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Publié par Guy Millière le 27 février 2013

Jonathan-Pollard

Cela fait vingt huit ans que Jonathan Pollard est emprisonné aux Etats-Unis.

Il a, certes, commis un crime en transmettant des documents secrets américains à Israël. Ce crime, cela dit, relève de l’espionnage, mais pas de la trahison, dès lors que la trahison n’existe pas entre alliés.

Des gens accusés et condamnés pour espionnage ET pour trahison ont, par ailleurs, souvent été libérés, ou échangés avec des pays ennemis, par les Etats-Unis tout au long du vingtième siècle, et ont dès lors passé moins de temps en prison que Jonathan Pollard.

Des demandes de voir Jonathan Pollard libéré ont été formulées par des gouvernements israéliens sous plusieurs Présidents : aucun n’a bougé.

Des dirigeants politiques américains ont plusieurs fois dit qu’un geste en faveur de Jonathan Pollard était « impossible » au vu de la « gravité » des faits qui lui sont reprochés : ces paroles n’ont cessé d’être sans fondement. Elles ont moins de fondements encore depuis le mois de décembre dernier au cours duquel des documents de la CIA concernant l’enquête et les interrogatoires de Jonathan Pollard ont été divulgués : ces documents montrent que l’importance des documents transmis par Jonathan Pollard est bien moindre que ce qui a été dit pendant des années, ils montrent que la transmission de ces documents n’a jamais mis en danger la sécurité et la défense des Etats-Unis, et ils montrent enfin que, contrairement à ce qui a été affirmé à plusieurs reprises, Jonathan Pollard a pleinement coopéré avec les autorités américaines après son arrestation.

Le maintien de Jonathan Pollard en détention apparaît en ces conditions comme un châtiment cruel, inhabituel et arbitraire, donc comme un châtiment violant les principes mêmes sur lesquels les Etats-Unis sont fondés. Comme l’a écrit son épouse dans le Jerusalem Post voici quelques jours, ce n’est pas sous Barack Obama que Jonathan Pollard a été arrêté et condamné, mais c’est sous Barack Obama que les documents dont je viens de parler ont été mis au jour. Cela devrait donc être à lui, en fonction d’éléments nouveaux, de prendre une décision.

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Attendre du Président des Etats-Unis le plus hostile à Israël depuis la (re)naissance d’Israël un geste de grâce, de clémence et de générosité est sans doute attendre beaucoup trop. Néanmoins, puisqu’Obama se présente comme l’ « ami » d’Israël, il serait très judicieux de le prendre au mot : un ami d’Israël, et j’écris le mot sans guillemets cette fois, ferait le nécessaire. Un « ami » d’Israël se comporterait de manière hypocrite, et c’est, je pense, ce que fera Obama, qui est un spécialiste en matière d’hypocrisie.

L’exigence de voir Jonathan Pollard libéré, pour autant, ne doit pas cesser de monter. Et on doit souligner que de nombreux dirigeants américains aujourd’hui demandent eux-mêmes la libération de Jonathan Pollard : parmi eux John McCain, candidat républicain à la présidence en 2008, Mitt Romney, candidat républicain à la présidence en 2012, Henry Kissinger, et James Woolsey, ancien directeur de la CIA.

Une hypothèse, plusieurs fois avancée, est que la non libération de Jonathan Pollard vient de la volonté des Etats-Unis de ne pas fâcher leurs alliés arabes, et si l’hypothèse est fondée, elle est plus fondée encore aujourd’hui, puisque Barack Obama est le Président le plus islamophile à être entré à la Maison Blanche. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas exiger ce qui doit l’être, non.

Tous les partis politiques israéliens ont, récemment, fait de la libération de Jonathan Pollard leur priorité. Je ne doute pas que Binyamin Netanyahou aura à cœur de rappeler le cas de Jonathan Pollard à Obama lorsque celui-ci se rendra en Israël au mois de mars.

J’aimerais penser que les institutions juives américaines finiront par prendre elles-mêmes la défense de Jonathan Pollard, mais je suis loin d’être sûr qu’elles le feront davantage aujourd’hui qu’elles l’ont fait hier. J’espère que Binyamin Netanyahou leur reparlera de Jonathan Pollard et leur en reparlera encore, jusqu’à ce qu’elles se conduisent de manière digne.

Je doute de l’efficacité des pétitions en ligne et des appels lancés depuis Israël ou depuis l’Europe. Mais pétitions et appels doivent exister, et les signer est un impératif moral. Cela pourrait se révéler utile, qui sait, si les nombres sont assez imposants.

Jonathan Pollard a commis un crime. Il a très largement payé. Il est très largement temps qu’il retrouve la liberté.

Après une aussi longue incarcération, sa santé s’est fragilisée : il n’a pu se rendre aux funérailles de son père. S’il devait tomber gravement malade ou mourir en prison, cela pèserait de manière indélébile sur la trace que le Président sous qui cela se produirait laisserait dans l’histoire. Obama n’en est pas à cela près, je le crains, mais tout de même !

Ceux qui veulent signer en faveur de la libération de Jonathan Pollard peuvent le faire en allant sur jonathanpollard.org. C’est un petit geste. C’est un geste noble, digne et indispensable.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

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