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Publié par Michel Garroté le 2 septembre 2013

 

Iran-nuclear-6

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  Si vraiment Obama et Hollande éprouvent le besoin irrépressible de frapper, alors qu’ils frappent l’Iran et non pas la Syrie. L’Iran est le patron de la Syrie et le patron du Hezbollah. L’Iran fabrique des bombes nucléaires et ce n’est pas pour les suspendre à un arbre de Noël. L’Iran est dirigé par des mollahs intégristes et génocidaires.

Concernant la réelle menace – existentielle – que le nucléaire offensif iranien fait peser sur Israël en particulier et sur le monde en général, Hans Rühle, qui a longtemps dirigé le département de la planification au ministère allemand de la Défense, estimait, en 2012 déjà, qu’Israël dispose des moyens militaires aériens qui lui permettront de détruire les principales installations iraniennes.

Le cœur des différences entre spécialistes réside dans le nombre d’appareils qui seront nécessaires pour une telle opération, ainsi que la question du ravitaillement en vol des appareils, qui leur permettra de parcourir le trajet aller- retour, plus de 3200 kms, pour revenir jusqu’à leur base. Alors que certains experts pensent que ces problèmes sont insurmontables pour Israël, Hans Rühle, pense cette opération largement réalisable par Israël, estimant qu’elle pourrait ramener le programme nucléaire iranien « dix ans en arrière ».

Pour Rühle, environ 25 avions de type F-15, armés chacun de deux de bombes anti- bunker GBU-28, accompagnés d’un petit nombre de chasseurs F-16 (une quinzaine d’appareils, alors qu’Israël en dispose d’une centaine environ), équipés de bombes plus petites pourraient mener à bien ce type de mission.

D’après lui, les sites sont parfaitement identifiés : photographiés par satellites, repérés par des agents sur place; il s’agirait de 25 à 30 localisations essentielles au programme nucléaires, dont 5 à 6 cibles primordiales, ce qui réduit le champ de l’intervention : le site d’enrichissement de Natanz – enterré -, celui d’Ispahan, le réacteur à eau lourde d’Arak ainsi que la base militaire de Parchin. S’y ajouteraient l’usine nucléaire de Busher et le site construit dans une montagne de Fordo. Pour Rühle, les bombes GBU-28 peuvent souffler le toit des installations, tandis qu’un second lâcher complèterait la destruction.

Toutes les installations iraniennes ne disposent pas de la même protection : alors que les sites de Natanz ou Fordo sont enterrés, celui d’Ispahan (pièce essentielle de la filière puisqu’il transforme le Yellow cake, un concentré grossier d’uranium en combustible nucléaire) ne dispose d’aucune installation enterrée, et est donc tout à fait vulnérable à un bombardement. D’autres sites, comme le réacteur d’Arak, nécessiterait à lui seul la mobilisation d’une dizaine de F-16 et de leurs bombes.

Rühle précise que le site le plus complexe à atteindre est celui de Fordo, construit et enfoui dans une montagne; d’après lui, la seule solution consiste à en détruire le tunnel d’accès. La seule inconnue de ce spécialiste réside dans la question du ravitaillement en vol : il considère mais sans preuve tangible qu’Israël dispose de plus d’avions ravitailleurs qu’on ne le pense, et qu’il pourrait en acquérir d’autres avant une intervention – tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un obstacle sérieux.

Selon Rühle, l’opération est parfaitement à la portée d’Israël, ce pays disposant d’une armée de l’air « parmi les meilleures du monde, avec des pilote très bien entrainés, et habitués à relever des défis impossibles lorsqu’il s’agit de la sécurité de leur pays ».

Toujours concernant d’éventuelles frappes préventives israéliennes contre le nucléaire offensif iranien, l’expert David Isenberg, dans Asia Times, écrivait en 2012 déjà qu’il y a près de 1’609 kilomètres à vol d’oiseau entre Israël et le site de Natanz. Comme les deux pays n’ont pas de frontière commune, les avions ou les missiles israéliens devraient survoler un espace aérien étranger – et hostile – pour parvenir à leur objectif. La méthode la moins risquée pour toucher Natanz, serait d’envoyer des missiles balistiques à moyenne portée Jéricho I ou III.

