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Publié par Michel Garroté le 18 avril 2014

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Michel Garroté, réd en chef  —  L’auteur colombien Gabriel Garcia Marquez est décédé le 17 avril 2014. Ecrivain, militant communiste et grand ami de Fidel Castro, Gabriel Garcia Marquez s’est fait connaître avec son roman « Cent ans de solitude ». En 1991, dans une interview avec un journal espagnol, Gabriel Garcia Marquez déclarait que les médias et les intellectuels avaient attribué à « Cent ans de solitude » des qualités que – selon l’auteur lui-même – son roman n’avait pas. Ci-dessous, les extraits adaptés et commentés d’un article sur l’auteur colombien écrit par Gérard de Cortanze.

Gérard de Cortanze écrit (extraits adaptés et commentés ; voir source en bas de page) : Gabriel Garcia Marquez soutenait qu’il n’inventa jamais rien : « Je n’écris que sur ce que je connais, sur des gens que j’ai vus ». Né à Aracataca, le 6 mars 1927, il ne fit rien d’autre en effet que de transformer son petit village et ses habitants en un lieu mythique, connu aujourd’hui de la terre entière sous le nom de Macondo.

Macondo est partout et nulle part. D’un côté les dunes et les marais, de l’autre, la sierra ; il n’est sur aucune carte mais ressemble pourtant en bien des points à Aracataca : traversé par les guerres, longues et douloureuses, prospère au temps de la « fièvre de la banane », détruit par les vieilles rivalités familiales, le banditisme, les pluies, la sécheresse ; un village redevenu poussière sur lequel plane encore la sombre présure d’une faute collective non exorcisée.

D’où vient l’écriture ? De l’enfance, certes. Mais de la vie aussi. Celle de Gabriel Garcia Marquez fut houleuse, complexe, labyrinthique, marquée par un travail acharné. Après des études chez les Jésuites à Bogota et à Carthagène, Gabriel Garcia Marquez exerça divers métiers et parcourut différents pays. Reporter puis rédacteur à El Espectador, quotidien de Bogota, il fut correspondant de presse à Rome puis à Paris, où, faute d’argent, il vécut dans un sinistre hôtel de la rue Cujas, en plein Quartier latin.

Au Mexique, il gagna sa vie en écrivant des scénarios pour le cinéma dit d’avant-garde (ndmg – en clair, gauchiste), et ouvrit à Bogota un bureau pour la nouvelle agence cubaine Prensa latina, en 1959, peu de temps après l’entrée de Fidel Castro dans La Havane. Cette expérience très personnelle de la vie forme le cœur même d’une œuvre qui reste une pertinente réflexion sur l’énigme humaine du pouvoir, sur sa solitude et sa misère.

Lorsque Gabriel Garcia Marquez revint en Amérique, il dut faire face au grand désarroi de la littérature colombienne de son temps. Depuis José Eustasio Rivera, aucun narrateur n’avait su s’imposer et la société colombienne stagnait. Gabriel Garcia Marquez fut incontestablement celui qui redonna au roman colombien ses lettres de noblesse.

Entre 1955 et 1962, il publia une série d’ouvrages qui connurent des succès plus ou moins importants : Des feuilles dans la bourrasque, Pas de lettre pour le colonel, Les Funérailles de la Grande Mémé, La Mala Hora. Tous contenaient déjà en germe ce qui devait faire par la suite la qualité fondamentale de sa vaste littérature: une atmosphère fantastique à laquelle se mêlent chansons de geste et chroniques ordinaires.

Jeune écrivain, Gabriel Garcia Marquez ne cessait de répéter qu’il voulait « mettre tout ce qu’il savait dans un livre ». Longtemps, il crut que ce livre aurait pour nom La Mala Hora, il s’appela finalement Cent ans de solitude. Publié en France, dans l’indifférence la plus totale, en mai 1968, il porta son auteur au sommet de sa gloire (ndmg – les syndromes de la contestation et de la révolte ont commencé aux Etats-Unis en 1963, puis à Berlin-Ouest en 1967 et enfin à Paris en 1968 ; centré sur lui-même, Mai 68 ne pouvait donc s’intéresser à Cent ans de solitude pourtant paru en français cette année-là ; le livre est paru en version originale espagnole, d’abord à Buenos Aires en 1967, puis à Barcelone en 1974 ; enfin, le livre sera traduit en 35 langues et vendu à trente millions d’exemplaires).

