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Publié par Gaia - Dreuz le 3 août 2013

Secouée ces dernières semaines par des émeutes, la ville des Yvelines révèle autant les compromissions du gouvernement que l’impuissance de la police. Plongée dans une ville où l’État-PS a renoncé à imposer la loi.

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Gilet pare-balles recouvrant le teeshirt, Flash-Ball au poing, l’oeil rivé sur les barres HLM, une poignée de gros bras de la Bac (brigade anticriminalité) s’aventurent dans les allées de la cité des Merisiers, à Trappes (Yvelines). À leurs côtés, 400 CRS maintiennent un dispositif qui est allégé de jour en jour.

La cité retrouve son indépendance. Le calme revient après les émeutes qui ont embrasé cette commune où Benoît Hamon, député de la circonscription devenu ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire, estime qu’il fait « bon vivre ».

Pour mettre le feu aux poudres, il a pourtant suffi, le 18 juillet, du simple contrôle d’une femme intégralement voilée (lire page 10). Dès le lendemain, à la prière du vendredi, des prêcheurs salafistes dénoncent une « provocation de la police en plein ramadan ». Les réseaux sociaux aidant, des centaines de “jeunes” armés de pierres, boulons et engins incendiaires attaquent le commissariat aux cris de « Allahu akbar ». « C’était Fort Apache et nous étions les tuniques bleues ! », se souvient un policier. Durant trois jours, Trappes et les communes alentour virent à la zone de guerre : explosions, coups de feu, voitures en flammes…

Détail sur ce champ de bataille : un ordre « venu d’en haut » intime aux CRS de ne surtout pas blesser des assaillants qui recourent aux tirs de mortiers d’artifice et de chevrotine. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a fait de cette émeute une affaire personnelle. La place Beauvau dirige la communication en direct, via la parole calibrée de la préfecture des Yvelines. D’après une source policière, les journalistes ne doivent pas assister aux briefings de la police « où sont annoncées des consignes ministérielles incitant à un simple endiguement des violences ».

Valls rugit, mais ne mord pas. D’autant que la gauche prend garde à ménager son électorat : au second tour de la présidentielle, Hollande a recueilli 77 % des suffrages à Trappes. Ainsi, la sénatrice Esther Benbassa (EELV) dénonce-t-elle un « contrôle d’identité injuste » et une loi sur le voile intégral qui « stigmatise les musulmans ». Pour éviter « l’amalgame », Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, renvoie la parole des policiers et des voyous dos à dos : « Quelques individus se sont comportés ou pas, de telle façon ou pas, c’est à la justice de le dire. »

Valls lui-même minimise l’injure faite à ses hommes. Pour lui, 200 voyous « seulement »(sic) ont attaqué le commissariat — et non 400, comme annoncé par les médias. Et leur mauvaise humeur s’expliquerait en trois mots : « chômage », « discrimination », « exclusion ».

Dynamique cité ferroviaire bâtie par des générations d’ouvriers bretons, italiens et polonais, Trappes abrite aujourd’hui des zones de non-droit mises en coupe réglée par l’islam radical, sur fond de criminalité endémique. « Les délinquants sont pris en main par des fondamentalistes pour imposer une société alternative, en rupture avec la République », insiste Mohamed Douhane, commandant de police et membre du bureau national du syndicat Synergie officiers. Il est déconseillé de s’y rendre : « Vous serez repéré par les “chouffeurs” [guetteurs qui assurent la tranquillité des trafics, NDLR], dépouillé et fracassé », prévient un policier. Nous rencontrons toutefois un “fixeur” [Note de Gaïa : terme utilisé par les journalistes et les services secret pour parler d’un agent local dans un pays en guerre, indiquant à ses contacts où aller ou ne pas aller, qui rencontrer, quelles sont les milices locales, …]  congolais nommé Nsemi, garagiste de son état. Il circule dans la cité en coupé sport Mercedes : « Ça évite de passer pour un “keuf” [policier, NDLR], ils sont fauchés. Si ta caisse en jette, t’es un boss, t’as pas d’emmerdes. »

Le long de la route, entre les vieilles barres d’immeubles, les arrêts de bus et les toboggans brûlés, se dressent de nouvelles résidences à trois ou cinq étages, des centres sportifs, un hôpital privé. Le centre commercial a été agrandi, un bureau de poste réimplanté. Le maire (PS) de Trappes, Guy Malandain, vante ces rénovations urbaines destinées à améliorer le “vivre ensemble” et la “mixité sociale”. Un pari loin d’être gagné : les musulmans représentent le tiers des 30 000 habitants de Trappes (pour une centaine de nationalités), majoritairement concentrés dans des zones de non-droit. La plupart des passants y portent la tenue islamique : tunique salafiste pour les hommes, voiles en tout genre pour les femmes. La séparation des sexes est stricte : on ne voit aucun couple.

Quant à la rénovation urbaine, elle attise la méfiance de ces nouveaux Trappistes, persuadés que les pouvoirs publics complotent pour “blanchir la ville”. Olympe, mère de famille antillaise, estime que les loyers risquent d’augmenter et d’attirer des « bolos » (des Blancs) [Note de Gaïa : petit approximation mensongère du journaliste : un « boloss » est un « bourgeois looser », c’est un terme utilisé dans les cités pour effectivement parler du blanc, mais vu comme un gibier pour la racaille…]. Hakim, honnête commerçant, fulmine contre ces étrangers qui « voudront des restaurants ou des cafés ouverts pendant le ramadan » — une « provocation ». Même entre immigrés, la mixité sociale est rejetée. Hakim se plaint de voir les jeunes du quartier « obligés » de se battre avec des Congolais récemment arrivés. Leur tort ? « Ils ne sont pas croyants et vendent de l’alcool devant tout le monde ! »

Depuis les années 1980, l’arrivée d’une immigration de masse, combinée à l’abandon du modèle assimilationniste, a bouleversé les équilibres sociaux. Prenant la “diversité” en pleine face, certains habitants s’enfuient : « J’ai failli me faire violer parce que je suis blanche », témoigne Ludivine, qui a déménagé. « Au marché, on a refusé de me servir parce que j’avais les bras nus ! Certains commerçants traitent les Blancs en citoyens de seconde zone. Sauf à être musulmans, ils sont servis après les “croyants”. »

http://www.valeursactuelles.com/trappes-cit%C3%A9-perdue-r%C3%A9publique20130731.html

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