffrirait énormément d’un tel cataclysme. Mais les Allemands, qui sont plutôt déçus de l’Europe, voudraient l’euro tel qu’il a été conçu en 1991 dans le traité de Maastricht, c’est-à-dire une politique monétaire unique, mais dix-sept politiques budgétaires souveraines et surtout pas de solidarité financière entre les membres de l’euro ».

Ulrike Guérot : « Or, on est à un tournant : au lieu de se braquer sur Maastricht, un traité qui manifestement a échoué, il faudrait reconstruire l’union monétaire sur des bases plus saines et effectuer un bond en avant dans l’intégration économique et politique. Or le débat est très difficile : parce qu’on se braque sur l’interprétation juridique de Maastricht et parce que les Allemands ont l’impression d’avoir été trahis », conclut Ulrike Guérot (Note de Michel Garroté – Ulrike Guérot aurait tout de même pu ajouter que les contribuables allemands, dans leur très grande majorité, ne veulent pas, à l’avenir, payer encore plus d’impôts, uniquement pour renflouer les caisses de pays corrompus comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, puis la Roumanie, la Bulgarie, et, un jour, le Kosovo, la Croatie, la Serbie, etc.).

Michel Garroté

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