Publié par Michel Garroté le 27 décembre 2011

 

 

Michel Garroté – Le nouveau Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, est présenté dans certains médias français comme un individu inodore et incolore. Frisant l’hispanophobie, certains journalistes français se montrent condescendants – et parfois méprisant – à l’égard d’un catholique espagnol de droite démocratiquement élu. Or, il se trouve que Mariano Rajoy a prêté serment devant un crucifix au palais de la Zarzuela, la résidence des rois d’Espagne, en posant la main droite sur la Bible et sur un exemplaire de la constitution de 1978. « Je jure d’accomplir fidèlement mes obligations de président du gouvernement avec loyauté au roi et à la constitution ». En clair, Rajoy reconnaît avoir des obligations et admets que l’aide de Dieu lui sera d’un grand secours.

Comme le veut la tradition durant la prestation de serment pour les membres de l’exécutif, Mariano Rajoy a voulu prêté serment devant un crucifix, un exemplaire de la constitution ouvert au Titre IV – relatif au gouvernement et à l’administration – et devant une Bible de 1791, dédicacée au roi Carlos IV, ouverte au chapitre XXX du Livre des Nombres. Cette même formule avait été choisie par Aldolfo Suarez, Leopoldo Calvo-Sotelo et José Maria Aznar. Les socialistes Felipe Gonzalez et José Luis Rodriguez Zapatero avaient optés, eux, pour la promesse. J’avoue que, rétrospectivement, au vu des résultats, le choix entre prêter serment ou faire des promesses me fait sourire.

Car, en effet, il est bien plus commode de faire une promesse socialiste (et de jouer à fond la christianophobie comme l’a fait Zapatero) que de poser humblement sa main droite sur la Bible et de choisir le chapitre XXX du Livre des Nombres, un texte hébraïque faisant partie intégrante de ce que l’on appelle aussi le premier testament. Certains politicards et journaleux franchouillards, toujours aussi arrogants, manquent donc de respect envers un homme politique espagnol qui pourtant semble avoir plus d’humilité – et en même temps plus de couilles – que Sarkozy, Fillon et Juppé réunis. L’on saura s’en souvenir en temps voulu. D’autant que Sarkozy a déjà joué la même comédie – méprisable et méprisante – envers un grand chef d’Etat, qui lui aussi en a, en l’occurrence, Binyamin Netanyahu.

Michel Garroté, rédacteur en chef de www.dreuz.info

http://info.catho.be/2011/12/26/en-espagne-le-crucifix-reprend-une-place-publique/

   

   

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