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Publié par Michel Garroté le 10 août 2012

Nabila Ramdani dans « The Guardian » – Expression éloquente de la vanité et de l’incurie propres à la classe politique française, une statue en bronze de Carla Bruni, mannequin devenu première dame, est au cœur de la controverse. Installée le 31 juillet à Nogent-sur-Marne [elle sera inaugurée officiellement le 21 septembre], en banlieue parisienne, l’œuvre est puissante, non seulement par sa taille et son coût, fort coquet, mais aussi parce qu’elle dépeint l’héritière multimillionnaire en ouvrière. Carla, native de Turin, y est représentée en plumassière, une de ces femmes pour la plupart italiennes jadis exploitées dans les manufactures locales pour fabriquer de belles plumes pour les plus riches. Certains ont visiblement pensé qu’une ancienne reine de la mode forte d’une fortune facilement gagnée et de plusieurs luxueuses demeures à travers la France pouvait idéalement incarner ses compatriotes immigrées d’hier.

Jacques J. P. Martin, le maire de Nogent, est l’artisan de ce monumental scandale, dont l’idée lui est venue alors que le mari de Carla, Nicolas Sarkozy, était encore à la présidence de la France. Ce membre ambitieux de l’UMP entendait même faire payer au contribuable les quelque 80 000 euros qu’allait coûter la statue. Mais son calcul carriériste est finalement tombé à l’eau, d’abord avec la défaite de Sarkozy à la présidentielle de mai dernier, puis avec son implication dans diverses affaires de corruption. A peine avait-il perdu son immunité présidentielle que la police se rendait au domicile parisien des Bruni-Sarkozy, ainsi qu’à deux bureaux liés à l’homme politique déchu.

Le couple a disparu la veille de ces descentes de police et ne s’est pas manifesté pendant plus d’un mois. Selon certaines rumeurs, Carla et Nicolas auraient cherché refuge auprès d’amis milliardaires, notamment le roi du Maroc et un magnat canadien à qui Sarkozy avait décerné la Légion d’honneur. Cette volonté de discrétion [brisée par la déclaration de Nicolas Sarkozy le 8 août à propos de la Syrie] détonne incroyablement quand on se souvient du grand train que menait ce couple amoureux de l’exposition médiatique. Jets privés avec four à pain fabriqué sur mesure, factures de fleuristes dépassant les 750 euros par jour, photos en couverture de Vanity Fair et même CD lancé par la première dame, rockeuse autoproclamée, sont autant d’initiatives prises à la tête de l’Etat qui ont écœure les Français. Au point qu’ils ont fini par chasser Sarkozy au profit du gouvernement le plus à gauche que la France ait connu depuis des dizaines d’années.

Si le nouveau président, le socialiste François Hollande, dispose aujourd’hui d’une large majorité au Parlement français, c’est précisément à cause des fastes à la Marie-Antoinette de Carla et de son époux. Nicolas Sarkozy a beau nier tout méfait dans les trois principaux scandales de corruption et de vente d’armes dans lesquels il est impliqué, les preuves sans cesse plus nombreuses réunies par les juges en charge de ces enquêtes laissent penser qu’on s’achemine vers un procès au pénal, dans la même veine que celui qui, l’année dernière, a fait de Jacques Chirac le premier président de l’histoire de la France moderne à être condamné pour “détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d’intérêt”.

Les Français devraient-ils se vanter de cette statue de deux mètres à Nogent-sur-Marne ? Cette folie a finalement été payée par une société privée de spéculation immobilière, ce qui achève d’en faire le parfait symbole de l’ère Sarkozy, marquée par le règne de l’argent et de l’insensibilité. A cause des lois françaises sur la vie privée et de médias hexagonaux scandaleusement inefficaces et révérencieux, peu de choses ont été faites devant les démêlés de l’ancien chef de l’Etat avec la justice. Cette incarnation robuste et durable de ce que les Sarkozy représentent vraiment opère au fond un juste retour des choses : la Carla de bronze n’est peut-être du goût de personne, mais c’est sans doute précisément ce qui fait toute sa pertinence.

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