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Publié par Gilles William Goldnadel le 31 décembre 2012

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L’année 2012 a montré une alternance sur le web tandis que la dynamique de la blogosphère politique française est passée à droite, la gauche étant saisie par le trouble.

La blogosphère hexagonale montre une gauche française saisie par le trouble. Crédit Reuters

Le Monde décrit cette semaine une blogosphère hexagonale montrant une gauche française saisie par le trouble, tandis que la droite nationale s’épanouirait gaiement.

Nul doute que le journal en ligne dans lequel je me répands hebdomadairement, encore qu’heureusement éclectique, en soit le reflet emblématique.

On peut bien entendu se hasarder à quelques explications. Le fait que les médias audiovisuels et la plus grande partie de la presse de papier se chargent de diffuser la Vulgate postmoderniste insipide et obligatoire. Également, l’exercice gouvernemental calamiteux qui démontre dans la pratique l’inanité des théories radotées, confrontées à la réalité abhorrée.

La circonstance, enfin, qu’aussi lentement que sûrement, une grande partie de ceux qui se reconnaissent dans le désir désespéré de sauver leur État-nation démocratique contre sa destruction engagée, ont cessé, enfin, d’être « complexés ».

Encore que l’auteur de ces lignes ne se souvienne pas d’avoir été jamais complexé d’être ce qu’il est, dans sa complexité, sans honte ni vanité, il faut reconnaître que ceux qui osent désormais s’affranchir d’un surmoi imposé depuis quatre décennies et dont ils saisissent à présent toute l’imposture morale et intellectuelle, s’exposent encore aux risques sociaux ou professionnels de leur liberté retrouvée.

Dans des chroniques précédentes, j’ai rappelé les déboires de certains journalistes ou intellectuels (Zemmour, Ménard, Millet, Camus etc.) qui ont fait les frais d’une censure ecclésiastique d’autant plus vigilante qu’elle se sait désormais aux abois.

La question qui fâche le plus nos cerbères édentés, étant la question-mère, la cause identitaire.

À ce sujet, personne ne m’empêchera de considérer que dans l’actuelle descente aux enfers de l’impopularité, Jean-François Copé, nommé cette semaine première « tête à claques » de la classe politique, avant même Marine Le Pen, aura payé cher un pain au chocolat et une reconnaissance d’un racisme anti-blanc.

Bien entendu, on aura beau jeu de m’objecter un vaudeville électoral peu reluisant et un style personnel, mais je trouve l’argument un peu court lorsqu’on compare son sort à celui de son compétiteur tout aussi responsable de la tragi-comédie qu’a donné l’UMP.

Le destin provisoire que connaît aujourd’hui le député-maire de Meaux me rappelle bien davantage celui d’un Nicolas Sarkozy traité de nazi sous les lazzis, en suite de sa sortie au Karcher ou après certains débats sur l’identité nationale.

Je me permets d’insister, précisément dans ces colonnes ouvertes et éclairées, parce que même les esprits les plus clairvoyants sont les victimes collatérales des bombardements médiatiques massifs.

Copé, après avoir été donné perdant par des sondages orientés, aura été constamment moqué, du soir jusqu’au matin par ceux qui, précisément, ne veulent rien voir changer dans les règles qu’ils ont eux-mêmes fixées.

La partie en train de se jouer transcende, de loin, le sort de Jean-François Copé.

S’il était désavoué, et que se mettait en place dans son parti une sorte de consensus lâche et mou, à nouveau un Front National n’ayant toujours pas achevé sa mue redeviendrait commodément la tête à claques idéale pour voir la gauche française recommencer à terroriser les défenseurs du droit des Français à revendiquer sans complexe leur identité.

À voir le regain d’intérêt qu’inspire un Sarkozy revenu de la géhenne, cette partie n’est pas perdue.

À la seule condition que les spectateurs en comprennent les règles controuvées et qu’on ne désespère pas les bons acteurs de jouer des rôles populaires mais difficiles.

En réalité, j’ai toujours pensé que dans le Kulturkampf au couteau que je préconise depuis des années, il ne suffit pas d’être décomplexé, mais il convient encore et surtout de complexer les membres du clergé et de l’aristocratie de l’idéologie dominante.

C’est ce que cette dernière aura fait sans nuance, pitié ou décence depuis 1968 et c’est ce qui doit lui être désormais retourné.

