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Publié par Michel Garroté le 19 février 2013

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Centaines de milliers de textes réglementaires et millions de fonctionnaires

Michel Garroté, réd en chef –- Je continue de penser que ni Pétain, ni De Gaulle, ni leurs successeurs, n’étaient réellement, sérieusement, concrètement, des défenseurs de l’économie libre de marché. Et je continue de penser que Pétain, De Gaulle et leurs successeurs avaient – et ont encore – une vision étatiste de l’économie.

Certes, il y a, en France, un débat sur la différence entre l’étatisme et le libéralisme. Mais ce débat aboutit toujours à condamner l’économie libre de marché et à augmenter les dépenses de l’Etat. Le débat tourne en rond et le vainqueur c’est l’Etat. Quelques chiffres récents en témoignent.

L’action – et l’inaction – des élus locaux, rien que des élus locaux, sont conditionnées par 400’000 textes réglementaires. Des textes réglementaires qui s’appliquent notamment – on se demande bien pourquoi – aux entreprises travaillant avec les collectivités locales. Ces textes réglementaires ne font que croître (il y a au moins cette croissance-là en France par ailleurs décroissante).

Le classement 2012-2013 du World Economic Forum place la France au 126e rang sur 144 pays en matière de complexité administrative. Concrètement, cela signifie qu’en termes d’économie libre de marché, la France côtoie les Républiques bananières à économie dirigiste corrompue.

Dominique Maillard, président du directoire de RTE, la filiale d’EDF responsable du réseau de transport de l’électricité, constate qu’il faut six ans et demi ans en moyenne de procédures en France avant de pouvoir débuter la construction d’une ligne à haute tension ; contre trois ans en Autriche et deux ans et demi au Danemark.

Le salaire moyen des fonctionnaires (non pas des députés, mais bien des fonctionnaires) de l’Assemblée nationale est de 7’800 euros mensuels. Les plus hauts salaires se montent à 17’500 euros par mois, et, même, 20’000 euros par mois. Pour des fonctionnaires.

On me dit que tout récemment, Marine Le Pen – qui en la matière se prétend différente de « l’UMPS » – était interviewée par des journalistes. Elle a déclaré : « Nous n’avons jamais été pour des privatisations massives, c’est n’importe quoi. Nous sommes pour un Etat stratège ».

Le Front National est étatiste depuis 1992, et, encore plus étatiste, depuis l’arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti. Dans les années 1980, Jean-Marie Le Pen se déclarait – ouvertement – proche de Ronald Reagan, en clair, favorable à une économie libre de marché affranchie de la tutelle exorbitante de l’Etat.

Opposé à l’Etat pléthorique et impuissant, Jean-Marie Le Pen, dans les années 1980, proposait la fin des monopoles de La Poste et d’EDF, un préalable à d’éventuelles privatisations. Dès 1992, le Front National devint étatiste, notamment en raison des innombrables ex-communistes devenus membres du FN.

Puis, en 2007, le programme du Front National pour la présidentielle soutint à nouveau les privatisations, avec distribution de 60% des actions des entreprises publiques devenues privées, aux familles françaises et aux contribuables.

Mais dès son arrivée à la présidence du Front National en 2011, Marine Le Pen a redonné au parti une vision économique étatiste et protectionniste.

Et pendant la campagne présidentielle de 2012, Marine Le Pen a dénoncé la logique de « privatisation et de libéralisation engagée depuis une vingtaine d’années » et elle a ainsi condamné, en bloc – sans aucune maîtrise de l’économie réelle – les délocalisations, les marchés financiers et la mondialisation ; une vision dogmatique proche de celles du Parti socialiste et des partis d’extrême-gauche.

Quant à la gérontocratie de l’UMP, elle est co-responsable de la situation économique actuelle, y compris co-responsable des chiffres mentionnés plus haut. Le candidat Sarkozy, celui de 2007, avait donné la fausse impression qu’il mettrait fin au gigantesque – et ruineux – appareil de l’Etat.

Mais comme il en était lui-même un produit typique, et ce, depuis plus de trente ans, Sarkozy ne changea rien – une fois élu – à ce qui avait urgemment besoin d’être, enfin, changé.

Et l’ambiance – piteuse et pitoyable – qui règne actuellement au sein de l’UMP, cette ambiance demeure à des années-lumière des préoccupations réelles de Français, qui eux, ne demandent qu’une chose : moins d’impôts ; moins de charges ; moins de taxes.

Avec des centaines de milliers de textes réglementaires et des millions de fonctionnaires, la Cinquième République n’est pas disposée à changer ses habitudes dynastiques. Et le plus surprenant, c’est qu’il n’y ait toujours pas de Français par millions dans les rues pour exiger moins d’Etat.

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