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Publié par Guy Millière le 15 février 2013

Europe's-Muslim-nightmare

Voici une décennie encore, dans tous les pays européens, l’Europe était présentée comme un modèle incarnant l’avenir, fait d’économies sociales intégrées harmonieusement les unes aux autres. Les États-Unis, eux, étaient décrits comme une « hyperpuissance » arrogante et impérialiste. On brûlait George Walker Bush en effigie dans les rues de Paris, Londres ou Berlin.

Les européens devraient être contents : les Etats-Unis ne sont plus arrogants

Aujourd’hui, les Européens devraient être contents : ils ont à la Maison Blanche un Président des États-Unis qui s’efforce de suivre le modèle européen en matière d’économie sociale et d’introduire le socialisme en Amérique, et il a encore quatre ans pour continuer son oeuvre. Les Européens devraient être plus contents encore : les États- Unis, grâce à ce Président, ne sont plus du tout arrogants, pas du tout impérialistes, et ils ne seront bientôt même plus une super-puissance.

Pourtant, les Européens ne sont pas contents. Pas contents du tout. Quand la machine économique américaine tournait à plein rendement, ce qui était encore le cas dans les années Bush, quand l’économie américaine avait un rythme de croissance situé alentour de 3,5 ou 4 %, les économies européennes bénéficiaient des retombées et des effets induits de la croissance américaine – ce qui est logique dans un monde où les économies sont intégrées.

Les Européens découvrent que la pax americana avait du bon

Aujourd’hui que l’économie américaine peine à se situer au-dessus de la croissance zéro, son asthénie a des effets délétères sur les économies européennes, qui sont déjà, pour la plupart, à bout de souffle. Et l’idée qu’Obama entend en rajouter en termes de mesures asphyxiantes ne réjouit personne chez les décideurs européens. Quand les États-Unis étaient les gardiens de l’ordre du monde établi après 1945, les Européens bénéficiaient de la pax americana, pouvaient baisser leurs dépenses militaires pour consacrer l’argent à la redistribution, se disaient qu’en cas de problème, le parapluie de la défense américaine était au-dessus d’eux et que, si un désordre majeur survenait, les États-Unis veilleraient, quitte à se faire insulter.

Aujourd’hui qu’Obama coupe, autant qu’il le peut, les budgets militaires, procède à un retrait des États-Unis sur toute la surface du monde, dit que les États-Unis laisseront leurs anciens alliés se débrouiller graduellement tout seuls, les Européens découvrent que, finalement, la pax americana avait du bon.

Ils découvrent que leurs budgets militaires sont insuffisants, que leurs armées ne sont plus vraiment des armées, que, face à un problème (et ils ont un problème au Sahel), ils ne peuvent compter essentiellement que sur eux-mêmes, que leurs caisses étant vides, ils ne peuvent pas recréer d’un seul coup une défense qu’ils n’ont plus tout à fait.

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Et voir qu’Obama entend continuer sur sa lancée suscite des inquiétudes chez les décideurs européens.

Les Européens ne diront pas, bien sûr, qu’ils ont la nostalgie du bon temps où ils pouvaient critiquer l’économie américaine tout en en bénéficiant, et où ils pouvaient se reposer sur la défense américaine tout en insultant régulièrement ceux qui la faisaient exister.

S’effondrer plutôt que de reconnaître ce qu’ils doivent aux États-Unis

Les dirigeants européens ont, en général, une telle détestation et une telle rancoeur vis-à-vis des États-Unis qu’ils préféreront s’effondrer lamentablement plutôt que de reconnaître qu’ils ont dû énormément aux États-Unis et qu’ils choisiraient délibérément d’agoniser dans la souffrance si cela leur permettait de se dire que les États-Unis agonisent aussi.

Mais, au tréfonds d’eux-mêmes, je pense qu’il doit leur arriver de songer que oui, tout de même, c’était le bon temps, quand les États-Unis étaient le pays du « capitalisme sauvage » et de l’« hyperpuissance ». J’attends, en tout cas, les prochains épisodes avec impatience.

J’ai écrit un livre appelé « Le désastre Obama ». On peut dire que le désastre Obama ne fait que commencer, et que le livre est plus que jamais d’actualité. L’économie américaine replonge vers les abysses de la récession.

Le Sahel n’est qu’un avant goût

Ce qui se passe au Sahel n’est qu’un avant-goût, un fragment de l’arc de crise qui se dessine sur la surface du globe, du Pakistan à la Mauritanie, en passant par la Syrie et l’Égypte. La suite est pour bientôt.

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