Cependant, pour aller aussi loin, les missiles devront avoir une tête plus légère et on peut douter que celle-ci puisse s’enfoncer suffisamment dans le sol pour obtenir le degré de destruction souhaité. L’option la plus probable reste donc l’envoi de chasseurs bombardiers fabriqués aux Etats-Unis. Les Israéliens possèdent vingt-cinq F-15l et une centaine de F-16l. Le F-15l peut transporter quatre tonnes de carburant dans ses réservoirs internes, ses réservoirs conformes et des réservoirs détachables. Ce qui lui permet de parcourir environ 4’450 kilomètres.

David Isenberg ajoutait qu’il pourrait encore étendre son rayon d’action en se ravitaillant en vol. Le F-16I a un rayon d’action plus grand qui permettrait à l’aviation israélienne d’attaquer des objectifs situés bien à l’intérieur du territoire iranien sans devoir se ravitailler. Si on part du principe que l’attaque se ferait par avion, reste à savoir par où les appareils passeraient pour toucher des objectifs situés à 332 kilomètres à l’intérieur du territoire iranien. Ils peuvent passer soit par l’Arabie Saoudite, soit par l’Irak, peut-être même par la Jordanie. Chacune de ces routes représente un aller de 1’930 kilomètres.

Dans l’option Arabie Saoudite, les avions partiraient du sud d’Israël, entreraient dans l’espace aérien saoudien par le golfe d’Aqaba, le survoleraient sur 1’287 kilomètres pour arriver à hauteur du Golfe puis feraient 483 kilomètres dans l’espace aérien iranien. Comme l’armée de l’air israélienne ne possède pas d’avions furtifs, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les appareils soient détectés pendant qu’ils survolent l’Arabie Saoudite. Nul ne sait si la défense saoudienne pourrait ou voudrait les arrêter.

L’Arabie Saoudite craignant le programme nucléaire iranien, détournera les yeux et affirmera n’avoir rien remarqué. L’Arabie saoudite a déjà fait savoir qu’elle n’est pas hostile à des frappes israéliennes en Iran. Si elle choisit de passer par l’Irak, la force de frappe part du sud d’Israël, fait 483 à 644 kilomètres dans l’espace aérien saoudien, ou à la fois saoudien et jordanien, pénètre dans l’espace aérien irakien le plus tôt possible, puis parcourt les 805 kilomètres de l’Irak au Golfe persique.

Passer par l’espace aérien irakien risque de poser des problèmes politiques. Même si les troupes américaines ont quitté les lieux, une traversée du pays ne pourra se faire sans que les Etats-Unis ne le sachent et même sans leur autorisation. La question, c’est de savoir si les chasseurs bombardiers israéliens peuvent mener cette mission sans se ravitailler.

Le rayon d’action de combat – la distance qu’un appareil peut parcourir aller et retour sans se ravitailler – est difficile à calculer et dépend de l’armement embarqué, des réservoirs de carburant externes, du profil de la mission, etc. Le rayon d’action de combat d’un F-15l ou d’un F-16l équipé de deux réservoirs conformes, de deux réservoirs d’aile, d’un armement correct est selon les meilleures estimations de près de 1’690 kilomètres.

Chacune des deux routes possibles fait 322 kilomètres de plus. L’appareil pourrait être équipé d’un réservoir externe supplémentaire mais cela nécessiterait une réduction de l’armement, ce qui ne serait peut-être pas un problème compte tenu de la précision des armes dont dispose Israël.

Voilà pour les analyses de Hans Rühle et de David Isenberg en 2012. Certes, depuis, le nucléaire offensif iranien a progressé. Mais ce qu’il était possible de frapper en 2012 l’est toujours en 2013. D’autant que l’Iran est un adversaire global et létal, contrairement à ses laquais, la Syrie et le Hezbollah.

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© M. Garroté réd chef www.dreuz.info

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