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Publié par Michel Garroté le 4 décembre 2013

 

Arafat

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  Les spécialistes français écartent la thèse de l’empoisonnement d’Arafat. Le cadavre en décomposition de l’ancien terroriste, décédé dans un hôpital parisien en 2004, avait été exhumé en 2012 pour prélever des échantillons. Ceux-ci avaient été envoyés à des fins d’analyse à trois équipes russe, suisse et française.

Le rapport suisse, rendu début novembre, n’avait pas exclu la thèse de l’assassinat par du polonium tout en sous-entendant que cela restait hypothétique. Des Palestiniens avaient alors demandé de former une commission d’enquête « internationale » (?).

Première question : le polonium présumé a été utilisé avant ou après 2004 ? Deuxième question : pourquoi a-t-on d’emblée exclu l’hypothèse d’un empoisonnement d’Arafat par ses rivaux palestiniens ?

Même les analystes français admettent que la sclérose de l’OLP, initiée dès l’ère Arafat se manifeste par l’absence de renouvellement du leadership de l’Autorité palestinienne. Aucun successeur potentiel d’Abbas ne sort du lot, pas même le terroriste Marwan Barghouti. Ce vide n’est comblé que par des luttes intestines entre personnalités dénuées de soutien populaire. Les instances dirigeantes palestiniennes sont l’objet des rivalités inter arabes.

Plusieurs attaques armées ont eu lieu contre des nervis du Fatah dans le cadre de la lutte entre Mohammed Dahlan et ses opposants. Dahlan, ancien chef de la sécurité de Gaza, en conflit avec Abbas et d’autres dirigeants du Fatah, cherche à revenir dans le jeu.

Un temps considéré comme successeur possible d’Arafat, cet opposant au Hamas obtiendra-t-il la bienveillance d’Obama ? Ses parrains des Émirats Arabes Unis lui donnent l’argent pour arroser et pour préparer son éventuel retour, tandis que leur rival, le Qatar, ralentit son soutien au Hamas. Abbas est abandonné par les Arabes à l’exception du général égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Ce sont en réalité des hommes du renseignement qui détiennent le vrai pouvoir en Cisjordanie. Abbas n’est plus qu’un pantin coincé entre un Premier ministre en charge des affaires économiques et des hommes de l’ombre tels que Majid Faraj, chef des renseignements généraux, et Ziyad Hib al-Rih, chef de la Sécurité préventive.

Essentiellement préoccupés par l’argent, le leadership palestinien et les services de sécurité veillent à ce qu’il n’y ait pas d’opposition démocratique. En dehors des islamistes, la population fait montre de revendications exclusivement économiques. Les jeunes palestiniens ne voient plus dans « l’État de Palestine » un thème mobilisateur.

En résumé et en conclusion, la thèse de l’empoisonnement au polonium d’Arafat et l’empoisonnement lui-même arrangent surtout des dignitaires sécuritaires palestiniens, tels Mohammed Dahlan, Marwan Barghouti, Majid Faraj ou encore Ziyad Hib al-Rih. Quant à Israël, il a eu l’occasion de tuer Arafat, entre autre à Beyrouth dans les années 1980, et, Israël ne l’a pas fait…

Reproduction autorisée avec mention :

M. Garroté réd chef www.dreuz.info

  

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