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Publié par Guy Millière le 22 juillet 2013

Israel

[dropcap type= »circle » color= »#ffffff » background= »#ce2121″]D[/dropcap]onc, John Kerry, Secrétaire d’Etat américain et émissaire de Barack Obama, après une série grotesque et obstinée de survols de l’Atlantique et de la Méditerranée, semble être parvenu (jusqu’à preuve du contraire) à obtenir qu’un suppôt de Mahmoud Abbas se rende à la sinistrement célèbre « table des négociations ».

Il lui a fallu pour cela l’appui pressant de l’Union Européenne, qui a pris sa décision de boycott envers toute activité israélienne se déroulant en dehors des « frontières » surnommées autrefois « frontières d’Auschwitz » par un ministre israélien en coordination avec l’administration Obama.

Il lui a fallu sans doute une forme de chantage exercé par Obama lui-même et transmis directement par téléphone à Binyamin Netanyahou, et la promesse à Mahmoud Abbas que les Etats-Unis lui offrirait le beurre hallal, l’argent du beurre hallal (des centaines de millions de dollars) et de quoi tenter d’humilier Israël.

Dès lors qu’un suppôt de Mahmoud Abbas ira (s’il y va), il sera impossible pour Israël de ne pas aller, d’autant plus que Binyamin Netanyahou a dit être lui-même prêt à revenir à la « table de négociations ». Et Israël enverra donc le pire ministre du gouvernement israélien actuel, l’inepte Tzipi Livni, qui frétille visiblement d’impatience à l’idée de rencontrer un assassin.

Pour faire bonne figure et pour faire plaisir transitoirement à Obama (et j’espère que c’est seulement pour faire bonne figure et pour faire plaisir transitoirement à Obama), Binyamin Netanyahou s’est déclaré enthousiaste face à cette perspective, adoptant pour la circonstance un vocabulaire digne d’un travailliste ou d’un membre de Shalom Arshav. Ce qui m’a laissé perplexe.

La réalité, si on veut bien la regarder en face, est qu’après avoir semé le chaos dans toute la région, l’administration Obama entend s’en prendre à la seule zone encore en paix, Israël et les « territoires » dits « disputés ».

Elle est que, sous prétexte de relancer le si mal nommé « processus de paix », l’administration Obama entend relancer, en fait, le processus de guerre contre Israël.

Elle est que ce qui risque de se trouver relancé ne peut offrir aucune issue positive pour Israël.

De facto, quiconque n’a pas rivé en lui l’antisémitisme qui imprègne Catherine Ashton comme si elle était une éponge usagée, quiconque n’a pas en ses neurones le gauchisme torve, obtus et délétère d’Obama et Kerry, quiconque n’a pas les yeux crevés comme la gauche israélienne, ne peut que voir un certain nombre de données évidentes :

a) le chaos régional a pour implication que le conflit israélo-arabe est loin, très loin désormais, d’être au cœur des priorités de quiconque au Proche Orient et est moins que jamais l’épicentre du séisme impliqué par le chaos en question. Le monde musulman est strié par le conflit entre partisans du statu quo façon Arabie Saoudite et partisans de l’islamisme, ainsi que par le conflit sunnites-chiites. Il est, de surcroît, en phase globale d’effondrement. Aucune stabilité de quelque sorte que ce soit ne peut y émerger avant, au mieux, le moyen terme.

b) les « dirigeants palestiniens » de l’OLP (Autorité Palestinienne) peuvent, en ces conditions, moins que jamais passer un accord qui puisse être autre chose qu’un chiffon de papier froissé. Ils n’ont, de toute façon, pas la moindre intention de passer un accord : ils n’ont renoncé à rien, et ne peuvent renoncer à rien sans cesser d’être « dirigeants palestiniens ». Ils ne cessent d’ailleurs de le dire explicitement. Les frontières minimales qu’ils sont susceptibles de daigner accepter, provisoirement (et j’insiste sur le mot : provisoirement), sont, précisément, les « frontières d’Auschwitz », chères à l’Union Européenne, et seulement les « frontières d’Auschwitz ». Leur vision de la Judée-Samarie est très judenrein. Et ils ne sont pas du tout prêts à renoncer au « droit au retour » des « réfugiés » : ces victimes de « génocide » parties cinq cent mille et qui sont censées revenir cinq millions. Ce qui ne laisse strictement rien à négocier.

c) les dirigeants israéliens n’ont eux-mêmes strictement rien à négocier, sauf s’ils entendent accepter les « frontières » souhaitées par l’OLP (Autorité palestinienne), une Judée Samarie judenrein, et un retour des « réfugiés », et, dans la foulée, la disparition d’Israël, ce qui ne me semble pas être le cas. Ils n’ont strictement aucune chance d’obtenir la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif : la demandent-ils encore ?

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Dès lors ? Ce qui risque de se trouver relancé ne peut offrir aucune issue positive pour Israël, non.

Le processus de guerre risque fort de produire ce qu’il a produit dans le passé. Une absence d’accord. Des claquements de portes. Un surcroît d’incriminations diabolisantes contre Israël. Une utilisation de ces incriminations par l’OLP (Autorité Palestinienne) aux fins de manœuvres diplomatiques, voire de recours à la violence.

Je ne sais si Binyamin Netanyahou s’est trouvé pris au piège dont il a ouvert les mâchoires en répétant sans cesse qu’il était favorable à « deux Etats pour deux peuples » et en se disant ouvert à des négociations sans conditions préalables, ou s’il fait preuve d’une suprême habileté dont j’ignore les tenants et les aboutissants. J’espère que la bonne réponse est la seconde, tout en craignant que ce soit la première. Je crains d’autant plus que la bonne réponse soit la première qu’en acceptant de négocier dans le cadre défini par Kerry et Obama, il y a des conditions préalables et qu’Israël a cédé sur ce point : relâcher des dizaines de terroristes est accepter une condition préalable, tolérer que soient évoquées les « frontières de 1967 » est aussi accepter une condition préalable, ne plus exiger d’emblée la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif est accepter un préalable encore.

Je sais en tout cas qu’Obama, et Kerry, entendent continuer à laisser le processus de guerre suivre son cours. Avec la complicité de l’Union Européenne, bien sûr.

Je sais qu’après les désastres provoqués de tous côtés par la doctrine Obama, ils entendent s’offrir un simulacre de « succès diplomatique » aux dépens d’Israël.

Je sais qu’Israël n’a vraiment rien à gagner en mettant à nouveau le doigt dans l’engrenage.

Je n’ai pas lu les gros titres de la presse de gauche israélienne ou de la presse française, mais je ne doute pas qu’ils sont emplis d’allégresse. Ils étaient empli d’allégresse déjà au moment des accords d’Oslo. On sait ce qui a suivi.

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