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Publié par Guy Millière le 3 novembre 2011
J’ai exposé ici récemment comment, du côté des Républicains, on pratiquait la chasse au Herman Cain. Ce qui me semble plus intéressant encore est la façon dont la candidature de Herman Cain est reçue chez les Démocrates et, plus largement, dans la gauche américaine.
 
Au cours des quatre dernières semaines, on a entendu d’abord les propos méprisants disant que Cain était un vendu, un oncle Tom, un « Oreo black », autrement dit, un noir qui est, comme les Oreo cookies, noir à l’extérieur et blanc à l’intérieur, car, pour les Démocrates et la gauche américaine, un noir américain qui n’est pas de gauche est nécessairement un traître. 
 
Un présentateur blanc bien pensant, sur une chaîne très à gauche, MSNBC, a même sermonné Herman Cain pour n’avoir pas contribué à la lutte pour les droits civiques, et avoir suivi les conseils de son père en continuant à travailler dur et à suivre ses cours au lycée car, à l’époque, Herman Cain était lycéen. Si Herman Cain avait abandonné ses études et s’il vivait aujourd’hui d’allocations sociales, ce présentateur blanc aurait été satisfait, sans aucun doute. 
 
Herman Cain a fait une réponse excellente en rétorquant qu’en montrant qu’on pouvait naître noir et pauvre, et devenir un entrepreneur qui réussit, il avait fait davantage pour montrer que les noirs sont égaux que tous ceux qui le critiquent.
 
Dans une autre émission où on lui demandait comme il pouvait être noir et ne pas être démocrate, il a eu une réplique plus excellente encore : « J’ai quitté la plantation démocrate il y a très longtemps ». 
 
Ceux qui ne connaissent pas les paramètres de la politique américaine pouvant ne pas comprendre, j’explique : les noirs aujourd’hui vivent souvent des aides sociales et votent démocrate. Les Républicains considèrent qu’en leur donnant des aides sociales et en les maintenant dans le ressentiment, les démocrates se constituent avec les noirs un électorat captif et dépendant. Les noirs, ajoutent-ils, passent ainsi d’une dépendance abolie, l’esclavage, à une autre dépendance, celle des aides sociales. Et ils soulignent que le parti démocrate était le parti des esclavagistes au dix-neuvième siècle. Les maîtres de la plantation au dix-neuvième siècle étaient démocrates. Les maîtres de la nouvelle plantation qu’est le quartier noir où on vit d’aides sociales sont aussi démocrates.
 
Voyant que leurs critiques ou leurs remarques méprisantes vis-à-vis d’Herman Cain tombaient à plat, les démocrates et la gauche se sont mis en quête d’autre chose. 
 
Ils ont trouvé une affaire d’allégations de harcèlement sexuel remontant aux années 1990, il y a vingt ans, et dans le cadre de laquelle les accusations portées contre Cain se sont révélées mensongères. Cela a débouché sur le licenciement des deux femmes concernées et par la signature d’un chèque pour chacune d’elles pour soldes de tout compte.
 
Cette affaire qui n’en est pas une, car il est avéré que Cain a été victime d’allégations mensongères de la part de personnes qui voulaient de l’argent, n’en a pas moins fait la une des journaux et des chaînes de télévision. 
 
Nous sommes dans la rubrique : « calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Ce type de calomnie, qui plus est, révèle la dimension raciste des blancs de gauche face à un noir conservateur. 
 
Il y a vingt ans, quand Clarence Thomas a été nommé à la Cour Suprême, c’est exactement le même type de calomnie qu’on a tenté de déverser sur lui. Les noirs, vous dira-t-on, sont des êtres lubriques, et un noir républicain est un hypocrite qui cache sa lubricité. Clarence Thomas avait, à l’époque, parlé de lynchage électronique et médiatique : c’est une expression adaptée à ce qui se passe avec Cain aujourd’hui.
 
