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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 28 février 2014
Lit de peine de mort
Lit d’exécution de la peine de mort

Le 11 février dernier, Paul Howell, trafiquant de drogue condamné à mort pour le meurtre d’un policier en 1992, a fait appel de sa condamnation, car il craignait que son exécution soit douloureuse.

Les avocats de Howell sont arrivés à la conclusion que l’injection d’un nouvel anesthésiant, le midazolam, n’était pas assez efficace pour éviter la douleur des drogues injectées ensuite, après qu’un journaliste d’Associated Press qui couvre les peines de morts a publié un article expliquant que William Happ, exécuté par injection d’un nouveau mélange de trois composants mortels, avait réagi différemment des condamnés à mort précédents, durant son exécution.

Il a semblé au journaliste que Happ est resté conscient plus longtemps, et que son corps a bougé plus que la normale après avoir perdu conscience.

Happ, exécuté le 15 octobre, a été le premier a être exécuté avec un nouveau mélange d’injections du fait de la pénurie des substances utilisées jusque là (généralement, un produit barbiturique, un paralysant, et une solution de potassium), que les pharmacies hésitent à fournir en raison de la mauvaise publicité, et des risques légaux et éthiques qu’ils doivent affronter.

Lors de l’audition de la plainte d’Howell, Timothy Cannon, secrétaire du département pénitentiaire de Floride, et qui assiste à chaque exécution, a déclaré à la cour qu’un nouveau « test d’état de conscience » est maintenant fait sur chaque condamné depuis l’exécution de William Happ et les réactions des médias.

Avant l’exécution de Happ et d’un autre condamné avant lui, Cannon faisait deux “tests d’état de conscience” basés sur ce qu’il a appris au centre fédéral de formation des prisons : un “secoué crié”, où il secoue vigoureusement le condamné par les épaules et crie son nom, puis une série de tests sur les cils et les sourcils.

Mais après l’exécution de Happ, Cannon a expliqué qu’un troisième test a été ajouté, qui consiste à pincer les trapèzes, le muscle entre le cou et l’épaule, afin “de s’assurer que nous prenions toutes les précautions pour nous assurer que la personne est bien inconsciente” et “pour être certain que le processus est digne et humain”.

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“Au delà du fait que la constitution exige la peine de mort, si nous décidions que les criminels doivent mourir comme ils ont donné la mort, et bien nous violerions les violeurs. Et nous ne violons pas les violeurs,” a déclaré Sonya Rudenstine, l’avocate de Howell.

“Nous ne devrions pas nous conduire d’une façon qui nous répugne. Si nous tuons des gens, nous devons le faire avec humanité. On dit souvent que le condamné est loin de souffrir autant que sa victime, et je pense que c’est ce qui nous permet de rester humain et civilisés,” a ajouté Rudenstine.

Ce à quoi le porte parole de la prison, Jessica Cary, a répondu que l’administration “est attachée à faire tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que le processus d’injection mortelle est humain et digne”.

Cary ajouta : “nous avons changé plusieurs aspects de la procédure pour améliorer le confort du condamné. Nous mettons des éponges sous les mains pour qu’il soit plus confortable, nous avons changé les oreillers, l’angle de la table, juste pour que ce soit un peu plus confortable, plus humain et plus digne.”

Paul Howell a été prononcé mort, mercredi 26 février, suite à une injection de produits mortels.

Quelqu’un à qui je racontais cette histoire, et qui n’approuve pas la peine de mort, me demandait si j’accepterais de la donner. Je répondais que si je lisais un jour une annonce cherchant quelqu’un pour l’administrer à un condamné à mort pour un crime abominable, je tenterais d’être assez rapide pour être certain d’être choisi. J’ajoutais que selon moi, si l’on est partisan de la peine de mort, c’est pour une série de raisons fortes, et qu’on doit être en mesure, dans certains cas, de les assumer.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

Condamné à mort Paul Howell
Condamné à mort Paul Howell, exécuté le 26 février
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