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Publié par Alexandre Del Valle le 25 février 2013

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Ayant pourtant quitté le pouvoir sous les huées en 2011, Silvio Berlusconi livre son dernier round électoral. Un énième pari pour cet habitué des renaissances politiques.

Renaissant toujours de ses cendres, un an seulement après avoir été conspué dans le monde entier et même abandonné par ses alliés de la Ligue Nord – Silvio Berlusconi a livré son dernier match dans ces élections législatives anticipées, qu’il a provoquées, en décembre dernier, lorsque son parti, le PDL, a retiré sa confiance au gouvernement de Mario Monti. En effet, après avoir soutenu toutes les réformes (impopulaires) du gouvernement Monti, qu’il avait mis de facto au pouvoir, fin 2011, en remettant sa démission puis en soutenant le “Professore”, le PDL a opéré un virage à 180 degré en adoptant, fin 2012, une ligne démago-populiste extrêmement offensive envers Monti, destinée à récupérer tous les mécontents de l’austérité. Fort d’une « hypermédiatisation permise par son quasi-monopole des TV privées, le « Cavaliere » accuse depuis des mois Monti de ne « rien comprendre à l’économie ». Berlusconi en a même profité, samedi dernier pour régler ses comptes avec les Eurocrates et la « Caste des Juges », qui l’ont inculpé : «chez nous, la magistrature est une mafia plus dangereuse que la mafia sicilienne, a-t-il dit (…). En Europe, on a inventé l’histoire du bunga bunga pour m’attaquer, mais c’est une mystification et une diffamation, car sur les 150 000 écoutes téléphoniques, on n’a rien trouvé ». Agé de 77 ans, toujours armé de son sourire et de son visage lifté, le Cavaliere est pour la sixième fois (en 19 ans) le chef de la coalition de droite. Celui qui détient le record de longévité en tant que Président du conseil a une fois de plus ressuscité la fragile coalition de « Centrodestra », négociant l’énième alliance avec la Ligue du Nord – embarrassée par ses frasques judiciaires – en promettant qu’en cas de victoire, il se « contenterait du poste de ministre des Finances ». Résultat, alors qu’en janvier, le Centre-gauche de Pier Luigi Bersani avait un avantage de 11 points sur la droite, les plus récents sondages (de SkyTg24) montrent que la distance entre les deux pôles est inférieure à 5%…

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En 13 mois d’exercice du pouvoir, le gouvernement Monti a, certes, redoré le blason de l’Italie au niveau international, et les réformes du travail et de la retraite ont été saluées par les milieux d’affaires. Mais le pouvoir d’achat des Italiens a été considérablement réduit et le chômage n’a cessé de monter. Surtout, Mario Monti – qui n’a jamais été élu – manque cruellement de légitimité au niveau national, les Italiens estimant avoir été appauvris par des hausses d’impôts et une austérité insupportables. Incapable de communiquer, « Il Professore » est la cible des démagogues qui accusent le «gouvernement occulte de la finance internationale » d’être la source de tous les maux. Cette théorie conspirationniste est de plus en plus populaire outre-Alpes, et elle fait le lit du mouvement « anti-Caste » du comédien génois Beppe Grillo, héros du populisme « antipolitique » ; de l’extrême-gauche rouge-verte; et même de la coalition berlusconienne, adepte de cette faculté toute italienne à se métamorphoser, que l’on appelle le « trasformismo ».

Trois grandes coalitions et une myriade de partis politiques s’affrontent :

· Le Centre-Gauche, dirigé par le chef du Parti démocrate (PD), Pier Luigi Bersani, favori (crédité de 30 à 35%), allié aux partis Gauche Ecologie et Liberté, de Nichi Vendola, et Droits et Liberté;

· Le Centre (9-14%), composé du parti Choix Civique, du Premier Ministre sortant Mario Monti, de l’Union du Centre, de Ferdinando Casini (UDC), et du parti Futur et Liberté, de l’ex-fasciste Gian Franco Fini, le tout soutenu par le président de la Confindustria (confédération patronale) Luca Cordero di Montezemolo ;

· Le Centre-Droit de Berlusconi, crédité de 27 à 32%), composé du PDL, de la Ligue Nord (présidée par l’ex-Ministre de l’intérieur Roberto Maroni), du parti Fratelli d’Italia (ex-membres d’Alliance Nationale, ancien parti de Gianfranco Fini, ralliés à Berlusconi), de La Destra (de Francesco Storace), et du MIR (de l’entrepreneur Samorì).

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alexandre del Valle.

L’article original peut être consulté ici

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