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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 19 mars 2013

Sand comment j'ai cessé d'être juif

Tout d’abord Shlomo Sand commit « Comment le peuple juif fût inventé », qui fit doucement sourire les Juifs aux 3000 ans d’une histoire à rebondissements, mentionnée dans un ouvrage confidentiel qu’un milliard et demi de Chrétiens appellent la Bible.

Les antisionistes applaudirent un temps mais ça ne leur suffit pas.

Et puis Sand se fit humilier – publiquement – une première fois par son propre camp lorsque Haaretz lui demanda quelle était sa compétence pour écrire sur un sujet pour lequel il n’avait aucune aptitude, et qu’il fut contraint d’avouer, candide et contrit, qu’il ne connaissait pas un mot du sujet : « Il est vrai que je suis un historien [spécialisé dans l’étude] de la France et de l’Europe, et pas de la période ancienne… Je savais qu’en commençant à traiter de ces périodes, je m’exposais aux critiques virulentes des historiens spécialisés… »(1)

Il se fit une seconde fois démolir par Pierre-André Taguieff dans « La Nouvelle Propagande antijuive » :

Quoi qu’il en soit, par ces dénis et ces accusations, les Juifs sont transformés en représentants du non-peuple juif, et à ce titre chassés comme des intrus du concert des nations. Tous les individus humains sont censés avoir droit à une nation ou à un État. Sauf les Juifs. Le succès en France ‑ ou, plus exactement, dans la France intellectuelle et médiatique ‑ de l’indigeste pamphlet, à la fois « post-sioniste » et « antisioniste », de l’historien d’extrême gauche israélien Shlomo Sand s’explique par le fait qu’en affirmant que le peuple juif n’existe pas, qu’il n’est qu’une fiction idéologisée par des leaders nationalistes aux XIXe et XXe siècles[2], il paraît justifier historiquement la principale proposition des antisionistes radicaux : l’élimination de l’État d’Israël[3]. Pourquoi un « peuple » imaginaire, un non-peuple, devrait-il bénéficier d’un État-nation indépendant et souverain ? Les Juifs peuvent dès lors être traités comme s’ils étaient étrangers au genre humain, formé de « peuples » tous respectables, libres de se donner un État.

Le coup de grâce fut donné par « L’ADN des enfants d’Abraham » (4), une étude publiée par Newsweek qui concluait que « l’analyse génétique n’a pas seulement montré que [la thèse de Sand] est fausse, mais a aussi démontré que les gènes des juifs modernes remontent à un peuple originaire du Moyen-Orient (Judée) »

Ayant cependant pris goût à cette nourriture, les antisionistes en redemandèrent, et le radicalisé offrit aux crocodiles « Comment la terre d’Israël fut inventée ».

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Mais ça ne suffisait toujours pas ! Les antisionistes perdaient du terrain, ils lassaient, et les gens commençaient à trouver la ficelle un peu grosse. Le cercle des antisionistes disparu transpirait à grosses gouttes : Israël, malgré les appels au boycott, affichait une santé économique insolente, et ses exportations, loin d’être affectées par les activistes, progressaient. Pire, la gauche israélienne était sous poumon artificiel, les médias de gauche faisaient faillite, et l’extrême gauche de Shlomo Sand était rejetée à sa gauche par les activistes Palestiniens qui reprochaient – à juste raison – à ces sales juifs d’engloutir et instrumentaliser la cause palestinienne dans le combat antisioniste israélien.

Alors Shlomo Sand jeta l’éponge et commit l’irréparable. Il publia son éloge funèbre : « Comment j’ai cessé d’être juif ».

On peut lire, en quatrième de couverture, ce poilant aveu d’une auto détestation illimitée : « Supportant mal que les lois israéliennes m’imposent l’appartenance à une ethnie fictive, supportant encore plus mal d’apparaître au reste du monde comme membre d’un club d’élus, je souhaite démissionner et cesser de me considérer comme juif ».