Certes, sans son méchant esprit de système qui restera sa triste marque de fabrique.

C’est ainsi que l’on doit remarquer, sans s’en plaindre, que le personnel politique et médiatique d’essence libérale ne se sera pas acharné, faute de preuves nécessaires et convaincantes, sur l’actuel ministre socialiste des Finances. On peut imaginer, sans grande spéculation intellectuelle, le sort qui aurait été fait à un alter égo de droite ressemblant, par exemple, à Éric Woerth.

En revanche, il suffisait de moquer, comme j’ai essayé de le faire la semaine passée, la morgue de certains artistes mineurs conspuant Depardieu tout en profitant outrageusement de l’argent public pour illustrer l’imposture morale et intellectuelle de la bien-pensance à la française.

La décision du Conseil Constitutionnel n’aura fait que porter une estocade juridique, moralement superflue, à une mesure fiscale dont, précisément, tout l’intérêt pervers était d’être économiquement inutile donc électoralement payante.

Moquer cette semaine l’idéologie encore dominante et ses tenants, c’est, par exemple, constater que ceux qui, il y a si peu de temps, conspuaient l’ancien président lorsqu’il prenait des initiatives législatives, en matière de sécurité, « sous la dictature de l’émotion » de circonstances dramatiques, n’ont pas eu ce scrupule lorsqu’ils comprenaient le désir de Barack Obama de modifier incontinent la législation en matière de détention d’armes à feu, au lendemain d’une tuerie.

J’avais moi-même souligné cette contradiction inhérente à la bien-pensance indignée au lendemain de Fukushima et des pressions exercées immédiatement avec succès par les Verts sur leurs alliés socialistes pour obtenir l’éradication de l’industrie nucléaire française.

Aujourd’hui, alors que les Japonais reviennent progressivement sur leur décision de renoncer au nucléaire, la gauche française est toujours arc-boutée théologiquement sur une théorie médiéviste qui, en diabolisant l’atome comme le schiste, revient à laisser le pays dans la dépendance énergétique absolue de l’étranger.

Bien entendu, tout esprit qui verrait derrière cette croyance imposée la trace de quelque lobby pétrolier sera taxé de conspirationniste, le seul lobby qui soit identifiable moralement étant, par essence, celui du nucléaire.

En politique étrangère, c’est sans aucun complexe, que la gauche intellectuelle et médiatique – je veux parler du Monde – commence à prendre ses distances avec Mohamed Morsi et ses frères musulmans égyptiens. Je rappelle à mes lecteurs qu’il y a encore quelques semaines je moquais gentiment le vespéral pour avoir loué la modération et l’habileté du président égyptien. Quelques jours plus tard, et toujours, dans l’aimable gausserie, je brocardai son correspondant local pour, citant complaisamment l’universitaire Jean-Pierre Filliu, avoir présenté celui-ci en ami de l’Occident. Il n’empêche, encore à présent, le quotidien qui se voudrait toujours de référence continue de traiter le rais islamiste avec des précautions qu’il ne prendrait ni avec Victor Orban ni avec Silvio Berlusconi.

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Pour hâter ses réflexions déchirantes, je lui rappelle cette information publiée dans la presse anglo-saxonne et qui, étrangement, n’a pas été rapportée par lui.

Il s’agit du discours d’un guide spirituel des frères musulmans en Égypte, Nabi Mansour qui vient d’être classé au hit-parade numéro un de la liste annuelle du centre Simon Wiesenthal : morceaux choisis d’un de ses discours traduits par le Middle East Media Institute Research  (Memri) : « les juifs ont dominé la terre, ont répandu la corruption, versé le sang des croyants et leurs actions ont profané les lieux saints… » Le même homme a prononcé en octobre une allocution télévisée à la mosquée Tenaim en présence du président égyptien : extraits de la prière : « O Allah, détruit les juifs et leurs supporters, disperse les et démontre ton pouvoir ! ». À la fin du saint prêche, on voit distinctement Mohamed Morsi approuver la prière d’un très pieux « Amen ! ».

Évidemment, le mécréant qui signe aura beau moquer la cécité intellectuelle de cette presse de gauche si antiraciste, il faudra encore bien des prêches, bien des coptes assassinés, bien des homosexuels retranchés, bien des femmes voilées et violées pour espérer la faire douter.

Raisons de plus pour y aller sans complexe.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles William Goldnadel. L’article original peut être consulté sur le Blognadel

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