Publié par Guy Millière le 9 avril 2014

unnamed

De nombreux commentateurs ont parlé de Manuel Valls comme d’un « social-libéral », expression dépourvue de sens, comme Valls vient de le montrer lui-même. Valls a eu quelques audaces dans le passé qui l’ont fait regarder du côté de Tony Blair. Il a rangé ses audaces au vestiaire. Il a dit qu’il se mettait au service de François Hollande et venait prolonger l’action de Jean-Marc Ayrault. Il vient de le confirmer. Et il vient de confirmer dès lors qu’il allait échouer, ce qui est sans doute ce qu’Hollande attend de lui.

Il n’y a, de fait, rien à retenir, du discours de Valls à l’Assemblée nationale. Des mots vides. La compétitivité n’a été évoquée que pour être contrebalancée par la solidarité. Les baisses de charges et d’impôts seront compensées par des dépenses maintenues. Les baisses de dépense de l’Etat seront infimes, comme prévu et reposeront sur des bricolages et des châteaux de carte tels que la division par deux du nombre des régions. La lubie inepte qu’est la « transition énergétique » est maintenue pour faire plaisir aux adeptes de la pastèque, tout comme les autres lubies de la gauche bobo en matière de famille, de justice et d’éducation. Les éléments de flexibilité qui seraient, outre la baisse des impôts et la baisse du poids de l’Etat, impérativement requis pour que baissent chômage et pauvreté sont rigoureusement absents.

Valls a pointé du doigt la valeur de l’euro, mais on peut douter que l’Allemagne se montre sensible à ses arguments : l’euro est trop fort pour la France, c’est vrai, mais il est trop fort pour la France parce que celle-ci a des sérieux handicaps en termes de productivité, et Valls ne changera pas quoi que ce soit à ces handicaps, ou alors très peu.

Il a demandé un délai pour que la France dispose de temps pour baisser ses déficits, mais les marchés mondiaux n’accordent pas de délais, et si Angela Merkel se taira, peut-être, les agences de notation, qui évaluent la crédibilité économique et financière des divers pays du monde, pourraient bien ne pas se taire très longtemps.

Cet article vous a intéressé ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les nouveaux articles de Dreuz, une fois par jour en fin d’après-midi.

En dehors de cela ? Rien, disais-je.

Ou alors, si, peut-être : une évocation positive par Valls de l’arrogance de la France. Si Valls imagine faire autre chose que du sur place, et se distinguer de Jean-Marc Ayrault autrement qu’en semblant sous amphétamines alors qu’Ayrault semblait constamment sous anxiolytiques, c’est sans doute qu’il est arrogant.

Si la gauche de la gauche imagine encore qu’elle pourrait s’abstraire des règles du marché, c’est qu’elle est plus arrogante encore que Valls, et sans doute très française.

Quand Marine Le Pen voit de l’ultra libéralisme chez Valls, elle n’est pas arrogante, mais ressemble à un compteur qui disjoncte.

Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ? Je dois dire que j’ai des doutes.

Il faut en tout cas penser à l’après Valls, car Valls appartient déjà au passé. Valls s’est couché sous Hollande.

Je me dis qu’il méritait mieux.

Hollande, lui, continue. A force de sombrer dans l’impopularité, et à force de creuser la tombe du pays, je ne pense même pas qu’il finira par trouver du pétrole.

J’aurais préféré ne pas être déçu par Valls, car c’est un ami d’Israël, et il a prononcé sur le sujet des phrases courageuses, et que je salue. Malheureusement, il est, aussi, socialiste. Et il ose même en être fier.

Etre socialiste et en être fier : je ne vois pas là une lueur d’intelligence. De l’arrogance, peut-être ?

Oui : de l’arrogance, sans le moindre doute.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour Dreuz.info.

Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir chaque jour notre newsletter dans votre boîte de réception

Dreuz ne spam pas ! Votre adresse email n'est ni vendue, louée ou confiée à quiconque. L'inscription est gratuite et ouverte à tous

15
0
Merci de nous apporter votre commentairex
()
x
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz