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Publié par Dan Levy le 5 juin 2012

Par Dan Levy

Depuis quelques années, des ONG, de grandes compagnies transnationales ou des médias importants sont devenus des acteurs de la scène des relations internationales.

C’est ainsi que Human Rights Watch, British Petroleum ou CNN ont acquis un statut à part entière dans l’analyse académique : des universitaires se sont même spécialisés dans certains de ces « domaines », devenant des « experts » d’Al Jazeera ou des spécialistes de l’implication d’ONG dans certaines régions du monde.

Ceci étant, moins nombreux sont les experts qui se sont intéressés au rôle des universités dans le champ des relations internationales. Illustrer l’importance de la place désormais jouée par ces établissements au niveau international est pourtant chose aisée :

La pensée économique libérale promue par Thatcher ou Reagan ne s’est-elle pas développée en grande partie grâce aux écrits des membres de l’Ecole de Vienne ? Le programme « Erasmus », mis en oeuvre par les universités européennes, ne participe-t-il pas à la tentative de dilution des identités nationales et à la construction d’une nouvelle identité supranationale ?

Les académies sont devenues des acteurs des relations internationales en ce sens qu’elles sont des « nids idéologiques » et qu’elles ont la capacité de façonner les esprits de demain.

Ce statut de « corps intermédiaires » et de « contre pouvoir » est d’autant plus naturel que les académies se positionnent entre les populations et leurs leaders, et qu’elles sont un réservoir supplémentaire d’idées alimentant le débat nécessaire à la vie démocratique.

En comparant les universités à d’autres corps intermédiaires, on note aussi que si les médias, syndicats, ONG ou organisations patronales sont traversés par des luttes de pouvoir nées d’ancrages idéologiques en opposition, tandis que les universités en sont, elles, presque totalement épargnées.

Il en ainsi aux Etats-Unis par exemple, où le monopole médiatique assuré par TIME magazine ou les chaînes CNN et CBS est questionné par le succès de la chaîne Fox News, marquée à droite.

En Israël également, les ONG dites « de défense des droits de l’homme » perdent de leur influence. Depuis que la très large majorité du pays a pris conscience du problème posé par ces groupes antisionistes (qui parfois taisent leur nom), ceux-ci se voient concurrencés et débordés sur leur propre terrain par de nouvelles ONG impartiales, mais aussi par NGO Monitor qui surveille leurs activités et dénonce sans ménagement leur parti pris.

En revanche, dans les universités à travers le monde et dans les facultés de sciences humaines tout particulièrement, des quasi-monopoles idéologiques se sont établis. En Europe, les départements de sciences sociales sont ainsi devenus des temples prêchant la parole anti-occidentale. Les relents post-modernistes se mêlent aux odeurs nauséabondes du marxisme et de l’alter mondialisme, enfermant ces institutions dans des postures réactionnaires, délirantes et ridicules.

Comme d’habitude, les premières victimes de ces excès idéologiques sont les juifs et, avec eux, tous ceux qui osent interroger cette stigmatisation excessive.

Mais le niveau d’antisémitisme sur les campus à travers le monde révèle aussi et surtout le malaise profond de ces institutions.

Le manque de pluralisme au sein des facultés, créé par un système de nomination des professeurs digne d’une administration soviétique, empêche toute voix dissidente ou simplement discordante de s’exprimer. Au final, c’est la simple remise en question des nouvelles « vérités révélées » qui est ainsi rendue inaudible.

De surcroît, l’absence de contrôle des cours par les autorités académiques permet à certains enseignants de détourner leurs contenus et de prendre les amphithéâtres pour des estrades de meetings politiques où les étudiants, réduits au rang de preneurs de notes silencieux, satisfont les besoins égotiques de soixante-huitards attardés et frustrés de Grand Soir.

Les conséquences de ces facultés noyées dans la doxa du politiquement correct et de l’irréalisme sont multiples.

Pour les étudiants d’abord, qui peinent à comprendre les institutions non académiques qui les entourent. Sortis de leurs almas mater, leurs préjugés sur le capitalisme, le multiculturalisme ou encore le « néo-libéralisme » biaisent leur appréciation de la société et rendent difficile leur intégration dans le monde du travail.

Pour le monde de la recherche ensuite, presque totalement absent, un fait non seulement reconnu (qui pourrait le nier?) mais aussi « justifié » par un manque de moyens financiers. Paradoxe piquant, lorsque les anticapitalistes mettent en place des institutions non efficientes, c’est encore la faute du capitalisme…

Pour les relations internationales enfin, où l’on déplore la multiplication d’ONG altermondialistes, les responsabilités accrues concédées à des agences douteuses des Nations Unies (l’UNRWA en est l’exemple axiomatique), la perte de souveraineté des Etats au bénéfice de bureaucraties supranationales en manque criant de légitimité démocratique, etc.

D’un point de vu analytique, il importe de comprendre que cette situation dans les départements de sciences sociales peut avoir des effets dévastateurs dans un avenir proche. Si les premiers pays à souffrir de ces maux sont européens, les Etats-Unis ou Israël n’en sont pas épargnés non plus.

Dans nombre de leurs facultés abandonnées, il est plus que temps que s’organise la résistance pour briser ces monopoles idéologiques…

Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous :
© Dan Levy, Diplômé en Sciences Politiques de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). MA en gouvernement, contre-terrorisme et sécurité intérieure, diplomatie et Stratégie, pour www.Dreuz.info

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