Je ne sais si cette affaire laissera des traces et fera chuter Cain. Je pense que non, mais je ne peux m’avancer avant d’avoir vu la suite des événements.
 
Ce qui est certain est que si l’établissement républicain préfère Romney, qui lui paraît plus sûr qu’un candidat issu des tea parties, d’où la chasse au Herman Cain à droite, les démocrates aussi préfèrent voir Romney affronter Obama, car ils ont déjà les arguments à lui opposer : de multiples changements de position sur divers sujets, l’appartenance à la bourgeoisie anglo-saxonne très riche, la ressemblance de son parcours avec celui des gens de Wall Street. Herman Cain les prend à contre pied sur presque tous les plans, et les dérange beaucoup : c’est un homme qui s’est fait lui-même, et il n’a rien en commun avec les gens de Wall Street. C’est un noir, plus noir qu’Obama, qui ne cesse de montrer qu’il aime l’Amérique. C’est un conservateur porté par la base. 
 
Les démocrates et la gauche auront du mal à décrire encore les tea parties comme imprégnées de préjugés : Herman Cain est maintenant LE candidat des tea parties, et ses plus forts soutiens se situent dans les Etats du Sud profond. Certains démocrates ont tenté de dire que les tea parties soutenaient un noir, précisément parce qu’elles étaient racistes, et qu’elles cachaient leur racisme derrière un noir, mais ce genre de propos n’a pas pris dans l’opinion.
 
Herman Cain a mené une campagne qui a, jusqu’à présent, brisé toutes les conventions établies. Il est, à ce jour, en tête des sondages nationaux et en tête des sondages de trois des quatre premiers Etats à voter. 
 
Il est l’homme le plus intéressant à être apparu sur la scène politique américaine depuis des années. 
 
C’est un orateur remarquable. J’espère que son élan ne sera pas brisé. S’il l’emportait dans l’Iowa, finissait deuxième dans le New Hampshite, puis l’emportait en Caroline du Sud et en Floride, un élan se dessinerait qu’il serait intéressant de suivre. Il y a encore huit candidats en lice aujourd’hui : au moment des élections en Caroline du Sud et de Floride, il devrait n’en rester que trois ou quatre. Mitt Romney plafonne à 25%, le reste est constitué de ceux qui ne veulent pas de Romney, et leurs voix se reporteraient sur le candidat qui n’est pas Romney. C’est un scénario de cauchemar pour la Maison Blanche.
 
De nombreux Américains aimeraient un débat Obama-Cain. 
 
D’un côté, un métis né hors des Etats-Unis continentaux, élevé en Indonésie et à Hawaii dans une famille bourgeoise, devenu ensuite agitateur social, puis Sénateur, puis, très vite Président. De l’autre, un noir américain (Herman Cain rejette l’appellation Afro-Américain) élevé en Amérique dans une famille pauvre, devenu entrepreneur et créateur d’emplois par ses seuls mérites. Le deuxième curriculum vitae a de quoi séduire l’Amérique profonde bien davantage que le premier, et un homme comme Herman Cain pourrait montrer l’imposture inhérente à Obama sans qu’on puisse le traiter de raciste.
 
D’où est partie l’affaire de « harcèlement sexuel » ? D’un magazine en ligne, Politico, clairement à gauche, et financé par deux journaux pro-Obama, le New York Times et le Washington Post. L’information est venue de quelque part. On saura sans doute d’où elle est venue dans peu de temps. 
 
Vous me direz peut-être que Bill Clinton a été élu avec plusieurs affaires de réel harcèlement sexuel sur le dos : c’est vrai, mais il était démocrate, et démocrate est l’étiquette qui vous immunise chez les Démocrates et dans la gauche américaine, et tous les grands médias américains ont des penchants démocrates et de gauche.
 
Vous me direz que Barack Obama a un passé de gauchiste et de consommateur de cocaïne : c’est vrai aussi, mais il est démocrate. 
 
Ah, si Cain était resté dans la plantation…
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
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