Publié par Ftouh Souhail le 21 novembre 2011
Lors de la cérémonie d'ouverture du cycle des conférences de stage des nouveaux avocats au titre de l'année judiciaire 2012, qui a eu lieu, ce vendredi, au théâtre municipal de Tunis, j'ai eu un entretien de quelques minutes avec le Premier ministre tunisien sortant, Béji Caïd Essebsi.
 
J'ai évoqué l’indignation des forces progressistes tunisiennes suite aux propos irresponsables de l’islamiste tunisien Hamadi Jebali, qui a promis de « libérer Jérusalem » et « d’établir le califat ». 
 
Je faisais référence à la polémique provoquée il y a une semaine, lorsque le Secrétaire général d’Enahda et futur premier ministre de Tunisie Hamadi Jebali, a prononcé un sermon en présence d’un représentant du mouvement terroriste palestinien Hamas, après la victoire du parti islamiste à l’élection de l’Assemblée constituante.
 
« C’est d’ici, si Dieu le veut, que partira la reconquête de Jérusalem. » a-t-il déclaré, en ajoutant : « nous sommes dans un moment historique, divin, dans le cycle d’une civilisation nouvelle sous l’égide du sixième califat bien guidé, si Dieu le veut. »
 
Ces propos ont soulevé une tempête, tant en Tunisie qu’à l’étranger.
 
Le Premier ministre tunisien, M. Béji Caïd Essebsi, a répondu : « je peux comprendre cette indignation. Il n’y aura pas de califat en Tunisie. »
 
J’ai ensuite rappelé les objectifs de la révolution du 14 janvier, à savoir la marche vers plus de dignité et de liberté.
 
Puis je lui ai expliqué que les propos de Hammadi Jebali risquent de compromettre l’unité nationale, et que nous devons être vigilants. 
 
Mon message était clair : « La Tunisie a besoin d’une nouvelle république, pas d’une dictature au nom de l’islam. De prospérité et pas de décadence. Mes compatriotes n’accepteront jamais d’être gouvernés par des califes. La religion n'est le monopole de personne. »
 
Vers la fin de la rencontre, j’ai abordé la détérioration de la situation économique du pays (le taux de chômage est supérieur à 35%), et le fait qu’avec un million de chômeurs d’ici fin 2011, les nouveaux maîtres du pays devront se concentrer à trouver des solutions rapides à la question de l'absence de perspectives de la jeunesse tunisienne, plutôt que de jouer sur les émotions populaires du genre « libérer Jérusalem ».
 
Cette rencontre était évidemment importante, à quelques jours de la prise du pouvoir du parti islamiste d'Enahdha.
 
Ensuite, les avocats tunisiens ont tenu à rendre un vibrant hommage à M. Caïd Essebsi pour son engagement à assumer les fonctions de Premier ministre en cette phase transitoire.
 
Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous : 
© Ftouh Souhail pour www.Dreuz.info
 
Bientôt un million de chômeurs en Tunisie : http://www.mag14.com/

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