Publié par Misha Uzan le 27 mai 2012

Mohammed Morsi, l’islamiste, sera opposé au deuxième tour des élections en Egypte, à Ahmad Chafiq, ancien premier minitre du dictateur renversé.

L’Egypte condamnée

Les révoltes en Egypte, comme en Tunisie, en Lybie, en Syrie, etc, ont été assez naïvement saluées par les pays occidentaux et leurs médias officiels. Pourtant, partout, elles ont amené les islamistes au pouvoir. Toutefois, en organisant des élections libres, on ne pouvait que souligner un progrès. Mais les élections ne sont pas la démocratie. La démocratie ne se limite pas à des élections. L’Egypte en fait la preuve. Aux élections législatives, l’Egypte a rempli à 75% son assemblée d’islamistes. Les islamistes sont contre la démocratie. Leurs valeurs – si l’on peut s’exprimer ainsi – ne sont pas compatibles avec celles de la démocratie. Il restait la présidentielle au cours de laquelle a eu lieu un vrai débat télévisé, salué. Mais l’Egypte n’est pas démocrate, et n’est pas libérale. Elle n’a plus le choix qu’entre un islamiste ou un représentant de l’ancien régime.

Mohammed Morsi contre Ahmad Chafiq

Le second tour de la présidentielle devrait en effet opposer les 16 et 17 juin le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, à un symbole du régime du dictateur déchu Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq. Dès le premier tour, Morsi et Chafiq sont apparus en franche opposition et leur confrontation au second tour pourrait gravement diviser le pays.

Les islamistes n’ont pas tort : Ahmad Chafiq est un homme de l’ancien régime. L’élire, c’est assurer le pouvoir de l’armée, et une Egypte qui restera plus ou moins comme elle était. Les islamistes peuvent dire : le changement c’est maintenant. Mais quel changement !

Dictateur traditionnel ou islamisme fasciste ?

Une certaine pensée veut que les pays arabes n’aient proposé ces trente dernières années que deux alternatives : un dictateur traditionnel, parfois plus ou moins pro-occidental, ou l’islamisme fasciste. Après la chute de Moubarak en Egypte, Alain Juppé alors ministre français des Affaires étrangères, s’était précipité en Egypte pour faire repentance et crier sur les toits que la France et les Occidentaux s’étaient trompés. Que le monde arabe avait autre chose à proposer que ce dilemme.

Les résultats en Egypte, le plus grand et le plus peuplé des pays arabo-musulmans, nous montrent qu’il aurait mieux fait, une fois de plus, de se taire.

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