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Publié par Guy Millière le 15 novembre 2013

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Cela fait 18 mois à peine que la France a changé de Président.

Et, en ce bref laps de temps, François Hollande est parvenu à un résultat qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait atteint : le record absolu de l’impopularité.

Moins du quart de la population désormais, soit 24 % (21% disent certains sondages), a une opinion favorable de lui et pense qu’il est à même de remplir ses fonctions avec pertinence et efficacité. Ces 21 à 24 %-là sont, sans aucun doute, les membres et les sympathisants du Parti socialiste : des gens qui voteraient pour un candidat étiqueté PS, même si ce candidat était une vache laitière ou un coq de basse-cour. Des gens qui trouveraient qu’un président PS prend des décisions remarquables quelles que soient les décisions, y compris s’il décidait de demander à l’ensemble de la population de pratiquer un suicide collectif à une heure définie à l’avance.

Les autres, donc plus des trois quarts de la population, oscil­lent entre la consternation, la colère, la rage impuissante et la frustration. J’ai déjà consacré plusieurs articles à la façon dont nous en sommes arrivés là, mais il me semble utile d’insister.

• D’abord, il y a Hollande lui-même. Il y a quelque chose de pathétique chez cet homme. Il était sans doute à sa place à la tête du Parti socialiste, où il ne servait pas à grand-chose dans un parti qui, lui-même, n’a jamais servi à grand-chose. Il conciliait des positions ineptes et s’accommodait de textes vides. Il ménageait la chèvre et le chou, et prenait des décisions mi-chèvre, mi-chou qui n’étaient pas vraiment des décisions, ce qui n’avait aucune importance. Et puis, il s’est rêvé un destin national. L’immodération se­xuelle et les tendances priapiques de Dominique Strauss-Kahn, qui a cru qu’il pouvait trousser une soubrette à New York comme il l’aurait fait impunément à Bruxelles ou à Lille, lui ont fait penser que la voie était ouverte. Il s’est façonné une silhouette à coups de carottes râpées et de yaourts 0 % de matière grasse, et un personnage censé être l’inverse de Nicolas Sarkozy – celui d’un être normal, fade et médiocre. Et le tour était joué.

• Ensuite, au-delà de Hollande, il y a le socialisme à la française lui-même. Si le Parti socialiste français avait évolué intellectuellement, comme l’ont fait les sociaux-démocrates allemands ou les travaillistes anglais, il aurait pu y avoir au programme quelques décisions pertinentes, en lieu et place des augmentations incessantes d’impôts, de l’augmentation du nombre des fonctionnaires et du mariage homosexuel, mais le Parti socialiste a vite montré que son logiciel était bloqué il y a trente ans, et que le socialisme à la française était déconnecté du monde tel qu’il devient.

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• Enfin, au-delà du socialisme à la française, il y a la crise économique, politique, sociale et culturelle qui étreint l’Europe, et l’incapacité des dirigeants politiques français quels qu’ils soient, de gauche à droite et de droite à gauche, d’apporter des réponses pertinentes à celle-ci.

Le résultat est celui qu’on doit constater. François Hollande semble impuissant, incapable, mou, et c’est effectivement ce qu’il est. Il semble avoir dépassé de beaucoup son seuil d’incompétence, et c’est effectivement le cas. Il paraît déconnecté de la réalité et appuyé sur des ministres tout aussi déconnectés de la réalité, et il est effectivement déconnecté de la réalité, et entouré de ministres qui ne valent pas mieux. Il ne semble pas à même de changer de cap, et rien n’indique qu’il soit en mesure de changer de cap, ni même qu’il ait un cap.

La révolte gronde. Elle risque fort de s’amplifier.

Les prochaines échéances électorales vont se solder par des défaites cinglantes pour Hollande et les socialistes. L’UMP devrait elle-même se trouver ébranlée.

J’écrivais ici que le Front national était vraisemblablement devenu le premier parti de France, et j’expliquais pourquoi. Je disais mes doutes et mes réserves concernant le Front national. J’ajouterai que ni les socialistes, ni l’UMP n’accepteront que le Front national s’approche du pouvoir. L’issue dès lors ? Je crains qu’elle ne soit turbulente, très turbulente.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière, publié sur Les 4 vérités.

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