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Publié par Gilles William Goldnadel le 19 décembre 2011

Cette semaine, Gilles-William Goldnadel revient sur la condamnation de Jacques Chirac, les tests ADN et la proposition de loi qui pénalise le génocide arménien.

Lundi matin, Bernard Thibault sur France Inter. Quelques questions gentillettes sur les diverses mises en cause de la probité des syndicats. Mais sans pousser. Quelques jours plus tôt, Hervé Morin s’était vu reprocher avec plus d’insistance des relations qu’il n’avait pas avec un dignitaire étranger.

Sur la même antenne nationale, reportage émouvant sur un pirate somalien putatif mais aujourd’hui sans papiers à Paris. Rien sur les obsèques du policier assassiné auxquelles Guéant avait assisté la veille. Question de sollicitude.

Mardi, Nordine Amrani, un exalté récidiviste commet à Liège un massacre à la mitraillette. Au-delà du compassionnel, des marches "blanches et silencieuses" qui s’organisent, aucun commentaire analytique. Pas question, sans doute avec raison, d’exploiter un fait divers.

On voudra bien, toutefois, comparer avec le massacre en Norvège de cet été, commis en définitive par un insensé et pour lequel une grande partie de la classe médiatique aura voulu donner du sens, avec fourniture en prime de la liste des intellectuels conservateurs ayant inspiré son geste. (mon bloc-notes du 2 août Oslo ne doit pas faire oublier le terrorisme inspiré par la gauche radicale).

Jacques Chirac condamné à de la prison avec sursis

Jeudi, Chirac condamné, contre l’avis du parquet, à de la prison avec sursis.

L’ancien président ne fera pas appel. On peut mesurer dans cette abstention la dévaluation de peines autrefois infamantes, mais démonétisées par un usage excessif de la voie pénale. Beaucoup de commentaires insistant sur la personnalité attachante et sympathique d’un président que j’ai, personnellement, toujours considéré comme calamiteux à tous égards.

Parmi eux, beaucoup avaient tempêté contre une impunité qui pourtant s’imposait juridiquement. Ils auraient mieux fait, peut-être, de s’interroger, son mandat terminé, sur son hébergement à titre gratuit dans l’immeuble parisien de la famille Hariri.

Il est vrai que la même presse avait fait montre d’une égale délicatesse lorsque Roland Dumas, alors ministre des Affaires étrangères, entretenait des intelligences privilégiées avec la fille du ministre de la défense de Syrie.

Pas davantage aujourd’hui, n’importune-t-on le sénateur UMP Philippe Marini, par ailleurs responsable de la commission des finances de la haute assemblée et président du groupe parlementaire France Syrie, sur son silence assourdissant tandis que le massacre se poursuit.

Le même jour une délégation parlementaire d’Ankara tentait de convaincre les députés français de renoncer à légiférer sur le génocide arménien.

Une nouvelle loi Gayssot ne me parait, à titre personnel, pas davantage pertinente que celle qui réprime en France la contestation du génocide juif.

Mais les ottomans ne me paraissent pas davantage habilités à en discuter que les germains.

S’agissant toujours de la Turquie, celle-ci est régulièrement érigée en modèle démocratique pour faire taire les inquiétudes qu’inspirent les victoires électorales des islamistes.

Je conseillerai aux thuriféraires d’Erdogan de modérer grandement leur enthousiasme.

Il n’est en effet pas de jour où on annonce l’enfermement de journalistes ou d’écrivains rétifs à épouser la vision de l’AKP sur les questions religieuses, judiciaire, kurde ou arménienne. "Nous sommes confrontés à une répression que l’on n’avait pas vue depuis le coup d’état de 1980," déclare Kadri Gursel, éditorialiste au quotidien stambouli Milliyet", la première question que l’on pose désormais avant de traiter une information est : peut-elle gêner le gouvernement ?"

71 journalistes et écrivains sont actuellement incarcérés pour leurs écrits.

Blague de Poutine

Dans une excellente chronique de l’Express de cette semaine, Christian Makarian raconte cette blague russe, parait-il authentique : Vladimir Poutine est attablé au restaurant avec les hiérarques de son parti. Le serveur vient prendre la commande.

– Que prendrez-vous, monsieur le premier ministre ?

– Un steak, grogne Poutine.

– Et pour les légumes ? demande le serveur.

– Les légumes aussi prendront un steak, répond Poutine en désignant ses convives.

Pourtant, toujours peu de réactions médiatiques sur les tricheries poutiniennes ni sur les contestations de rue pour protester contre la fraude électorale.

Poutine a raison de déclarer : "Il s’agit d’un plan mis au point à l’étranger pour déstabiliser la société" et mettre en cause des menées américaines. Il sait qu’à Moscou comme à Paris, l’anti-occidentalisme est, même en temps de crise, une valeur refuge.

Vendredi  : " Des tests ADN pour retrouver ses ancêtres ". Le Figaro relate l’enthousiasme des Français pour des examens, autorisés à l’étranger, interdits en France mais accessibles sur Internet, qui permettent de découvrir son histoire génétique. Il suffit d’un seul prélèvement de salive pour apprendre le détail de son ascendance : peuple d’origine, région des ancêtres, lignée paternelle et maternelle. Plus fort encore : deux individus non apparentés mais portant le même patronyme, peuvent également savoir s’ils descendent d’un même parent, avec des investigations portant sur trois à vingt générations. Un technicien au CNRS, consulté, dit, sans fioritures, son opposition radicale : "Personnellement, je n’ai ni le besoin ni l’envie qu’on me mette dans une boite juifarabe ou celte, et que l’on me prédestine à quoi que ce soit".

C’est son droit, mais est-on obligé de partager ses envies ? Je sais des gens tourmentés par la question de leur origine, au nom de quel principe moral leur interdire de connaitre leurs racines ?

On retrouve ici le réflexe pavlovien, à moins qu’il ne soit lyssenkiste, de la communauté scientifique hexagonale qui proscrit tout ce qui peut toucher de près ou de loin aux « racial studies » à l’américaine, à commencer par les statistiques ethniques. Et peu importe leur éventuelle utilité scientifique ou sociale.

Dimanche, Vaclav Havel et Kim Jon Il sont morts. La preuve vivante de ce que l’anticommunisme est un humanisme.

 Gilles William Goldnadel

L'article original peut être consulté sur le Blognadel

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