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Publié par Guy Millière le 20 avril 2014

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La situation en Ukraine prend une tournure tragique, mais très prévisible. La partie Est du pays, à majorité russophone et orthodoxe, va repasser sous le contrôle de la Russie.

Ce contrôle pourra être un contrôle direct, et ressembler à l’annexion de la Crimée. Il pourra être un contrôle indirect, sous la forme d’une autonomie interne, dans le cadre d’un pays dont l’unité sera dès lors fictive. Et on peut penser que c’est cette deuxième option que Vladimir Poutine choisira.

Ce contrôle pourra passer par ce qui ressemblera à une guerre civile. Il pourra aussi se faire sans heurts excédant ceux qui ont eu lieu ces derniers jours.

L’Ukraine telle qu’elle a pu exister jusqu’au mois de janvier dernier, en tout cas, n’existera plus.

Ce qui est grave en cela n’est pas tant que l’Ukraine soit fracturée : elle l’était déjà et ne tenait ensemble que par un équilibre fragile qui accolait deux ensembles assez dissemblables, l’Ouest de l’Ukraine étant ukrainophone et essentiellement catholique uniate, à la différence de l’Est russophone et orthodoxe ; cet équilibre pouvait se rompre à tout instant.

Non, ce qui est grave est que l’Europe occidentale et les Etats Unis ont voulu arrimer l’Ukraine à l’Occident, en signant avec ses dirigeants en 1994 un accord de défense dont on voit désormais qu’il ne vaut pas même le prix du papier sur lequel il a été écrit, et en faisant miroiter à ses dirigeants récents et à ceux qui ont le pouvoir depuis le renversement de Viktor Ianoukovytch des accords économiques quasiment impossibles à financer, et qui risquent de ressembler à un puits sans fond, car l’Ukraine, déjà insolvable, le sera, amputée de ses régions industrielles (le Donbass), plus encore demain.

Ce qui est grave est qu’en voulant découpler l’Ukraine d’avec la Russie, l’Europe occidentale et les Etats Unis ont sous-estimé la réaction des populations russophones de l’Est et sous-estimé aussi les conséquences que pouvait avoir la prise du pouvoir totale par des représentants des populations ukrainophones de l’Ouest (qui comptent, d’ailleurs, dans leurs rangs des antisémites nostalgiques du nazisme).

Ce qui est grave est que les populations ukrainophones de l’Ouest vont comprendre que les promesses de l’Europe occidentale et des Etats Unis ne sont que des mirages et que les populations russophones de l’Est vont être marquées par un ressentiment anti-occidental que la Russie va vraisemblablement s’employer à exacerber.

Ce qui est grave est que la Russie de Poutine va trouver là, et trouve là d’ores et déjà, la possibilité de montrer au delà de l’Ukraine aux pays d’Europe centrale que la Russie peut toujours considérer qu’ils sont dans sa zone d’influence et dans son « extérieur proche », ce qui implique pour eux d’être prudents, et potentiellement soumis, et de montrer au reste du monde que l’Occident n’est plus qu’un géant de papier mâché.

Si nul sursaut ne s’opère au sein du monde occidental (et je ne vois pas quoi que ce soit qui ressemble à un sursaut), cela signifiera la fin assez rapide de ce qui peut encore subsister de l’ordre du monde tel qu’il a été établi après la Deuxième Guerre Mondiale, un reflux de la liberté économique et politique, une prise de pouvoir planétaire, à terme, par un cartel de dictatures.

Cela signifiera sans doute une prolifération nucléaire que rien ne viendra endiguer, car nul pays ne sera en mesure de peser pour l’endiguer (on peut noter que l’Ukraine a, en 1994, abandonné son armement nucléaire en échange de l’accord de défense avec l’Occident, donc en échange de rien).

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Si, comme c’est très possible, la Russie de Poutine déstabilise ensuite l’Estonie, où vivent quarante pour cent de Russes, et se comporte avec elle comme avec l’Ukraine sans réaction de l’Europe occidentale et des Etats Unis, cela signifiera la fin de l’Otan : l’Estonie est membre de l’Otan, traité qui prévoit que l’agression contre un de ses membres est une agression contre tous ses membres. L’Otan existera encore, bien sûr : comme un vestige.

Nous en sommes là parce que l’Europe occidentale est faible, sans force militaire crédible, rongée par l’esprit d’apaisement.

Nous en sommes là, surtout, parce que les Etats Unis, depuis la fatidique élection de Barack Obama, ont choisi le déclin, et parce que ce déclin produit les effets qu’on pouvait en attendre.

Obama voulait un monde plus sûr pour l’islam radical : ce monde prend forme dans tout le monde musulman.

Il voulait un monde régi par un cartel de dictatures : ce monde est en train d’advenir.

Poutine entend être l’un des maîtres de ce monde. Son projet est l’Eurasie évoquée par Alexandre Douguine, lecteur de l’un des fondateurs de la géopolitique, Halford John Mackinder. Une puissance autoritaire, anti-capitaliste, socialiste et basée sur des nationalismes. Poutine a des alliés, en Chine, à Pékin, à Téhéran, ailleurs.

Il a des alliés aussi en Europe occidentale où la montée de populismes nationalistes et socialistes ne le laisse pas du tout indifférent.

Obama n’est pas son allié volontaire : c’est juste un gauchiste anti-américain, que Poutine prend pour un idiot utile, à jeter après usage. Les dirigeants européens actuels sont eux aussi, aux yeux de Poutine, des idiots utiles, subalternes.

Les analyses que je vois circuler dans le monde francophone présentement sont remarquables par leur cécité. C’est consternant. Et c’est inquiétant.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

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