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Publié par Michel Garroté le 27 septembre 2013

 

Udienza generale di Papa Francesco

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  « Nous ne devons pas cesser d’aimer l’Eglise, sous prétexte que son personnel est parfois déficient », disait la missionnaire catholique Marion Cahour, qui ne manquait pas d’humour. J’ai envie d’ajouter : surtout quand l’Eglise catholique communique.

Sur la possible béatification de Pie XII, sur les opérations israéliennes à Gaza, sur les propos négationnistes de Mgr Williamson, sur le voyage de Benoît XVI en 2009 en Israël, sur les propos tenus, çà et là, par le Pape François, les déclarations de divers membres de l’Eglise catholique, tant au sein du clergé que parmi les laïcs, ces déclarations ont semé, et sèment encore, la confusion, dans le public en général, et dans le public catholique en particulier. Les catholiques du 21e siècle communiqueraient-ils trop et communiqueraient-ils mal ?

Sur les thèmes évoqués au paragraphe précédent, des personnes et des médias, catholiques et non catholiques, s’étaient exprimés et s’expriment encore, des personnes et des médias parmi beaucoup d’autres, que je ne peux pas tous citer ici : le père Lombardi, porte-parole de la Salle de Presse du Vatican ; le cardinal Renato Martino, président du Conseil du Vatican pour la justice et la paix (qui compara Gaza à un « camp de concentration ») ; le cardinal Walter Kasper, chargé – entre autres et en partie seulement – des relations avec le judaïsme ; le cardinal Achille Silvestrini (grand meneur, devant l’Eternel, de la saga gauchisante anti-Benoît XVI) ; le cardinal Tarcisio Bertone (qui était un peu trop pressé de classer l’affaire Williamson).

Ajoutons encore : Mgr Franco, nonce apostolique en Israël ; Andrea Tornielli de Il Giornale ; Paolo Rodari de Il Riformista ; Joachim Véliocas ; Sandro Magister de La Chiesa ; Gérard Leclerc et Roland Hureaux sur francecatholique ; notre chroniqueur l’Abbé Arbez (un bon, celui-là) ; l’ Abbé Claude Barthe pour L’Homme Nouveau ; le père Laurent-Marie Pocquet et Christophe Geffroy pour La Nef ; Michael Paulson pour le Boston Globe ; Rachad Armanios pour La Liberté et Le Courrier ; Anna Marco pour le Catholic Herald ; Isabelle de Gaulmyn et Nicolas Senèze pour La Croix ; Jean-Dominique Durand sur lyon.catholique ; Jean-Marie Guenois pour le Figaro ; Guillaume de Thieulloy pour Les 4 Vérités ; l’Abbé Nicola Bux et l’Abbé Salvatore Vitiello ; ; et pour les médias catholiques, citons également l’Osservatore Romano, Famille chrétienne, vatican.va, zenit.org, etc.

A propos de son voyage en Israël en mai 2009, Benoît XVI avait confié, le 8 mars 2009, à la prière des fidèles, son voyage apostolique et pèlerinage en Terre Sainte du 8 au 15 mai 2009. Quelques jours plus tard, custodia, basée en Israël, écrivait, parlant, entre autre, de ce voyage du pape et du père Lombardi, porte-parole du Vatican : « Benoît XVI a présenté son voyage comme un pèlerinage mais c’est en tant que chef de l’Etat du Vatican qu’il rencontrera les autorités israéliennes et palestiniennes. Avec eux, il sera question de la Paix au Moyen Orient ».

Et encore quelques jours plus tard, la même custodia citait le Nonce apostolique pour Israël, Mgr Antonio Franco, qui déclarait, lors d’une conférence de presse en Israël : « En aucun cas il ne faut voir ce voyage avec des lunettes politiciennes. Ce voyage est un pèlerinage et les visites officielles sont des visites de courtoisie. Il n’y aura aucune discussion de règlement politique. Il y aura certainement des messages qui pourront être interprétés comme politiques mais la visite est de nature religieuse. Il vient comme pasteur et non comme chef d’Etat du Vatican ». Le cardinal Walter Kasper alléguait, quant à lui, que la visite de Benoît XVI en Israël était liée « essentiellement à des questions politiques ».

