Publié par Michel Garroté le 5 mai 2014

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Michel Garroté, réd en chef — De Charles Enderlin (Affaire Al-Dura, France 2) à Aymeric Caron (Affaire Elisabeth Lévy, France 2), le Groupe France Télévisions figure parmi les médias que nous combattons le plus sur dreuz.info depuis 2007. Or, voici qu’un climat de tension, de dépressions à tous les étages et de tentatives de suicides chez certains salariés, règne au sein du Groupe France Télévisions (France 2, France 3, France 4, etc.).

En effet, un rapport réalisé à la demande des syndicats dresse un constat alarmant de l’état de santé, physique et morale, du Groupe France Télévisions et de ses employés. A la longue, l’information « à la sauce France Télévisions » finirait-elle par rendre dépressif ?

« Force est de constater qu’il y a unanimité des agents de France Télévisions sur la mauvaise ambiance qui règne partout dans l’entreprise », peut-on lire dans le rapport (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page). « Les agents sont en attente de réponses à leurs questions que ce soit sur leur situation professionnelle, sur l’avenir de leur métier ou sur les choix stratégiques de l’entreprise ».

« Cela engendre une perte de confiance vis à vis de la direction, une insécurité et l’incapacité de s’engager dans un projet fédérateur, mobilisant les énergies et les compétences. Les nombreux entretiens menés nous permettent de pointer de nombreux facteurs de risques réunis chez France Télévisions. Ils nous amènent à poser le constat d’une dégradation actuelle des conditions de travail. Toutes ces situations qui sont susceptible d’abimer le sens que les salariés donnent à leur travail comportent alors un risque pour les conditions de travail des salariés et leur santé ».

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Au fil des pages, ce rapport pointe tout le mal être d’une entreprise déboussolée, désorientée et en proie à de nombreuses et graves tensions en interne, susceptibles de mettre en danger l’équilibre et la santé d’un très grand nombre de ses salariés, indique le texte, témoignages à l’appui.

Ainsi, peut-on lire : « Les rapports de la médecine du Travail évoquent de manière récurrente sur l’ensemble des sites et ce depuis des années : des difficultés des salariés à trouver leur place dans les réorganisations successives, des relations de travail conflictuelles, des missions pas toujours bien définies, un manque de communication et de transversalité, des surcharges de travail générant des souffrances psychologiques, un sentiment d’iniquité et un manque de reconnaissance, des situations de très mauvaise santé aggravées par des facteurs liés à l’organisation du travail et à la planification ».

« Tous ces éléments contribuant à une ambiance dégradée ont d’ores et déjà un impact sur la santé des collaborateurs. Les services de santé au travail indiquent dans leurs différents rapports annuels des situations d’arrêt de longue durée, ainsi que des AVC, que certains représentants du personnel n’hésitent pas à relier à des pressions, des mauvais traitements ou des conditions de travail stressantes avant leurs arrêts-maladies ».

« Les collaborateurs rencontrés confirment ce sentiment et font le parallèle de manière quasi-systématique entre les conditions de travail et les problèmes de santé rencontrés par eux-mêmes ou leurs collègues et notamment les AVC dont le stress est reconnu comme l’un des 10 facteurs de risques aggravant ».

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Tous les entretiens destinés à éclairer cette étude ont été réalisés au mois d’octobre 2013. Au 31 juillet 2013, France Télévisions comptait un effectif permanent de 9’086 employés, dont 6’138 personnels techniques et administratifs, cadres et non cadres et 2’706 journalistes (Note de Michel Garroté : 9’086 employés fracassés, c’est un peu beaucoup pour un service public sans public). Auxquels s’ajoutent un effectif non permanent de 1’571 personnes : cachetiers, pigistes, intermittents, contrats à durée déterminée, contrats de professionnalisation.

Parmi les nombreuses raisons d’inquiétude et de mal être au sein de la maison, figurent les placardés. Ainsi, lit-on, encore : « La question des placards a également été très souvent invoquée dès les premiers entretiens pour évoquer le fort sentiment d’injustice de la part des collaborateurs impactés en faisant référence à de nombreuses situations où des personnes étaient placardisés, ce terme évoquant dans ce sens des personnes payées à ne rien faire ou tout du moins pas grand-chose et qui bénéficiaient de cette situation de par des relations proches avec des personnes influentes (Note de Michel Garroté : personnes payées à ne rien faire — avec l’argent des Français — uniquement parce qu’elles ont des relations avec des personnes influentes ; serait-ce l’URSS ?).

De nombreuses personnes mentionnent en entretien une dégradation des relations humaines, des tensions, des accrochages entre salariés, parfois des échanges d’insultes. Une défiance vis-à-vis du management est signalée par endroit, des cas de suicides, des problèmes de santé grave sont directement mis en lien avec des conditions de travail dégradées (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

Reproduction autorisée avec mention :

Michel Garroté réd en chef www.dreuz.info

Source :

http://www.lexpress.fr/actualite/medias/france-televisions-au-bord-du-burn-out-selon-un-rapport-d-experts_1535779.html

 

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