Publié par Misha Uzan le 15 juin 2012


L’Egypte a choisi les islamistes au Parlement. Aux présidentielles, il ne restait plus qu’Ahmad Chafik, le candidat de l’armée et de l’ancien régime, ou les islamistes. L’armée a choisi le coup d’Etat institutionnel.

L’Egypte ou le fascisme arabe

En Egypte, le candidat des Frères musulmans est donné gagnant, selon les sondages, avec 70% des votes. Presque autant que le score des islamistes aux législatives. L’Egypte semblait bien partie pour instaurer un nouvel Etat fasciste théologique à l’image de l’Arabie saoudite ou de l’Iran chiite mais avec, en prime, l’accord clair du peuple, qui a voté pour ce fascisme, raciste, islamique, celui des Frères musulmans et des Salafistes.

Mais c’était sans compter l’armée, qui a trop d’intérêts en jeu, et ne veut pas laisser l’Egypte devenir un Iran sunnite.

Coup d’Etat institutionnel en Egypte

C’est sans doute pourquoi elle a lancé un coup d’Etat institutionnel, à la veille du scrutin présidentiel prévu les 16 et 17 juin. Il a suffi d’un jugement de la Haute Cour constitutionnelle, jeudi 14 juin, pour dissoudre un Parlement élu cinq mois plus tôt, et supprimer, par ricochet, l’Assemblée constituante élue la veille par les parlementaires. Le pouvoir transférait ainsi des militaires au civil, ou plus exactement, aux religieux islamistes, et l’armée ne l’a pas permis.

L’Egypte sans constitution ni parlement

A la veille du scrutin, l’Egypte n’a donc ni Parlement ni Constitution.

Les plus hauts juges de l’Etat ont décidé que la loi électorale qui a permis d’élire le Parlement, et qui a été rédigée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le départ d’Hosni Moubarak le 11 février 2011, était anticonstitutionnelle.

En permettant aux partis politiques de présenter des candidats aux sièges réservés aux candidats individuels, cette loi violerait l’égalité des chances entre candidats indépendants et partis, qui concourent déjà au scrutin de liste. En conséquence, le Parlement a été déclaré illégitime, et les deux Chambres ont été dissoutes.

En organisant des élections présidentielles avant d’avoir voté une constitution, ce qui est tout à fait grotesque puisqu’on ne savait pas quels seraient les pouvoirs précis de ce président ; en accompagnant les élections de violences ; en votant pour les islamistes ; en subissant un nouveau coup d’Etat de l’armée, l’Egypte a démontré à quel point elle restait un pays archaïque, fascisant, raciste, et loin de constituer une démocratie.

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© Misha Uzan pour www.Dreuz.info et citizenkane.fr

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