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Publié par Bat Ye’or le 6 mars 2013

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Invitée à participer à Londres à un forum sur l’antisémitisme (2 décembre 2012), j’en profitais pour faire un saut au British Museum, ce temple de la mémoire que nous visitions très fréquemment mon mari et moi, alors étudiants à l’Institut d’Archéologie. Mais ce jour-ci cette visite solitaire représentait un pèlerinage.

Dès l’entrée principale les sculptures monumentales de l’Assyrie et de l’Egypte antique nous accueillaient. Là se trouvaient les bas-reliefs au réalisme saisissant du palais à Ninive de Sennachérib, roi d’Assyrie (705-681 avant J.-C.). Ils racontaient, saisis dans la pierre, le récit biblique du siège de Lakich en Judée, environ 701 av. J.-C. On y voyait des personnages combattant du haut des murailles, d’autres fuyant la forteresse par des portes dérobées, ou prisonniers aux poings liés, emmenés en cohortes hommes, femmes, enfants. Réduits en esclavage, les Hébreux marchaient vers la lointaine Assyrie où les rejoindraient, un siècle plus tard, les Judéens déportés en esclavage par le roi Nabuchodonosor. Sur les rives de Babylone, ils pleureraient en évoquant la beauté de Jérusalem et de Sion. Trois mille ans plus tard, leurs lamentations répétées de générations en générations dans l’écho de l’histoire, inspireront le génial Verdi. Dans son opéra Nabuccho, il ressuscitera leurs chants dans sa magnifique ode à la liberté: le chant des Hébreux.

A quelques pas plus loin se dresse l’obélisque noir de Salmanasar III (859-824 av. J.-C.). On y voit défiler sur cinq niveaux des personnages apportant des tributs des rois vassaux. Une ligne surmontant chaque tableau les identifie. Sur le second registre, un personnage porte les offrandes du roi Jéhu d’Israël (841-814 av. J.-C.) au roi d’Assyrie. Comme nous informe dans son livre T. C. Mitchell, ancien conservateur des Antiquités de l’Asie Orientale du British Museum, ce musée recèle de nombreux témoignages de l’histoire biblique.

Pourquoi vous raconter toute cette histoire ?

C’est que la Palestine a passé par là et sur ses talons les censeurs et les sbires de l’Union européenne. Ainsi sur toutes les notices relatives aux objets mentionnant l’histoire des royaumes de Judée et d’Israël, le mot Palestine est invoqué. Même au troisième millénaire avant J.-C. (!) alors que ce nom ne leur fut donné qu’en 135 après J.-C. par l’empereur romain Hadrien quand il les incorpora entièrement dans l’Empire.

Les royaumes de Judée ne figurent sur aucune carte!

L’anachronisme est encore plus hilarant dans le livre de Mitchell : The Bible in the British Museum. Interpreting the Evidence. Il s’agit en effet d’une interprétation au goût du jour, car dans ce livre aucune carte de l’Orient ancien ne mentionne la Judée. Par contre une petite carte se référant au deuxième millénaire avant Jésus Christ et représentant un territoire sur les deux rives du Jourdain est intitulée Palestine (p. 18). C’est le seul anachronisme car tous les autres pays sont désignés par les noms d’époque, même les empires d’Assyrie et de Babylonie qui cessèrent d’exister au sixième siècle av. J.-C., même la Phénicie ancêtre du Liban. Il est vrai que trois pages sont consacrées à la chronologie des royaumes de Judée et d’Israël s’échelonnant sur environ mille ans avant J.-C. à 66 après, mais ces royaumes ne figurent sur aucune carte! Comme c’est étrange: des royaumes sans territoires! Le mot Palestine les remplace et curieusement—pour les naïfs s’entend—cette même carte indique les royaumes d’Edom, Moab, et Ammon et non la Jordanie créée sur ces lieux en 1922 de notre ère par l’Angleterre.

Le nom anachronique Palestine mentionné à plusieurs reprises

L’auteur fournie des explications fort savantes, archéologiques et historiques, sur les nombreux objets et textes se référant à l’histoire du peuple d’Israël et confirmant le récit biblique. Curieusement, dans toutes ces descriptions le nom anachronique Palestine y est mentionné à plusieurs reprises. Et ceci me rappelle la conférence de Steven Baum donnée au forum sur l’Antisémitisme. Baum nous disait que ses articles furent refusés par différentes études spécialisées au prétexte qu’il fallait citer la Palestine à chaque fois qu’Israël était cité. Et cela quel qu’ait été le sujet.

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La Palestine, colonie de l’Europe et miroir de son antisémitisme

C’est que depuis 1973, la Communauté européenne s’est consacrée à « créer » un peuple palestinien destiné à se substituer à Israël. La guerre sournoise de l’Europe contre l’Etat hébreu dépasse le cadre politique, la propagande, la diffamation, la désinformation et l’injection d’un poison permanent destiné à paralyser ses défenses. Cette guerre embrasse également les milliards extorqués aux Européens pour construire un faux Etat dysfonctionnel, la Palestine, aujourd’hui colonie de l’Europe et miroir de son antisémitisme.

Antiques royaumes de Judée et d’Israël dont les noms ne figurent plus dans les cartes

Cette Europe haineuse, aujourd’hui ruinée et divisée, s’est quand même entendue pour financer une armée de scribes s’appliquant à marquer les produits provenant des antiques royaumes de Judée et d’Israël dont les noms ne figurent plus dans les cartes de ses musées. Ce signe sur les produits israéliens les désigne comme provenant de la colonie euro-palestinienne, et par conséquent les exclut des marchés européens où affluent les exportations des dictatures pratiquant le nettoyage ethnique et religieux, les mutilations génitales et corporelles et le terrorisme. Et tout cela au nom des droits de l’homme.

Palestiniser l’archéologie biblique

Placés par les réseaux de la Fondation Anna Lindh, des faussaires s’activent à palestiniser l’archéologie biblique, à dérober furtivement l’histoire d’un peuple pour en faire bénéficier un autre. Ils ôtent un mot, censurent un autre, refusent une production littéraire, artistique ou historique, excluent des universités des Israéliens, fautifs de par leur seule existence de démentir le narratif palestinien qu’ils construisent. Les leaders européens se réunissent, complotent, méditent afin d’exclure des activités scientifiques, leurs collègues israéliens, juifs ou chrétiens, solidaires de l’extraordinaire épopée historique d’Israël.

Cette vaste nasse de la haine organisée par la Commission européenne, recouvre toute l’Europe. Adieu les repères rationnels de la déontologie scientifique et du savoir remontant à la civilisation grecque. Seul règne aujourd’hui le savoir coranique véhiculé par la Palestine qui appelle résistant un djihadiste.

Quelques jours après ma visite au musée, devant un parterre rassemblant le gratin du cynisme politique, l’U.E. s’octroyait le prix Nobel de la paix. Une cérémonie aussi scandaleuse ne pouvait se dérouler qu’à Oslo … naturellement.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Bat Ye’Or pour www.Dreuz.info

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