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Publié par Salem Ben Ammar le 29 août 2013

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Jabeur Mejri et Ghazi Béji. Qui connaît ces deux garçons en dehors de leur cercle d’amis et leurs parents, qui pétitionnent et militent pour dénoncer leur condamnation scélérate à 7 ans et de demi de prison pour athéisme ?

Un crime aux yeux de l’islam, qui interdit à ses ouailles de rompre les chaînes de leur prison mentale, cet islam respectueux de la liberté de croyance, mais à condition que l’islam n’en pâtisse pas. L’islam est une grande maison accueillante pour tous ceux qui ne sont pas musulmans, mais il refuse le bon de sortie à tous ceux qui veulent exercer leur liberté de ne pas y rester.

Encore heureux que les tribunaux tunisiens n’appliquent pas tout-à-fait la charia islamique et qu’ils les ont condamné selon les lois héritées de Bourguiba et de Ben Ali. Entre deux maux, on choisit le moindre. La prison plutôt que la lapidation, ou la crucifixion, ou la décapitation. Mais quelle que soit l’échelle des sanctions, les deux maux sont un poison mortel pour les libertés fondamentales.

Ce n’est pas un hasard qu’aucun pays musulman, au nom de l’exception juridique musulmane, n’a adhéré à la Charte Universelle des droits de l’Homme et du Citoyen.

Paradoxalement, les musulmans sont les plus farouches défenseurs de l’article 18 de ladite charte – le droit à liberté d’exercice de sa foi – mais jamais chez eux, toujours en Occident.

Le droit à la différence de croyance ou de non croyance n’a de sens que dans les terres hospitalières aux droits de l’Homme mais jamais chez eux, car leurs lois sont trop parfaites pour se laisser polluer par des lois de la raison humaine, jugées impures et par conséquent inapplicables chez eux.

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Pourquoi la Tunisie n’a-t-elle jamais transposé dans son droit interne les dispositions de la charte Universelle des droits de l’Homme ? Pourquoi le Ministère des droits de l’homme a-t-il occulté la citoyenneté pour lui substituer la justice transitionnelle ? Autant d’arrières-pensées islamistes dont Jabeur Mejri et Ghazi Béji sont les victimes sacrificielles, symboles de la mise à mort des libertés humaines et fondamentales en Tunisie. Ils sont la preuve vivante que la tolérance dans l’islam commence là où se meurt les libertés.

Cela fait 18 mois que Jabeur Mejri est captif de l’islam, et qu’il croupit en prison, tandis que son ami Ghazi Béji est en fuite en France, où il vient d’obtenir le statut de refugié politique – ce qui lui vaut d’être le premier refugié politique tunisien depuis la ré-islamisation à marche forcée du pays. Aucune mobilisation – ni locale, ni internationale – des organisations de défense des Droits de l’homme, pourtant si actives par ailleurs, comme si l’on a peur d’offenser la toute puissance de l’islam.

Il vaut mieux être djihadiste-terroriste en Syrie, égorgeur de soldats, assassin de Chokri Belaïd, de Lothi Nagad et de Mohamed Brahmi au nom de l’islam pour mériter sa bienveillance, que d’exprimer son non adhésion à ses valeurs.

Ces deux garçons, croyant qu’un vent de liberté allait se lever sur la Tunisie, ont exprimé publiquement leur liberté de ne pas partager avec leurs concitoyens leur système de valeurs dominant, ce qui ne constitue en aucun cas un rejet de leur citoyenneté tunisienne ou un acte de haute trahison.

C’est un droit fondamental : ne pas avoir de croyance, ne pas se reconnaître dans une croyance, ou se considérer comme étant lié avec les membres de la communauté par les mêmes liens religieux qui n’ont pas à déterminer l’appartenance à l’entité tunisienne, plurielle et diversifiée.  Si crime il y a, c’est l’atteinte à leur droit à l’exercice de leur liberté de conscience.

De sombres perspectives s’annoncent pour la Tunisie qui fut naguère, avant sa colonisation par les arabo-musulmans, une terre judéo-chrétienne féconde.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Salem Ben Ammar pour www.Dreuz.info

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