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Publié par Michel Garroté le 26 janvier 2013

GIGN-1

Michel Garroté, réd en chef – Le général français Thierry Orosco, patron du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN), a analysé, dans une interview avec Jean Guisnel pour l’hebdomadaire parisien Le Point, la prise d’otages en Algérie (extraits adaptés ; cf. lien vers source en bas de page).

Le Point : Quel regard portez-vous sur la prise d’otages d’In Amenas ?

Général Thierry Orosco : La manœuvre a été conduite en fonction de choix politiques qu’il ne m’appartient pas de commenter. Deux points ont été clairs dès le départ : les autorités (algériennes) seraient très fermes sur la protection de leurs ressources naturelles et leur attitude ne serait pas modifiée par la présence d’otages étrangers.

Les conditions de cette prise d’otages étaient très particulières, avec de très nombreux otages et ravisseurs. Quelles observations en tirez-vous ?

Cette Prise d’Otages Massive (POM) a confirmé toutes nos analyses, qui avaient amené le GIGN à se restructurer profondément en 2007 pour faire face à ce type de menaces. Nous avions déjà vu, lors des prises d’otages du théâtre de la Doubrovka à Moscou en 2002, de l’école de Beslan en Ossétie du Nord en 2004 et lors des attaques de Bombay en 2008, que les terroristes arrivent en grand nombre, sont puissamment armés et disposent des pièges pour ralentir la progression des forces d’intervention et éliminer des otages. À la Doubrovka et à Beslan, les preneurs d’otages s’étaient retranchés et les Russes ont pu s’approcher. À Bombay, les terroristes avaient établi des plans de défense avec des feux battant des espaces importants pour faire des dégâts sur la police avant l’assaut. En Algérie, les forces spéciales ont aussi dû reconquérir un glacis avant d’atteindre les otages qui avaient été piégés. Dans cette phase, les blindés sont indispensables (Note de Michel Garroté – J’ai récemment publié sur dreuz.info le point de vue d’un général israélien expert en la matière qui a qualifié l’intervention algérienne de chaos et de massacre. Du reste, si Israël avait opéré comme l’a fait l’Algérie, les journalistes et analystes français auraient hurlé au massacre et condamné sans appel l’Etat hébreu. Il se trouve qu’en matière de Prise d’Otages Massive, ce sont les Israéliens et les Allemands qui, depuis les années 1970 déjà, ont la meilleure expertise, notamment depuis les opérations sur Entebbe par Israël et sur Mogadiscio par l’Allemagne. Le GIGN entame une mutation progressive depuis 2007 seulement. Et certaines des remarques faites ici par son patron, le général Thierry Orosco, montrent que cette mutation progressive est encore inachevée).

Avez-vous mis au point des méthodes nouvelles pour faire face à ces défis ?

Nous avons développé des techniques de dépiégeage d’assaut. Il s’agit d’accompagner l’assaut (par les unités chargées de libérer les otages) avec des spécialistes capables de faire contourner un piège ou de le neutraliser en urgence afin de ne pas ralentir la progression de la colonne d’assaut.

Quelles autres leçons avez-vous tirées, à ce stade ?

Nous voyons la confirmation de l’importance qu’il faut apporter à la gestion du temps. Le temps opérationnel est le même pour les terroristes et les forces de sécurité. Mais pour les premiers, il s’agit d’occuper les médias le plus longtemps possible, de profiter de l’impact mondial de l’opération. D’autant plus qu’ils savent leurs revendications impossibles à satisfaire. Et pour les seconds, il faut du temps, pour recueillir du renseignement, pour faciliter la montée en puissance des forces, faire venir des renforts et pour construire une manœuvre plus élaborée.

Selon les particularités de tels événements quelles sont pour vous les options possibles ?

Nous en avons trois. 1- La première, c’est l’opération longue que nous avons le temps de préparer, avec les personnels nécessaires. Il s’agit de jouer sur les diversions, la discrétion, la fulgurance, pour prendre l’ascendant sur l’adversaire. 2- Si le temps nous est compté, par exemple si les preneurs d’otages font des victimes, il faut monter un plan d’assaut d’urgence, éventuellement en mode dégradé, avec des moyens minimaux. 3- La troisième option, c’est le plan d’assaut immédiat. Le temps est alors rétréci et on envoie des opérationnels en les faisant intervenir dès qu’ils arrivent sur place sans aucune préparation (fin des extraits adaptés ; cf. ci-dessous, lien vers source).

Reproduction autorisée

Avec mention www.dreuz.info

Et source :

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/exclusif-chef-du-gign-la-prise-d-otages-massive-d-in-amenas-a-confirme-toutes-nos-analyses-26-01-2013-1620480_53.php

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