Publié par Jean-Patrick Grumberg le 8 janvier 2012
Règne de la CFDT par la violence, personnel peu motivé, embauche de salariés non qualifiés, recrutement par combine, gestion hasardeuse, absentéisme record, avancement selon des critères opaques, abandon de l’entreprise par sa maison mère, SeaFrance était promis à la faillite et personne ne pouvait la sauver.
 
Marc Sagot, CGT SeaFrance accuse sur le site de la CGT (1) : « la CFDT a tissé sa toile et a la main mise sur l’entreprise. Pour pouvoir être embauché, il fallait avoir l’aval de la CFDT, puis pour avoir les promotions, faire des remplacements. J’ai déjà employé à ce sujet le terme de secte mafieuse »
 
Marc Sagot : « Je peux témoigner personnellement que, lors d’un comité d’entreprise, on a très clairement menacé les élus CGT de mort, ce qui a fait l’objet d’une main courante au commissariat ».
 
Marc Sagot : « mon prédécesseur, Roger Lopez, a été tabassé sur le quai, en 2005. Éric Vercoutre (note de JPG : secrétaire du comité d’entreprise et membre de la CFDT) a d’ailleurs été condamné pour ces violences ».
 
Marc Sagot : « mon suppléant, Christophe Wadoux, a été tabassé lors d’une commission d’avancement, en présence de l’ancienne direction. Il a eu pratiquement un an d’arrêt de travail. »
 
En 2009, la cour des comptes (2) dénonçait que le syndicat majoritaire CFDT de cette filiale de la SNCF avait des pratiques douteuses. Le syndicat expliquait le rapport, monopolisait les recrutements : « le recrutement s'effectue largement par cooptation selon des critères peu transparents »
 
A SeaFrance, c’est le règne de la combine et de l’incompétence :
 
« Les recommandations familiales et surtout l'appui de la formation syndicale majoritaire entrent comme un facteur déterminant dans la sélection des candidats », ajoute la Cour, qui fait « mention de personnes peu motivées et n'ayant souvent aucune qualification ». Le rapport souligne que « ce contexte ne peut que susciter des interrogations sérieuses sur la manière dont SeaFrance recrute son personnel ».
 
« Par ailleurs, les hauts magistrats observent que « l’absentéisme a augmenté sur la période bien plus vite que les effectifs de SeaFrance ». Celles-ci représentaient 39 journées d'absence par salarié pour l'année 2007. »
 
Qui dit monopole, mafia et combine dit corruption ?
 
La Cour relève que « le monopole détenu par la CFDT en dénonçant des avantages exorbitants octroyés à ses délégués, comme la promotion de personnels arrivant en fin de carrière à des postes d'assistants officiers ne correspondant pas aux qualifications des intéressés »
 
Puis que « le président en fonction … a noué des relations privilégiées avec la CFDT, syndicat majoritaire, en vue d'apaiser le climat social dans l'entreprise ».
 
La Cour des comptes note enfin que la stratégie de la SNCF, la maison mère, n’est « pas très claire » car en tant que « seul actionnaire », elle « a une responsabilité vis-à-vis de la stratégie de sa filiale » et « son attentisme est à l'origine d'un manque de visibilité de moyen terme pour Seafrance ».
 
Marc Sagot confirme : « C’est elle (la SNCF) qui a donné les clefs à l’organisation syndicale majoritaire (CFDT)… la CFDT… s’est rendue coupable d’entêtement, d’obstination. Ils ont eu le pouvoir et ils voulaient le garder. On voit ce qu’ils en ont fait. »
 
Marc Sagot : « Avec la CFDT SeaFrance, c’est toujours la même posture. Si on les écoute, il n’y a qu’eux qui détiennent la vérité. Ça ressemble plus à un comportement sectaire qu’à un comportement syndicaliste. C’est de l’extrémisme. »
 
Là ou le panier de crabes règle ses comptes, c’est lorsque la semaine dernière, la CFDT Nationale a évoqué « des soupçons sur des pratiques obscures et frauduleuses des responsables CFDT de SeaFrance », alors qu’elle est officiellement au courant depuis 2009.
 
La CFDT SeaFrance, entêtée, a jusqu’à présent refusé toutes les offres de reprise : celle de LDA-DFDS qui proposait de conserver 500 sur les 620 salariés, ainsi que l’aide de l’état et la reprise par la SNCF. Pourquoi ? 
 
Comme pour apporter une touche complémentaire au tableau, le JDD révèle aujourd’hui que Éric Vercoutre, CFDT et responsable du comité d’entreprise, roule en Audi Q7 à 60.000 euros.
 
Il a dû s’en passer des choses, à SeaFrance…
 
Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous : 
© Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info
 
(1) http://www.filpac-cgt.fr/
(2) http://www.lefigaro.fr/flash-eco/

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