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Publié par Dreuz Info le 24 septembre 2013
Café Zamn - Ramallah - territoire occupé - cauchemar
Café Zamn – Ramallah – « territoire palestinien occupé – invivable »

Par Laurence Nguyen

Mediapart et son président Edwy Plenel avaient annoncé la projection d’un webdocumentaire, « Broken Hopes » (Espoirs déçus), suivi d’un « débat ».

Le sous-titre était : « Territoire palestinien occupé, 20 ans après les accords d’Oslo ». Un film réalisé par….avec le soutien de ….

Ai-je envie de citer les acteurs de cet échec de la pensée ?

Tout est facile à trouver sur le web, comme cet extrait : « accès à l’eau refusé, maisons détruites, contrôles incessants… Bédouins, fermiers, commerçants, militaires et colons israéliens, racontent ce qu’il reste, vingt ans après, des accords d’Oslo : un territoire morcelé et invivable. »

De nombreux amis m’avaient dit : « tu vas perdre ton temps » ; « tout le monde a le droit de s’exprimer » ; « viens plutôt sous notre soucca » ; « ça ne mérite pas le déplacement ». Je m’y suis rendue malgré les conseils, j’en suis sortie affligée.

Les gradins du chapiteau loué se remplissent vite, à 19 heures, d’un public varié, genre bon genre, les plus âgés ont des allures de profs, certains ont le look « fans des sixties », les plus jeunes semblent des étudiants sérieux.

Edwy Plenel prend le micro, nous remercie d’être là, nous explique que nous allons « réfléchir » ensemble, que «ce qui nous intéresse, c’est le droit des palestiniens», il présente les intervenants, je retiens le nom d’Elias Sanbar, ambassadeur palestinien à l’Unesco dont je connais la longue carrière.

Le film, en noir et blanc, commence par la fameuse poignée de main entre Rabin et Arafat, sous le regard de Clinton, à Washington. Brutalement, des tanks énormes surgissent sur l’écran, écrasent, détruisent, des blessés arabes sont évacués. La voix off interroge : « Que reste t’il d’Oslo ? » On voit un homme, sans doute un bédouin, qui dort par terre sous les débris d’une toile de tente. Puis il parle de ses 12 enfants, de la grotte où il vit, héritée de son père. Une jeune femme annonce qu’il n’y a pas d’électricité en Palestine [NDLR : la boutique Gucci de Ramallah est éclairée avec des lampes électriques ?], la caméra filme des routes désertes, à l’infini, [NDLR : tiens, il n’y a plus surpopulation ?] une famille assise par terre dans une pièce vide subit des coupures de courant, une voix parle du découpage en zones A,B et C, « les colonies illégales ont triplé en 20 ans », villages dévastés, visages pathétiques.

Et puis Hébron : « la vie des palestiniens est un enfer »… les soldats israéliens ont peur qu’on les tue… les droits de l’occupant…Un palestinien raconte une attaque au cocktail Molotov par des colons, les enfants pleuraient. Images de déchets au bord des routes.

« L’eau ici est mortelle, les enfants adorent jouer avec l’eau, ils ont des maladies de peau… »

25 minutes d’intox, comme c’est long !

On ne verra pas la ville de Ramallah en pleine expansion, les accords de coopération sur la gestion de l’eau, les belles maisons de Bethléhem, les rencontres artistiques et sportives entre israéliens et palestiniens.

Une vue sur la barrière de sécurité, des discussions autour du mot paix.

Fin.

Devant moi, juste devant moi, sur les gradins, une dame pleure !

Je ne sais pas qui elle est, quelle information l’a conduite ici, quelles connaissances du conflit étaient les siennes avant de voir le film, je vois une dame qui pleure. Elle croit ce qu’elle voit, ce qu’on lui montre.

Si je n’avais pas lu les témoignages innombrables, j’aurais pleuré avec cette dame

Je réalise alors que si j’était venue par hasard, si je n’avais pas la connaissance d’Israël qui est la mienne, si je n’avais pas lu les témoignages innombrables, visité, écouté et appris l’histoire, et surtout activé mon cerveau, j’aurais pleuré avec cette dame.

Alors je décide, pour le débat qui va suivre, de poser une seule question : à quoi servira ce film ?

Mais il n’y aura pas de questions, les intervenants s’emparent du micro, des « journalistes » qui déversent sur l’assemblée bien conditionnée une haine inexpliquable d’Israël, des pensées creuses, des bonnes paroles « l’avenir doit passer par l’écoute de ces gens, il faut trouver une solution à leurs problèmes »… il faut ?

Leur parole varie du pompeux au soporifique, ils prennent le public pour des ânes :

« Le processus de paix d’Oslo n’était que la réorganisation de l’occupation israélienne sur la Palestine historique ». « Le projet sioniste est de prendre la terre mais pas les habitants ». L’un deux martèle « Israël poursuit son œuvre de nettoyage ethnique ».

Nous sommes dans la dialectique trotskyste poussée à l’ extrême.

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La parole est à Elias Sanbar. Lui, au moins, lutte pour Sa cause, il serait même plus crédible que les observateurs de pacotille qui ne défendent les palestiniens que parce qu’ils s’opposent à Israël.

Il parle bien, raconte des anecdotes de sa vie auprès d’Arafat, au Liban, à Alger, de ses déboires à l’ONU, des histoires vécues. Il affirme : «Je suis un enfant de réfugiés », « plus personne au monde ne peut dire que nous n’existons pas ». Il est très applaudi.

Mais il est trop tard pour des questions de la salle, pour un débat, un verre de l’amitié est proposé au public.

Edwy Plenel avait-il proposé de « réfléchir » ensemble ?

Je quitte le cirque et je réponds toute seule à ma question non posée : à quoi sert ce film ? A diffuser la haine d’Israël.

© Laurence Nguyen, Association France-Israël, pour Dreuz.info

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