L’histoire du colonel Buendia, mais aussi de toute sa famille, depuis la fondation de Macondo jusqu’au suicide du dernier des Buendia, une centaine d’années plus tard, changea radicalement la vie de Gabriel Garcia Marquez, qui draina dans son sillage ce que certains appelèrent alors le «boom » de la littérature latino-américaine.

Incontestablement, Vargas Llosa (ndmg – célèbre écrivain péruvien de droite, prix Nobel de littérature, auteur notamment de « La ville et les chiens »), Cortazar, Fuentes, Elizondo, Bryce Echenique, Sabato, Borges, d’une certaine manière, et d’autres profitèrent de l’immense retentissement de Cent ans de solitude. Que retenir de cette œuvre, forte d’une vingtaine de volumes ? Deux aspects. Le premier est lié aux êtres et aux épisodes fantasmatiques : une galerie de portraits, de singulières atmosphères.

C’est un vieillard doté d’ailes immenses, des hommes et des femmes à cheval qui tournent autour d’un kiosque à musique dans un village englouti ; c’est le Saint-Père qui traverse la forêt vierge sur une gondole noire ; l’aïeule despotique, directrice d’un lupanar ambulant, qui oblige sa petite-fille Erendira à se prostituer ; c’est une amante-enfant qui, enfermée dans un couvent, aime d’un amour effréné son exorciste don Cayetano Delaura.

Deuxième thème, celui de la politique et de l’engagement. L’Aventure de Miguel Littin. Clandestin au Chili (1985) raconte l’histoire d’un metteur en scène chilien interdit de séjour dans son pays et qui, rentré clandestinement, tourne, jusque dans le palais présidentiel, la réalité du pays sous la dictature. Journal d’un enlèvement relate l’enlèvement de Maruja Pachon et de huit autres personnalités par le bras armé du cartel de Medellin, en septembre 1990.

Dans ce deuxième volet de son œuvre, qui tient plus de la dignité que de l’héroïsme, Gabriel Garcia Marquez s’interroge sur ce qu’il appelle « la validité et l’utilité de la création dans une lutte politique ». Mais il finit par mélanger politique et littérature. C’est dans le droit fil de cette réflexion qu’il faut situer sa longue amitié avec Fidel Castro, qui lui fut tant reprochée et sur laquelle il ne donna que des explications peu convaincantes.

Devenu ambassadeur volant dans la zone caraïbe, pour des missions « diplomatiques secrètes », ami de Torrijos et de Carlos Andrés Pérez, d’Alfonso Lopez Michelsen et des sandinistes, le Prix Nobel de littérature 1982 finit par mélanger politique et littérature, et ses dernières œuvres, à commencer par ses Mémoires, furent on ne peut plus décevantes. Gabriel Garcia Marquez voulait que le monde devienne socialiste, et ajoutait (en 1982) : « Je crois qu’il le sera tôt ou tard ». Il disait aussi : « J’ai des idées politiques bien établies, mais mes idées littéraires changent selon ma digestion ».

Nous lui préférons les déclarations d’un autre grand écrivain de langue espagnole, Jorge Luis Borges, à qui on demandait quelle était sa plus grande ambition littéraire et qui répondait : « Écrire un livre, un chapitre, une page, un paragraphe, qui soit tout pour tous les hommes ». Gabriel Garcia Marquez a évidemment réalisé ce souhait avec Cent ans de solitude. Quant au reste, ses œillères politiques l’ont empêché d’écrire l’œuvre qu’on pouvait attendre de lui. Gabriel Garcia Marquez est bien l’auteur d’un seul livre (fin des extraits adaptés et commentés ; voir source en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Source :

http://www.lefigaro.fr/livres/2014/04/17/03005-20140417ARTFIG00417-gabriel-garcia-marquez-la-mort-du-patriarche.php

 

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