Publié par Gilles William Goldnadel le 14 septembre 2012

J’ai souvent écrit, au risque de choquer certains, que les rites de repentance observés aujourd’hui par les derniers présidents de la république concernant la responsabilité de la France à l’égard des juifs et de la Shoah m’inspiraient des sentiments mélangés.

Pareille démarche était, certes, salutaire après tant d’années d’occultation, mais le juif du réel plutôt que du virtuel que j’ai toujours voulu être, a souvent craint que cette reconnaissance de responsabilité pour le passé – et qui, avouons-le, ne concernait pas directement les repentants – ne vaille blanc-seing pour l’avenir.

Pour le dire plus trivialement encore, compassion pour les juifs morts, passivité voire hostilité pour les vivants.

Jacques Chirac, pour ne pas le nommer, aura sans doute été le précurseur de cette méthode de gouvernement : attentionné pour la communauté juive et son passé, résolument hostile quant à l’état Juif et son présent.

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S’agissant du nouveau président, je me suis publiquement félicité de ce que celui-ci ait tenu à déclarer dans son discours stigmatisant la France d’hier qu’il entendait lutter également contre toutes les formes d’antisémitisme d’aujourd’hui.

Malheureusement, et pour l’heure, ce discours reste toujours au stade virtuel des bonnes intentions.

Le nouveau pouvoir avait la possibilité de joindre les actes forts aux bonnes paroles en inscrivant le Hezbollah, parti terroriste, antisémite, dont les membres font le salut nazi, responsable de l’attentat sanglant contre siège de la communauté juive argentine, sur la liste européenne des organisations terroristes, à l’instar des États-Unis. Il n’en a rien été, et la France s’est tue.

Le prédécesseur de François Hollande avait pris des positions en flèche à l’encontre des projets atomiques du pouvoir négationniste iranien aux intentions génocidaires clairement affichées. Il reprochait implicitement aux États-Unis du Président Obama leur pusillanimité.

Le gouvernement libéral du Canada vient de rompre avec Téhéran, précisément en raison de ses funestes projets et de ses positions antisémites.

Pourtant, Ottawa, et pour cause, n’a pas à s’excuser pour ses errements passés.

Tant qu’à Paris, on n’adoptera pas une position identique qui devrait correspondre à la norme de tout pays libre et civilisé, on ne m’empêchera pas de craindre que tout le reste ne relève que de la posture à bon marché.

© Gilles William Goldnadel pour Actualité Juive n°1223 du 13/09/12

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