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Publié par Guy Millière le 15 octobre 2012

Pour la quasi-totalité des journalistes français, je n’existe pas ou je ne devrais pas exister.

Je regarde de temps à autres les chroniques présentant les livres consacrés à Obama qui paraissent en France, je ne suis pas surpris de ne pas y voir figurer mon livre Le désastre Obama. Pour la quasi-totalité des journalistes français, je n’existe pas ou je ne devrais pas exister.

Je pose un problème à ces braves gens : j’ai dit qui était Obama et ce qu’il allait faire à une époque où l’idolatrie envers Obama était unanime. Aujourd’hui que l’idole vacille sur son piédestal, les journalistes français s’interrogent, doutent, mais il leur reste beaucoup de pas à franchir pour regarder la réalité en face. Peut-être ne le feront-ils jamais.

Et je ne doute pas que pour l’immense majorité d’entre eux, je suis plus que jamais le diable.

Imaginez ! Je suis économiquement libéral, je défends les droits de l’homme sans adopter une posture à géométrie indéfiniment variable : je les défends, en somme, comme on pouvait les défendre quand Thomas Jefferson rédigeait la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Je suis proche du mouvement conservateur américain. Et en supplément, je défends Israël, et si j’étais israélien, je serais au Likoud, pas à Shalom Archav. Pour un peu, je dirais qu’il y a eu beaucoup de pétainistes en France au temps du régime de Vichy, qu’il n’y a jamais eu de printemps arabe, qu’il n’y a pas d’islam de France, de Belgique ou du Luxembourg, mais un islam divisé entre sunnisme et chiisme, et porteur d’autres ramifications, mais qu’il y a aujourd’hui la montée d’un islam radical planétarisé qui fabrique en France les Mohamed Merah et les Jeremie Louis-Sidney.

Je dirais même que tant qu’on ne regardera pas l’islam radical en face, comme un phénomène planétaire, tant qu’on fera la cour au Qatar ou qu’on ne voudra pas voir ce qui se joue en Libye, en Egypte ou en Syrie comme faisant partie d’un ensemble qui tisse ses méandres jusqu’en Europe, on fera fausse route. J’ajouterai que tant qu’on continuera à parler du conflit israélo-arabe comme on en parle présentement en France, il faudra être singulièrement myope pour s’étonner de la montée d’un antisémitisme islamique en France et du fait que celui-ci trouve des compagnons d’impasse de plus en plus nombreux dans la gauche et l’extrême gauche.

Il est consternant de voir des gens se prétendre spécialistes de l’islam et se tromper avec une telle constance (dois-je ajouter que l’expression « islamisme radical », qu’on entend partout, me semble ridicule : doit-on penser qu’il existe un islamisme modéré, pourquoi pas un islam radical radical et un islam radical modéré en ce cas ?).

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Il est consternant aussi de voir que nulle analyse géopolitique planétaire ne se trouve menée, alors que nous sommes dans une époque de mondialisation accélérée. Ainsi la réélection d’Hugo Chavez eau Venezuela ne concerne pas seulement le Venezuela puisqu’Hugo Chavez, tout en asservissant son pays et en le détruisant peu à peu maintient en vie le régime des frères Castro à Cuba, dissémine les idées de « révolution bolivarienne » dans le reste de l’Amérique latine et entretient des liens étroits avec le régime iranien et le régime Assad en Syrie, mais aussi avec la Russie poutinienne.

Il est consternant de voir l’absence d’analyse de l’évolution de l’Europe dans un cadre planétaire, prenant en compte toutes les données disponibles et se donnant les moyens de faire une lecture transversale, tout comme il est consternant de voir que les analyses qui se font de la finance et des causes de la crise enclenchée en 2008 sont, pour l’essentiel, aussi fiables que la lecture de l’avenir dans le marc de café opérée par madame Irma.

Quant à la lecture des élections américaines et de la situation économique, politique et sociale aux Etats-Unis aujourd’hui, vaut-il la peine d’en parler ?

L’homme qui a vu la lumière à Benghazi un an et demi avant qu’un ambassadeur des Etats-Unis y finisse assassiné par al Qaida, Bernard Henri Levy, continue à s’extasier sur son ami Barack.

Il est, hélas, encore possible que Barack Obama soit réélu.

Mais en dehors des bobos et de la jet set façon Bernard Henri Levy et en dehors de la sous-classe qui ne cesse de croître aux Etats-Unis et qui vit d’allocations et de « food stamps », il est difficile de voir qui peut vraiment se réjouir de cette perspective.

Les chiffres du chômage sont maquillés à coup de radiations des listes par centaines de milliers et grâce au gonflement des emplois à temps très partiel, qui indiquent une paupérisation de la population et une érosion de la classe moyenne. Et, comme j’ai eu l’occasion de le dire, les chiffres maquillés ne trompent pas ceux qui veulent encore vivre de leur travail et qui regardent autour d’eux. Parce que j’aime les Etats-Unis et le peuple américain, et parce que je ne prends pas de jet privé et de limousine pour me rendre à Beverly Hills, cette situation m’attriste profondément.