Le livre est en librairie, et les Juifs se tordent de rire en contemplant les piles du suicidé diminuer rapidement sous le regard défait des antisionistes qui viennent de perdre leur alibi juif.

Shlomo Sand leur servira encore un temps de poudre à récurer, mais il a déjà rejoint Osborne et son syndrome.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info

(1) http://www.upjf.org/fr/5295.html

[2] Thèse empruntée à la sociologie « constructiviste » qui, devenue truisme et slogan depuis les années 1980, peut être soutenue à propos de toutes les nations modernes qui se sont donné un « toit » étatique : elles sont toutes les résultats d’une construction historique, et se sont toutes légitimées par des mythes d’origine. On pourrait en déduire qu’aucun État-nation actuellement existant n’a le droit d’exister. C’est d’ailleurs la conclusion stupide qu’en tirent les adeptes d’extrême gauche de la vision « déconstructionniste » du monde. Une déduction souvent faite au nom d’une conception abstraite des valeurs républicaines, « liberté, égalité et fraternité », supposées ne pouvoir se réaliser parfaitement qu’à l’échelle du genre humain sur le territoire sans frontières de la planète. Utopie aveuglante. Mais parfaitement conforme à l’esprit de la bien-pensance contemporaine.

[3] Voir Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé. De la Bible au sionisme, tr. fr. Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk, Paris, Fayard, 2008. L’une des conclusions de cet ouvrage fantaisiste est que les « vrais » descendants des Juifs d’avant la colonisation romaine sont les Palestiniens d’aujourd’hui. Pour une analyse critique dirimante de ce livre pseudo-savant, voir Éric Marty, « Les mauvaises raisons d’un succès de librairie », Le Monde, 28 mars 2009 ; Georges-Elia Sarfati, « La confusion des clercs. Le cas Shlomo Sand ou la naissance du négationnisme israélien »,Controverses, n° 11, mai 2009, p. 78-103. Voir aussi le dossier « Autour de Comment le peuple juif fut inventé, deShlomo Sand », Le Débat, n° 158, janvier-février 2010, p. 146-192. Sur le succès significatif en France de ce pamphlet pesant auquel a été décerné, le 10 mars 2009, le Prix « Aujourd’hui » (le jury était présidé par Jacques Julliard qui, ami de longue date de Shlomo Sand mais aussi d’Israël, n’a vraisemblablement pas mesuré la faute intellectuelle et politique représentée par un tel choix), voir Anne Lifshitz-Krams, « Un État juif et démocratique. Les Intellectuels français depuis le début de l’Intifada », Controverses, n° 11, mai 2009, p. 104-118. La rubrique « Produits fréquemment achetés ensemble », sur amazon.fr, fournit un fil conducteur pour définir le champ de réception du livre de Sand : Norman G. Finkelstein, Mythes et réalité du conflit israélo-palestinien (tr. fr. Serge Deruette et Patrick Gillard, préface de Dominique Vidal, Bruxelles, Éditions Aden, 2007), et Ilan Pappe, Le Nettoyage ethnique de la Palestine (tr. fr. Paul Chemla, Paris, Fayard, 2008). Sur le rôle joué, dans la propagande anti-israélienne, par l’historien-militant « post-sioniste » et propalestinien Ilan Pappe ainsi que par le journaliste « antisioniste » Dominique Vidal, voir infra, p. 158 sq.

(4) Des études génétiques sur les populations confirment le peu de sérieux des thèses de Sand. Dans Newsweek, un article intitulé « L’ADN des enfants d’Abraham » expliquait que l’affirmation de Sand selon laquelle les Juifs d’Europe sont les descendants des Khazars, un groupe turc, était démentie par les analyses génétiques modernes. « L’analyse génétique n’a pas seulement montré que cela est faux, mais a aussi démontré que les gènes des juifs modernes remontent à un peuple originaire du Moyen-Orient (Judée) » concluait l’article paru en 2010, et que l’on peut encore consulter ici : http://www.thedailybeast.com/newsweek/2010/06/03/the-dna-of-abraham-s-children.html

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