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Publié par Michel Garroté le 26 septembre 2013

 

Zones-non-droit-1

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  En France, depuis plus de 70 ans, il y a deux problèmes anthropologiques majeurs : l’anachronisme et l’hypocrisie. Entre Pétain qui lança une révolution « nationale », mais sous occupation étrangère ; et de Gaulle qui fit de la résistance, mais depuis Londres en compliquant inutilement la tâche des Britanniques et des Américains, puis en se rapprochant de l’URSS et du monde arabo-musulman ; entre celui-ci et celui-là, le Maréchal et le Général, il y a eu et il y a encore, un lot quotidien d’anachronisme et d’hypocrisie.

L’un de ces anachronismes hypocrites, de nos jours, est le fait de nier que les zones islamiques de non-droit puissent produire une forme spécifique de délinquance. C’est la méthode Coué, mais en version tragi-comique. A cet égard, la version donnée par nombre de journalistes et de politiciens est stupéfiante, sans jeu de mot.

Le phénomène des bandes en France se traduit par un durcissement des affrontements entre des groupes de plus en plus jeunes, souvent armés, et s’identifiant à un quartier. La France n’est pas à l’abri d’un apport de violences par ses propres groupes de jeunes. Le vocable usité suggère que cet « apport » de violence est local, indigène. Le nombre d’affrontements entre bandes connait une accélération. Le phénomène s’amplifie avec des faits dont certains se sont conclus par la mort de l’un des protagonistes. Des « faits » avec la mort de l’un des « protagonistes », quel tact dans les formules, comme s’il s’agissait d’un film et non d’un délit.

Les événements mettent en évidence une augmentation des affrontements entre bandes implantées de part et d’autre du périphérique parisien avec un durcissement marqué par l’usage fréquent d’armes en tous genres, entre des protagonistes de plus en plus jeunes. Les membres des groupes transportent systématiquement des armes dont ils se servent de plus en plus souvent pour régler des différends proches des règlements de comptes : machettes, hachoirs, couteaux à cran d’arrêt, barres de fer, tessons de bouteille.

Sur la composition de ces bandes, l’intégration à un groupe ne repose que très rarement sur des bases ethniques, selon la version généralement donnée par les médias et les politiciens, afin de nier que les zones islamiques de non-droit puissent produire une forme spécifique de délinquance.

Le multiculturalisme n’est pas un enjeu, l’identité que les bandes défendent semble être celle du quartier, toujours selon la version généralement donnée par les médias et les politiciens afin de nier que les zones islamiques de non-droit puissent produire une forme spécifique de délinquance. L’identité « semble être » celle du quartier, formule prudente, mais formule surtout démentie par les mots régulièrement utilisés : « machettes » et « hachoirs ».

La dimension générationnelle et sociale domine sur la composante ethnique ou religieuse. « Générationnelle et sociale » est le terme sociologiquement et générationnellement correct pour parler de jeunes d’origine islamique. Il est difficile de donner un nombre de participants, tant la bande est une sorte de nébuleuse. « Une sorte de nébuleuse », sauf que les images à la télévision et sur Internet révèlent une « nébuleuse » assez facile à identifier. Le nombre de Bretons armés de machettes reste somme toute assez restreint.

Les adolescents peuvent être attirés par les bandes pour satisfaire un besoin de protection ou de sensations fortes, éprouver un sentiment de puissance, de confiance et de contrôle, réaliser des gains matériels, éprouver un sentiment d’appartenance et pour la majorité d’entre eux, être accepté. Et les cibles de la délinquance, ont-elles droit à une quelconque protection ?

L’éventail des infractions perpétrées par ces bandes, dont le trafic de stupéfiants  —  soulignent généralement les médias et les politiciens  —  montrent combien le groupe a pour effet de diluer les responsabilités et à amener une conscience très partielle des conséquence des actions collectives.

Autrement dit, les délinquants sont certes des trafiquants de stupéfiants ; mais c’est dans un éventail d’infractions et les pauvres délinquants, devenus victimes, voient leur responsabilité individuelle diluée car il s’agit de délinquance collective.

On le voit, l’anachronisme hypocrite sur les zones islamiques de non-droit qui produisent une forme spécifique de délinquance, cet anachronisme hypocrite ne connaît pas de limite. Et en plus, il ne connaît pas de liberté non plus, car en France, les analyses comme celle que je publie ici, font parfois l’objet de persécutions judiciaires…

Reproduction autorisée avec mention :

© M. Garroté réd chef www.dreuz.info

  

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