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Publié par Hervé Roubaix le 14 mars 2014

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Incapable de prouver la réalité des crimes dont elle accuse Laurent Gbagbo, la Cour pénale internationale refuse toujours sa liberté provisoire.

Laurent Gbagbo est en détention depuis plusieurs années, et aucune preuve tangible des crimes dont elle l’accuse n’a été présentée à la Cour pénale internationale, qui vient, une nouvelle fois – dans une décision de la Chambre préliminaire I du 12 mars 2014 – de répondre négativement à la demande de mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo formulée par Me Altit.

Ce nouveau refus confirme tout naturellement le caractère politique et arbitraire de son incarcération destiné à éloigner le plus longtemps possible le Président Gbagbo de son pays.

Me Altit aux juges : «Les conditions de libération de Laurent Gbagbo sont réunies»

Dans le cadre du cinquième réexamen de la détention de son client, l’avocat de Laurent Gbagbo a produit une nouvelle requête, le 26 février 2014, disponible sur le site officiel de la Cour pénale internationale (CPI) par laquelle il demande à la cour de «prononcer la mise en liberté provisoire du président Laurent Gbagbo».

Dans un long article reproduit ci dessous et publié le 28 février, Africa News expose les raisons qui justifient cette nouvelle demande :

Le Conseil de Gbagbo a indiqué que les risques de fuite et d’obstruction aux enquêtes ne sont plus remplies parce plusieurs changements de circonstances au plan national et au plan international ont eu lieu.

Au plan national

• «La situation politique en Côte d’Ivoire est caractérisée depuis quelques mois par une forme de décrispation et par la normalisation des rapports entre les différents acteurs politiques», a précisé l’avocat de Gbagbo. Cette normalisation est matérialisée par la libération de 10 officiers de police poursuivis pour «attentat contre l’autorité de l’Etat, violation de consigne » pendant la crise post-électorale, libération rendue possible car le «délit [était] non constitué».

• Me Altit a également fait mention de la libération d’opposants politiques et d’anciens membres des Forces de défense et de sécurité au nombre de 63 les lundi 27 et vendredi 31 janvier 2014.

• Le retour des exilés «visés» par le Procureur comme faisant partie du «réseau» pro-Gbagbo.

• «L’exemple le plus frappant est celui de Marcel Gossio, directeur général du port autonome d’Abidjan durant l’administration Gbagbo, rentré à Abidjan le 17 janvier 2014, après trois années d’exil au Maroc… présenté comme l’un des grands financiers des ”réseaux” pro-Gbagbo dont l’existence aurait interdit la mise en liberté provisoire du président Gbagbo».

• «près de 1300 éléments des ex-forces de défense et de sécurité pro-Gbagbo exilés (au Ghana ou au Togo) ou entrés en clandestinité » ont « répondu à l’appel au retour lancé par le président Ouattara, qui leur a garanti la sécurité».

« Les responsables du FPI [Front populaire ivoirien, parti de Laurent Gbagbo] sont désormais régulièrement consultés et le FPI est redevenu un acteur politique essentiel en Côte d’Ivoire. »

Au plan international

Le FPI est redevenu un acteur essentiel de la vie politique ivoirienne, ses responsables sont les interlocuteurs incontournables des représentants de la communauté internationale.

• Le 17 février 2014, le président du FPI a échangé avec une délégation conduite par le Sous-secrétaire Général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, et la Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Aïchatou Mindaoudou, au cours de laquelle M. Mulet «s’est dit heureux d’avoir pu écouter la vision du FPI pour des élections crédibles et apaisées ».

• Le 21 février 2014, le président du FPI rencontrait à nouveau la Représentante Spéciale de l’opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire afin de porter à son attention certaines de ses préoccupations. Le 24 février 2014, le président du FPI recevait l’Ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Terence McCulley.

• Le secrétaire national du FPI chargé de la communication précisait que «l’Ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire est venu rencontrer la direction du FPI pour marquer sa volonté d’aider la Côte d’Ivoire à aller de l’avant […]. Le président du parti a évoqué tous les problèmes auxquels le FPI est confronté en ce moment.

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En conclusion, de nombreux représentants de la société civile considèrent que la libération du président Gbagbo serait un facteur contribuant à la réconciliation et la stabilisation du pays ».

Face à ces arguments, le Conseil principal de Laurent Gbagbo indique à la Chambre préliminaire I qu’il convient donc d’accompagner ce processus de réconciliation à ce moment charnière de l’histoire de la Côte d’Ivoire, un moment où il est absolument nécessaire d’engager « une dynamique vertueuse pour contrer une dynamique mortifère et délétère ».

Emmanuel Altit poursuit pour dire que même les responsables de la nouvelle administration ivoirienne ne voient pas la libération du président Gbagbo comme une menace.

Il en veut pour preuve les propos tenus le mois d’août 2013 par Daniel Kablan Duncan, Premier ministre, dans une interview sur la chaîne BBC Afrique disant que «s’il (Gbagbo) est relâché il reviendra où il veut, y compris en Côte d’Ivoire, il n’y aura aucun problème ».

Par conséquent, souligne l’avocat de Gbagbo, il appartient à la Cour Pénale Internationale (CPI) dont l’un des buts proclamés est de lutter contre l’impunité et de restaurer une paix durable, d’accompagner autant que possible ce processus et, en tout cas, de ne pas souffler sur les braises de la discorde et de la violence.

«Réfléchissons un instant à ce que signifie le maintien du président Gbagbo en détention dans un tel contexte : c’est, pour les Ivoiriens, un signe de défiance à leur égard, le refus de prendre en compte la possibilité d’une réconciliation, la volonté réaffirmée de désigner un seul responsable alors qu’il est désormais clair aux yeux de tous que certains de ceux qui sont accusés de crimes contre l’humanité par les Organisations de défense des droits de l’Homme sont au pouvoir en Côte d’Ivoire.

Le maintien en détention du président Gbagbo ne peut être compris aujourd’hui par l’opinion publique ivoirienne et internationale que comme une prise de position de la Cour en faveur d’un camp contre l’autre. Il s’agit ici de liberté provisoire, pas de liberté définitive, la liberté provisoire n’ayant aucun impact sur le déroulé de la procédure», a-t-il conseillé.

En un mot, pour Me Altit, la situation a changé, ce qui induit nécessairement une perception différente des risques. Alors, le Conseil principal de Laurent demande à la Chambre préliminaire I de prononcer la mise en liberté provisoire de son client et demande subsidiairement aux autorités ivoiriennes quelle est leur position concernant une éventuelle libération provisoire du président Gbagbo.

Fin des extraits de Africa News.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hervé Roubaix pour Dreuz.info.

Bien qu’étant incapable de prouver la réalité des crimes dont elle accuse Laurent Gbagbo, la Cour pénale internationale lui refuse encore la liberté provisoire !

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