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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 25 octobre 2012
Abdullah, roi de Jordanie

La Jordanie risque d’être le prochain état arabe qui pourrait tomber sous la révolution populiste islamiste. Le roi Abdullah II, allié aux Etats Unis et à l’Occident, est menacé par les extrémistes Frères musulmans.

A l’occasion du 18e anniversaire de l’accord de paix avec Israël, signé en 1994, plus connu sous le nom de traité Wadi Araba, les Frères musulmans ont organisé une manifestation, en Jordanie, près de l’ambassade d’Israël.

Les islamistes brandissaient des pancartes disant : « pas d’ambassade sioniste sur le sol jordanien », et « la libération de la Palestine exige la résistance et le jihad », « Araba est une tâche sur le visage de la population », ainsi que « le peuple veut renverser Araba ».

Des discours dénonçant la décision de la Jordanie d’envoyer un ambassadeur en Israël, et toutes formes de normalisation avec Israël furent prononcés.

Une manifestation similaire a eu lieu vendredi dernier, à l’extérieur de l’ambassade, et des drapeaux israéliens et américains furent brûlés.

Des membres de la tribu du nouvel ambassadeur jordanien en Israël ont placé des drapeaux noirs de deuil sur le fronton de leurs maisons quand l’ambassadeur a été officiellement reçu par le président Peres.

La menace des islamistes jordaniens ne peut pas être minimisée. Associated Press annonçait cette semaine que les autorités jordaniennes ont réussi à déjouer les plans d’une attaque terroriste d’Al-Qaïda contre des centres commerciaux et les missions diplomatiques occidentales dans le pays, ce qui fait craindre que les extrémistes pourraient profiter des appels croissants de changement pour semer la terreur.

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Le roi a également manœuvré pour parer à toute une série de défis intérieurs, dont le boycott par les Frères musulmans des élections législatives, l’opposition croissante des bédouins, ses alliés traditionnels, et son incapacité à empêcher la guerre civile syrienne de déborder de son coté de la frontière.

Jusqu’à présent, Abdullah a largement conservé le contrôle du pays, en partie par l’abandon de certains de ses pouvoirs au Parlement, et en modifiant la constitution, vielle de 60 ans. Ses forces de sécurité, formées en Occident, ont également été en mesure de garder la main sur les protestations. Et la plupart des forces d’opposition restent fidèles au roi, en demandant des réformes mais pas sa destitution.

Les enjeux sont élevés : Abdullah est un ami proche des Etats-Unis, et a été à l’avant-garde dans la guerre contre le terrorisme, y compris en Afghanistan. La Jordanie sert de zone tampon à l’Arabie saoudite, un pays musulman sunnite, et à Israël, dont l’amitié fidèle et fiable irrite les islamistes qui n’ont pas trouvé d’argument pour dénoncer la paix, signée en 1994.

Par ailleurs, le royaume, établi par le mandat britannique sur 80% de la Palestine promise au peuple juif par la SDN, accueille la plus grande population palestinienne en dehors de la Judée et Samarie.

« Ce serait le pire cauchemar pour Israël et l’Arabie saoudite », a déclaré le député libéral Jamil Nimri. « La Jordanie partage la plus longue frontière avec Israël, et il est l’un de ses rares amis arabe, tandis que pour les Saoudiens, c’est un pays voisin avec un système de monarchie semblable, et en difficulté. »

Les demandes des islamistes égyptiens et jordaniens de rupture des accords de paix avec Israël en disent long sur les réelles intentions des islamistes de l’Autorité palestinienne, qui soutiennent qu’Israël bloque les efforts de paix.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

 

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