L’objectif d’Obama est de créer une Amérique où une majorité d’assistés passifs et paupérisés coexistera avec une élite où les amis, cronies, du parti démocrate vivront dans l’opulence tandis que les autres devront se résigner et se taire car ils seront durablement minoritaires.

La réalité géopolitique au Proche-Orient est accablante : l’Egypte devient peu à peu, selon l’expression de David P. Goldman, une « Corée du Nord sur le Nil », la guerre civile entre le régime Assad et des djihadistes sunnites s’éternise en Syrie. Le régime iranien est confronté à un effondrement de sa monnaie, mais n’est plus qu’à quelques mois de l’irréversibilité atomique. Israël est très isolé. L’Arabie Saoudite aussi. La Chine pose ses pions sur l’échiquier régional en compagnie de la Russie. Parce que j’aime la liberté et que je suis attaché à l’existence d’Israël, cette situation là aussi m’attriste profondément.

La grande presse américaine, comme la grande presse française ne parlera pas du maquillage des chiffres du chômage aux Etats-Unis (encore que le Wall Street Journal vienne de publier un article de Jack Welsh, ancien président de General Electric, très précis sur le sujet : online.wsj.com/article).

La grande presse américaine commence à devoir parler d’un dossier que j’ai déjà évoqué ici, le Benghazi Gate (qui devrait intéresser l’homme qui a vu la lumière à Benghazi, non ?) : l’administration Obama a menti pendant plus de quinze jours concernant l’assassinat de l’ambassadeur Stevens le 11 septembre.

L’administration Obama savait dès le 11 septembre au soir que c’était un acte terroriste d’al Qaida et a tenté de couvrir la réalité sous un océan de mensonges répétés à l’unisson par Obama lui-même, Jay Carney, Susan Rice, Hillary Clinton. La commission d’enquête du Congrès a commencé à siéger mercredi 10 octobre et fait comparaître tous les protagonistes. Le Département d’Etat a fait savoir que sa version des faits n’a jamais été celle venue de la Maison Blanche. Obama semble prêt, comme on dit aux Etats-Unis, à « pousser Hillary sous l’autobus » si cela lui permet d’échapper à un Watergate bis, et cela promet des jours intéressants, car je ne crois pas qu’Hillary va se laisser pousser sous les roues de l’autobus sans riposter (cf. pjmedia.com/obama-throw-hillary-under-the-bus). C’est parce que la commission d’enquête a commencé à siéger que la grande presse américaine parle du dossier. Si la nouvelle atteint la grande presse française, ce sera plus tard, sans aucun doute, quand il ne sera pas possible de faire autrement. J’en aurai parlé ici avant qui que ce soit d’autre. Mais il ne fait pas le dire.

Il ne fait pas dire non plus que si la Californie a été un Etat précurseur dans de nombreux domaines, elle est sans doute aujourd’hui annonciatrice de ce que seraient les Etats-Unis sous une administration Obama II, puisqu’elle est un Etat en faillite où on voit déjà à l’œuvre la division de la société américaine qu’Obama entend parachever.

Sur les côtes, dans la Bay Area de San Francisco, à San Diego, et dans une partie de Los Angeles, une population riche, voire très riche. Dans le reste de Los Angeles et à l’intérieur de l’Etat, une multiplicité de pauvres et d’assistés qui, bien sûr, votent massivement démocrate. La délinquance augmente car les prisons débordent et l’Etat n’a plus les moyens de garder les prisonniers. Les carburants coûtent cinq à six dollars le gallon, un dollar de plus que la moyenne nationale, les gens de la classe moyenne qui peuvent partir s’en vont, vers le Nevada, vers le Texas. L’Amérique sous Obama II pourrait ressembler à la Californie. J’aime beaucoup la Californie, et cette situation m’attriste profondément là encore. Un article sérieux sur le sujet devrait expliquer ce qui se passe en Californie aujourd’hui.

L’élection de Mitt Romney permettrait d’arrêter le glissement vers le pire. Je dirais même : seule l’élection de Mitt Romney permettrait d’arrêter le glissement.

Ceux qui ne le voient pas sont assez riches pour se moquer du fait que les pauvres crèvent ou croupissent dans la pauvreté, assez criminels pour souhaiter l’effondrement intérieur des Etats-Unis, et assez aveugles ou cyniques pour entériner l’avancée de l’islam radical partout ailleurs sur terre.

Et c’est moi, parce que je suis du côté de la liberté et de la prospérité et de ce qui permet leur existence dans la durée qui suis décrit comme le méchant. Dans quel monde vivons-nous ?

Nous le saurons bientôt. Si le débat de mardi soir tourne à l’avantage de Romney, ce sera fini pour Obama. Si c’est l’inverse (ce que je ne peux imaginer), le futur restera très incertain.

Si Romney est élu le 6 novembre, le redressement pourra commencer, sinon…

Reproduction autorisée, avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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