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Publié par Michel Garroté le 21 février 2012
 
Alors que Sarkozy vient d'entrer en campagne, voici l’entretien que le Dr Bernard Plouvier avait accordé au journal Flash concernant ce Président sortant qui redemande au peuple de France de lui renouveler sa confiance. La psychose maniaco-dépressive est avec la psychose paranoïaque plus fréquente des maladies psy chez les politiciens. On peut citer les cas de Khrouchtchev, de L.B. Johnson ou de R. Nixon. Nous aurions Un maniaco-dépressif à l’Élysée ? C’est ce qu'explique le Dr Bernard Plouvier, auteur de nombreuses biographies aussi historiques que médicales, disponibles sur www.francephi.com.
 
Sur quoi basez-vous votre jugement lapidaire sur Nicolas Sarkozy ?
Sur le simple constat de l’image publique que l’actuel locataire de l’Élysée nous renvoie et qui ne laisse guère de doute sur le diagnostique : en phase « maniaque », le sujet vibrionne (par référence aux mouvements agités et apparemment sans but précis de certaines bactéries). Agité du corps comme du « bocal », le maniaque fait preuve d’une activité débordante, œuvrant 15 à 20 heures/jour, se mêlant d’une foule de  choses, brassant quantités d’idées… à propos de tout, dont il ne  connaît rien ou presque. Il harcèle ses collaborateurs, censés ne travailler ni assez vite, ni assez bien…
 
Une parfaite illustration de  la mouche du coche ?
Tout à fait celle de notre bon La Fontaine. Cette activité brouillonne, qui suit mille pistes à la fois et les abandonne très vite, ne s’accompagne d’aucune réflexion approfondie, ni sur le bien-fondé des « fabuleuses idées » du maniaque, ni sur les conséquences de l’éventuelle mise en application d’icelles. À l’évidence pour tout le monde (sauf pour le maniaque, qui s’estime génial, productif, inventif, etc.) l’individu épuise son entourage, ébahit les spectateurs et s’avère un exceptionnel agent de désorganisation. C’est un histrion, nullement un chef d’État quand les peuples ont la malchance de tomber sur un tel élu. L’individu peut en rester à cette phase maniaque ou évoluer vers des accès de franche et profonde dépression (qui guérissent en quelques mois, si le sujet ne s’est pas suicidé lors d’un moment de profonde dévalorisation).
 
Pouvait-on se douter avant son élection à la présidence de la République de l’exceptionnelle versatilité de Nicolas Sarkozy ?
La grande avidité du sujet n’était pas immédiatement évidente… Ce qui l’était, en revanche, c’était l’idée d’une revanche à prendre sur « les autres » : le sujet veut non seulement devenir très riche, mais aussi le montrer. C’est l’expression d’un complexe d’infériorité remontant à l’enfance (frustrations liées à la pauvreté, à sa petite taille, etc.), mais aussi le désir très affirmé d’écraser les autres, par manque d’autocritique, manque d’humour, manque fondamental de respect pour les gens respectables… Mais y en a-t-il beaucoup dans le milieu fréquenté par Sarkozy ?
 
D’où le côté m’as-tu-vu du personnage ?
Il témoigne non d’une paranoïa (les paranoïaques sont généralement austères et n’aiment guère se donner en spectacle), mais d’un résidu infantile, d’une indéniable fragilité psychologique. C’est le reflet d’un manque de confiance en soi. Cela peut paraître paradoxal et c’est pourtant vrai : les histrions sont des êtres hantés par la peur. La versatilité, l’avidité de biens matériels, la grande labilité émotionnelle (au point d’être grossier en public, ce qui est une première parmi nos chefs d’État), voici ce qui caractérise le côté « noir » du locataire de l’Élysée. Son côté maniaque (multitude de projets) aurait pu être intéressant pour le pays dont l’État et la société sont à la dérive, mais la couardise est le facteur limitant.
 
Car Nicolas Sarkozy a peur ?
La couardise est le défaut évident de ce Président : il annonce des projets, rarement stupides et souvent adaptés à l’état lamentable du pays, mais à la moindre opposition solide, le projet est enterré. C’est la stratégie de l’escargot ou de l’autruche. Le drame est qu’à la tête de l’État, nous ayons actuellement deux couards : le Président qui joue à la grande gueule et Fillon qui abuse de son côté adolescent sage ; ils nous jouent le scénario hyperclassique du gentil et du dur, alors qu’il s’agit de deux mous authentiques. De ce fait, ils sacrifient très facilement leurs collaborateurs si ceux-ci les mettent en péril.
 
Cette définition d’un Président psychotique a-t-il eu un précédent ?
La Présidence de la République française a en effet déjà hébergé un psychotique de ce genre, Paul Deschanel, dont l’activité maniaque ne s’exerçait qu’en mondanités et dont les épisodes dé­pressifs étaient célèbres lorsqu’il présidait la Chambre des députés… Il fut contraint à la démission par un abus de pouvoir médical.
Propos recueillis par Fabrice Dutilleul.
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