Publié par Misha Uzan le 8 mai 2012

Bachar el Assad a l’art du paraître. Il l’illustre à nouveau avec des élections législatives en pleine guerre civile.

La Syrie de Bachar el Assad

Sous la pression depuis plus d’un an des Occidentaux, poussé par les Frères musulmans d’Egypte, ainsi que par les Salafistes qui, au parlement égyptien, promettent d’égorger les Alaouites, les Chiites et les Chrétiens, lâché par le groupe terroriste Hamas, menacé même d’intervention militaire par la Turquie, Bachar el Assad tient toujours. Au Moyen-Orient, les commentateurs ont prévu sa chute depuis des mois. Rien ne retiendra la vague islamiste sunnite au Proche-Orient et Bachar el Assad n’a pas été aussi direct que son père, qui avait tué plus de monde, plus vite, et presque sans protestation étrangère, dans les années 80, commentent-ils. Bachar el Assad n’est peut-être pas l’homme de la situation pensent beaucoup. Et pourtant, il apprend, et il tient toujours la Syrie.

Législatives en Syrie

Il la tient tant, qu’il a gagné une bataille à Homs, bastion de l’opposition, avant d’orienter ses chars vers Idlib.
Il la tient tant, qu’il a fait adopter une nouvelle constitution, dans la grande tradition des votes non démocratiques.
Il la tient tant, qu’il poursuit avec des élections législatives, organisées lundi 7 mai, et qui constituent même le premier scrutin multipartite depuis un demi-siècle.

Même dénoncé à l’ONU et en Occident comme une mascarade, Assad pose ses pions et convainc plus qu’on ne croit, en Syrie.

Pas de vision pour la Syrie

Et Assad tient pour plusieurs raisons.

A l’extérieur, car il bénéficie du soutien de la Russie, de la Chine et bien sûr de l’Iran (et de son petit frère le Hezbollah). A l’intérieur, car il passe non seulement pour le garant de l’ordre, mais aussi pour le protecteur des minorités alaouites, chiites et chrétiennes. Et, fondamentalement, car aucun plan sérieux n’existe pour l’après Assad. Tout comme aucun plan n’existe pour l’ensemble du monde arabe.

Ni doctrine, ni réflexion globale pour sortir de la menace arabo-sunnite islamiste d’un côté, et irano-chiite de l’autre. Si Assad tombe en Syrie, un camp gagne une bataille, mais les mêmes problèmes resteront.

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© Misha Uzan pour www.Dreuz.info et http://citizenkane.fr/

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