Si je résume, primo, Benoît XVI effectuait en Israël un voyage apostolique et un pèlerinage (selon Benoît XVI le 8 mars 2009) ; secundo, c’est en tant que chef de l’Etat du Vatican que Benoît XVI rencontrait les Israéliennes et les Arabes locaux ; avec eux, il était question de la Paix au Moyen Orient (selon custodia, parlant, entre autre, du père Lombardi, porte-parole du Vatican) ; tertio, le voyage de Benoît XVI en Israël était un pèlerinage et les visites officielles étaient des visites de courtoisie, sans aucune discussion de règlement politique ; Benoît XVI venait comme pasteur et non comme chef d’Etat du Vatican (selon custodia, encore elle, qui cette fois citait le Nonce apostolique en Israël, Mgr Antonio Franco) ; quarto, la visite de Benoît XVI en Israël était liée essentiellement à des questions politiques (selon le cardinal Walter Kasper).

Si maintenant je résume encore d’avantage – tout en additionnant les diverses natures de ce voyage papal – cela donne, en résumant tout en additionnant les diverses déclarations de custodia, du père Lombardi, de Mgr Franco, du cardinal Walter Kasper et – aussi – la déclaration de Benoît XVI, puisqu’il s’est, lui également, exprimé sur son propre voyage (n’est-ce pas), si je résume et si j’additionne, écrivais-je, cela donne, à peu près ceci : un voyage apostolique ; un pèlerinage ; une visite d’Etat ; une discussion sur la paix ; une visite officielle ; une visite de courtoisie ; pas (ou plus) une visite d’Etat ; une visite sans discussion de règlement politique (mais néanmoins une discussion sur la paix) ; une visite de pasteur ; pas une visite comme chef de l’Etat du Vatican (mais c’est en tant que chef de l’Etat du Vatican que Benoît XVI rencontrera les autorités Israéliens et le Arabes locaux) ; une visite liée essentiellement à des questions politiques.

Autrement dit, c’était une histoire de fous. Benoît XVI  —  parce que le Père Lombardi, Mgr Franco, le cardinal Kasper et Consorts parlaient beaucoup  —  Benoît XVI était, parce que les autres parlaient beaucoup, Benoît XVI était en Israël à la fois un apostolique, un pèlerin, un chef d’Etat, pas un chef d’Etat, un pacifique, un officiel, un homme courtois, un discuteur de paix, pas un discuteur de politique, et, aussi, un pasteur. Question aux membres  —  bavards et champions olympiques ès communication  —  du clergé : Benoît XVI devrait-il aussi porter un entonnoir sur la tête durant son pèlerinage de 2009 en Israël ?

Notre ami feu Laurent Murawiec, écrivait, en 2009 : « J’ai rompu des lances avec des amis sur diverses questions concernant l’Eglise catholique. Je me suis même enguirlandé avec certains d’entre eux. Je maintiens que Benoît XVI est l’unique dirigeant majeur au monde à comprendre la nature du projet de l’Islam djihadi, ce qui fait de lui un pivot de l’histoire contemporaine ».

Maintenant, nous sommes en 2013, et, le nouveau souverain pontife s’appelle Pape François. La communication au sein de l’Eglise catholique demeure, encore et toujours, confuse et contradictoire. Le Pape François a déjà tenu de nombreux discours.

A propos de ses discours, les déclarations de divers membres de l’Eglise catholique, tant au sein du clergé que parmi les laïcs, ces déclarations ont semé, et sèment encore, la confusion, dans le public en général, et dans le public catholique en particulier. Même chose pour les journalistes alter-catholiques et non-catholiques, notamment les pseudo-vaticanistes, qui concernant les discours du pape François, ont un art consommé de sortir une phrase de son contexte, pour en faire un slogan progressiste.

Au-delà des discours et de la communication, d’autres enjeux demeurent. Par exemple, trouver une plateforme sur l’essentiel, avec les autres confessions chrétiennes et avec le peuple juif, notamment face un islamisme radical de plus en plus intolérant, conquérant et violent. Pour l’instant, nous sommes encore loin de cette plateforme sur l’essentiel.

Le peuple juif continue de se méfier, avec raison d’ailleurs, de l’Eglise catholique, notamment en raison de l’israélophobie manifeste, et, parfois, la judéophobie, de nombre d’ecclésiastiques.

Les chrétiens orthodoxes ont le sentiment, parfaitement justifié, que les catholiques sont en général trop mous face à l’islamisme radical et face à la laïcité absolutiste.

Certains protestants, y compris certains évangéliques, tiennent encore et toujours des propos parfois trop sévères sur l’Eglise catholique, ses sacrements et son pape, alors qu’en vertu de la liberté religieuse, ils devraient s’occuper de leur propre foi et laisser les catholiques en paix.

Le Pape François voudrait améliorer, entre autre, la communication de l’Eglise et la communication au sein de l’Eglise. Il va avoir du boulot…

Reproduction autorisée avec mention :

© M. Garroté réd chef www.dreuz.info

Journaliste catholique

  

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