Publié par Michel Garroté le 29 mars 2012

 

   

La géopolitique à géométrie variable

   

   

Michel Garroté – "C'est une erreur fatale d'abandonner la Libye". Cette phrase est de Mahmoud Djibril. C'est lui qui, il y a un an, avait été reçu par Sarkozy. À l'époque, cet ex-économiste du régime de Muammar Kadhafi, devenu émissaire du Conseil national de transition (CNT) libyen, sillonnait les capitales occidentales en quête de légitimité internationale. En France, il avait fait mouche. À l'issue de cette rencontre au sommet, le président français devenait le premier chef d’Etat à reconnaître le CNT comme "représentant du peuple libyen". Cette reconnaissance enclenchera, neuf jours plus tard, à l'initiative de Sarkozy, l'opération militaire en Libye. Pendant ce temps, Mahmoud Djibril est devenu chef du gouvernement libyen de transition, qui ne va pas hésiter un seul instant à armer les insurgés libyens, avec l'aide de la France, contre les forces pro-Kadhafi. Neuf mois plus tard, la Libye est libérée. Muammar Kadhafi n'est plus. Les avions de Sarkozy non plus. Tout comme Mahmoud Djibril, qui a laissé sa place à Abdel Rahim al-Kib à la tête de la Libye nouvelle. Mais les armes, elles, sont toujours présentes, en grand nombre, aux mains des insurgés, désormais rattrapés par leurs origines tribales. S'estimant mal représentés au sein du nouvel exécutif, ces combattants, devenus miliciens, ne sont prêts à rendre leur arsenal sous aucun prétexte. Les nouvelles autorités libyennes avaient pourtant demandé aux Occidentaux octobre dernier de rester en Libye, le temps que le pays se stabilise. Le pays semble aujourd'hui sombrer doucement, mais sûrement, vers un inévitable chaos. "Dès que le régime s'est effondré, tout le monde a disparu" de Libye du côté des pays occidentaux, déplore aujourd'hui Mahmoud Djibril (source : lepoint.fr).

Copyright Michel Garroté 2012 & Sources citées

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