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Publié par Gilles William Goldnadel le 26 novembre 2013

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Comme dans l’affaire Merah, il n’est pas sûr qu’Abdelhakim Dekhar correspondait au portrait-robot rêvé de la bien-pensance progressiste. On se souvient, en effet, du cri de rage poussé sur Twitter par un journaliste du Nouvel Observateur apprenant l’identité du massacreur deToulouse : « Putain, je suis dégoûté, j’aurais tant voulu que ce soit un blanc ! ».

Dans la présente affaire, le discours du directeur de Libération, le jour de la tentative d’assassinat sur le malheureux photographe, constatant une montée de la violence (chose rare chez ceux qui y voient ordinairement un fantasme de beauf) et une tentative de faire taire la presse, laissait à penser que celui qui s’en était pris au journal de référence de la gauche très à gauche ne pouvait venir que d’un occidentaliste de la droite très à droite.

Patatras, c’est de « l’ultragauche » (sic) « antifasciste » révoltée par la situation dans le monde arabe qu’est venue, à nouveau, l’infamie meurtrière et fascisante. On ne peut que compatir à cette nouvelle déception.

Comme je n’appartiens pas à la gauche extrême, et que je n’épouse pas ses méthodes, je ne tirerai, en conséquence, aucune loi générale de l’identité du suspect, ne pousserai aucun cri d’indignation suraigu et n’appellerai pas au rassemblement citoyen pour sauver la république en péril.

Mais je frémis rétrospectivement à l’idée que le coupable se soit appelé Dumesnil Albert et qu’il ait pu il y a 10 ans appartenir à une organisation estudiantine classée à droite.

Dans cette hypothèse, statistiquement assez rare, nous aurions eu droit :

– À un défilé de Bastille à Nation aux cris de « vive la liberté de la presse » et « le fascisme ne passera pas » qui se serait conclu par un magnifique chant du partisan.

– À la constitution d’une liste d’intellectuels ayant inspiré l’auteur du forfait en raison de leurs imprécations contre la presse progressiste.

– À la mise en cause de l’UMP (comme dans l’affaire Meric), coupable par la perte de ses complexes d’avoir fait sauter tous les verrous.

Ce n’est que partie remise.

Au passage, arrêtons-nous un peu sur cette étrange appellation « d’ultra gauche ». On observera qu’il n’existe pas « d’ultra droite » dans l’univers lexical médiatique français.

Le vocable d’ultra gauche, est réservé aux terroristes et aux négationnistes.

Ainsi, pas de risques d’amalgame avec l’extrême gauche qui ne saurait donc se commettre dans de tels dévoiements. On en conclura donc logiquement que la presse n’utilise pas de telles précautions s’agissant de l’extrême droite lorsqu’elle transgresse les lois humaines.

Fâcheuse mais habituelle absence de symétrie. D’autant plus dommageable, qu’ainsi que je le faisais remarquer dans une précédente chronique, la bien-pensance en majesté n’est pas avare de l’épithète« extrême », lorsqu’il s’agit d’étiqueter l’hémisphère droit de la carte politique et intellectuelle. En général, il ne s’agit pas d’un compliment.

On observera que, pour une fois, la bien-pensance n’aura pas critiqué les méthodes policières, à commencer par la vidéo-surveillance, qui ont permis l’arrestation rapide du criminel présumé.

La cause était sans doute trop noble.

Il ne s’agit, hélas, que d’une entorse à un principe général immuable et dont je me perds à comprendre le fondement véritable, sauf à entrer dans le domaine de la psychopathologie traumatique, qui revient à vouloir priver la société occidentale de tout moyen de défense.

Du drone-désormais honni-à la traque téléphonique (sauf s’il s’agit bien entendu de la délinquance financière).

On apprenait dernièrement que la Cour de Cassation venait d’annuler la procédure diligentée à l’encontre du responsable principal de l’organisation islamiste et antisémite Forza Aliza (que l’auteur de ces lignes avait fait condamner) aux motifs tirés d’une jurisprudence européenne de plus en plus irresponsable (mais qui ose le dire) et qui proscrit toute initiative policière de suivi géo signalétique de portable téléphonique.

Allant plus loin, sans y être obligée juridiquement, Mme la Garde des sceaux vient d’interdire, sous peine de nullité, toute pose de balise sur des véhicules suspects par les personnels de police.

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Encore une victoire de l’humanisme sur la barbarie.

Certains responsables politiques ont cru devoir évoquer les nombreuses incertitudes que soulève l’accord passé à Genève avec l’Iran. Ils ont tort. On peut être sûr des éléments capitaux.

– Il est sûr que l’Iran va recevoir, quoi qu’il arrive, plus de 7 milliards de dollars avec la levée de certaines sanctions. Le régime en place va en tirer un succès politique mérité.

– Il est sûr que les milliers de centrifugeuses installées illégalement ne vont pas être démontées.

– Il est sûr que l’uranium enrichi destiné à la fabrication de la bombe restera stocké sur le territoire iranien.

– Il est sûr que la république islamique s’est vu reconnaître le droit à l’enrichissement de l’uranium, en infraction avec lesdécisions du Conseil de Sécurité.

On a déjà pavoisé pour moins que cela.

À ce stade de certitudes, est-il interdit d’aborder la question morale ?

D’aucuns ne goûtent pas les comparaisons émises par certains esprits chagrins -nombreux à Jérusalem- avec les accords de Munich.

Pourtant, les accolades et les embrassades entre les représentants de certaines démocraties et des diplomates d’un pays dictatorial, islamiste, négationniste, qui espérait encore il y a 48 heures la destruction d’un État, qui pend les homosexuels et claquemure ses femmes étaient-elles indispensables ?

Est-il raisonnable d’accorder le moindre crédit à la signature d’un pays dont le président soi-disant modéré se vantait il n’y a pas un mois d’avoir roulé il y a dix ans dans la farine ces crédules d’occidentaux. ?

On a vu des comparaisons historiques moins scabreuses. Il est tristement cocasse de constater que ceux qui se cabrent de voir un peuple légitimement inquiet et expressément menacé faire appel à son expérience historique sont les mêmes qui traitaient il y a peu Valls et Sarkozy de nazis et entonnent le chant des partisans à la première expulsion d’un contrevenant.

Si je ne le dis pas, alors qui va le dire ?

À ce dernier sujet, l’ineffable M. Mélenchon a critiqué dernièrement l’inquiétude du président de la république à propos des menées iraniennes. Il rejoint sans surprise, sur ce thème, les analyses du Front National.

Pour faire bonne mesure, ce compagnon mirobolant du PCF, a déclaré son approbation du boycott de l’État juif. La plupart des Verts sont sur la même ligne.

Je tremble d’avance au sort que vont leur réserver leurs alliés socialistes lors du rassemblement du 8 décembre prochain « contre tous les extrémismes ».

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation de Valeurs actuelles.

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