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Publié par Michel Garroté le 30 décembre 2013

 

Transcaucasie-1

 

Michel Garroté, réd en chef  –-  Dans le sillage des récents attentats en Russie, on peut se poser à nouveau la question : quelle est la géopolitique de Poutine, notamment dans le Caucase ? Pendant sa récente visite en Arménie, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie n’a pas l’intention de quitter la Transcaucasie, mais au contraire d’y renforcer ses positions et son influence, écrit, lundi 30 décembre 2013, le quotidien Nezavissimaïa Gazeta (liens en bas de page). Par le passé des discussions ont pu naître sur un éventuel tournant géopolitique de l’Arménie, quand elle préparait un accord d’association avec l’Union européenne. Aujourd’hui, alors que le pays a opté pour l’Union douanière avec la Russie, elles n’ont plus lieu d’être.

Transcaucasie-2

Les hésitations de l’Arménie seraient dues à des facteurs essentiellement économiques. En effet à l’époque, ne bénéficiant pas d’une aide suffisante de la part de Moscou, Erevan avait envisagé de rejoindre la zone de libre-échange avec l’UE. Le projet d’accord d’association était complètement privé de tout élément militaire et sur le plan politique l’Arménie devait seulement procéder à des réformes administratives internes, en suivant les directives européennes. En échange Erevan obtenait la simplification du régime de visas et la possibilité de sortir sur le marché européen.

Cependant début septembre, à l’issue de l’entretien de Vladimir Poutine avec le président arménien Serge Sargsian à Moscou, ce dernier avait déclaré que l’Arménie adhérerait à l’Union douanière. Les conditions promises par la Russie pour cet abandon du rapprochement avec l’UE avaient été révélées deux mois plus tard lors de la visite de Poutine en Arménie.

La Russie fournira ainsi à l’Arménie du gaz et des armes au tarif qu’elle pratique sur son propre territoire, assurera une intégration de l’Union douanière la plus effective possible, réalisera une série de projets économiques, apportera son assistance dans le secteur énergétique nucléaire ou encore celui des transports. Pour sa part Moscou s’appuiera sur Erevan pour réaliser son plan visant à renforcer ses positions dans le Caucase du Sud. Ce n’est pas une conclusion très compliquée.

Car en dépit d’une compréhension mutuelle affichée avec l’Azerbaïdjan, la Russie n’a pas réussi à s’entendre sur la prolongation du bail du radar de Gabala. Les rapports avec la Géorgie paraissent moins hostiles mais on est encore loin des relations de bon voisinage. L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, reconnues par la Russie, sont un autre pilier régional de Moscou. En endossant la mission de « garant de la paix et de la stabilité » dans les anciennes « autonomies géorgiennes », la Russie a justifié son importante présence militaire.

Cette situation aurait pu découler vers la reconnaissance d’une troisième entité dans la région – le Haut-Karabakh – mais la volonté de maintenir de bonnes relations avec l’Azerbaïdjan prévaut pour l’instant face à cette tentation. Le nœud de Karabakh prive aussi bien l’Arménie que l’Azerbaïdjan d’une marge de manœuvre politique dans les relations avec la Russie. Avec Erevan tout est clair.

Quant à Bakou, qui n’a pas intérêt à ce que Moscou renforce son influence dans la région, il pourrait opposer une résistance passive ou tenter d’équilibrer les forces par des marques de soutien à Ankara. En ce qui concerne la situation géopolitique dans la région, il faut évidemment garder à l’esprit que Moscou intensifie ses contacts avec Téhéran. L’axe géopolitique nord-sud pourrait prendre une forme Russie-Arménie-Iran, débouchant éventuellement vers la Syrie, conclut Nezavissimaïa Gazeta.

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Sources :

http://www.ng.ru/

http://fr.ria.ru/presse_russe/20131230/200140511.html

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